Author Archives: Steve Gabin Guena

OUI, l’OMS a ordonné la suspension temporaire des essais cliniques sur la chloroquine

Un message circulant sur la messagerie WathsApp lundi 25 mai 2020 et attribué à un médecin camerounais faisait savoir que L’OMS suspend les “essais cliniques” sur la Chloroquine. Stopintox a été sollicité pour savoir si le médecin était à l’origine du message et si l’information était fondée.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est OUI .

Le message signé Dr Etoa qui circule informe de ce que « L’OMS suspend les “essais cliniques” sur la Chloroquine après la publication d’une étude qui met en garde contre la possible nocivité de ce traitement sur les patients atteints du coronavirus. Retour à la case départ. ». Contacté par Stopintox, le Dr Roger Etoa confirme que le message est bien de lui.

L’Organisation mondiale de la santé a en effet annoncé qu’elle suspendait temporairement les essais cliniques sur la Chloroquine qu’elle mène avec ses partenaires dans plusieurs pays, par mesure de précaution. Ces essais cliniques lancés il y a plus de deux mois, étaient baptisés “Solidarité” et portaient notamment sur l’Hydroxychloroquine, dans le but de trouver un traitement efficace contre la Covid-19. Ces essais seront suspendus le temps que “les données” recueillies par les essais Solidarité soient examinées. Cette annonce a été faite le 25 mai lors  d’un point d’information sur le coronavirus..

A en croire Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l’OMS, cette décision fait suite à la publication d’une récente étude jugeant inefficace, voire néfaste le recours à la Chloroquine ou à ses dérivés comme l’Hydroxychloroquine contre la Covid-19. Selon cette étude parue vendredi dans la revue médicale The Lancet , la plus large réalisée à ce jour sur ces molécules, la Chloroquine et l’Hydroxychloroquine ne sont pas efficaces contre le coronavirus. Pire, elles augmentent le risque de décès et d’arythmie cardiaque.

671 Hôpitaux concernés sur les 7 continents

Les quatre chercheurs britanniques à l’origine de l’étude, ont examiné 96 032 dossiers médicaux émanant de 671 hôpitaux sur les six continents, avant de conclure que cette molécule ne permettait pas de soigner les malades du Covid-19. L’étude révèle que chez les patients ayant reçu des soins standards, le taux de mortalité est de 9,3%. Un chiffre qui grimpe à 16,4% pour les patients traités à base de chloroquine et à 23,8% pour ceux ayant reçu un traitement à base d’hydroxychloroquine et d’antibiotiques.

« Une étude foireuse faite avec le big data »

“Cette étude est très bonne parce qu’elle est absolument gigantesque (…). Ça amène une pierre angulaire au problème mais ça ne répond pas de manière extrapolable à l’ensemble de la population. Tant qu’une étude prospective randomisée ne sera pas faite, on n’aura pas vraiment la réponse”,

regrette Milou-Daniel Drici, le responsable du Centre régional de pharmacovigilance de Nice en France, interrogé samedi 23 mai par franceinfo.

Lundi 25 mai, le principal défenseur de la chloroquine, le directeur de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée-Infection, à Marseille, s’est exprimé sur YouTube pour défendre son protocole. Dénonçant “une étude foireuse faite à base de big data”. Le professeur Didier Raoult persiste et signe :

“Je ne sais pas si ailleurs l’Hydroxychloroquine tue, mais ici elle sauve des vies. (…) Ne croyez pas que je vais changer d’avis parce que des gens font du big data, fantaisie complètement délirante qui prend des données dont on ne connaît pas la qualité et qui mélange tout. La réalité est tordue [dans cette étude] d’une telle manière que ce qui est rapporté n’a plus rien à voir avec la réalité observable”,

poursuit l’infectiologue et professeur de microbiologie.

L’Hydroxychloroquine, dérivée de la Chloroquine est prescrite depuis plusieurs décennies contre le paludisme. La molécule connaît une notoriété inédite depuis que le professeur Didier Raoult a relayé une étude chinoise, affirmant que le phosphate de chloroquine montrait selon lui des signes d’efficacité chez des personnes atteintes de la Covid-19.

Si en France l’Agence du médicament “souhaite suspendre” les essais cliniques avec l’Hydroxychloroquine, au Brésil par contre, le président Jair Bolsonaro est convaincu de son efficacité, à tel point que le ministère de la Santé a recommandé son usage pour tous les patients légèrement atteints.

OUI, le président tanzanien dit avoir décelé de faux tests de Covid-19 dans le matériel de laboratoire acquis sous forme de don

La toile a été inondée il y a quelques jours de messages des internautes indiquant que des tests de Covid-19 offerts sous forme de dons en Tanzanie étaient douteux. Nous avons vérifié. La réponse est: OUI

Le Président tanzanien John Magufuli croit avoir vu clair dans le “jeu malsain” des occidentaux à propos du coronavirus. Dans un discours à la nation, John Magufuli dit avoir discrètement fait des tests sur des objets aussi divers qu’un fruit du jacquier, une papaye, ou une chèvre et qu’ils ont tous été testés positifs à la Covid-19. Trois choses qui n’ont jamais été liées au virus dans le passé. Une preuve selon lui que les résultats des tests de coronavirus sont programmés pour détecter de nouveaux cas.

Un internaute fait signe à stopintox de vérifier

 « Il est possible qu’il y ait des erreurs techniques ou que les réactifs importés aient des problèmes. Il est également probable que les techniciens soient payés pour induire en erreur. (…) L’équipement ou les personnes peuvent être compromis et parfois cela peut être du sabotage »,

avait-il déclaré dans un discours en swahili retransmis par la télévision publique TBC.

Après avoir obtenu les résultats positifs des échantillons non humains, le chef de l’Etat tanzanien a suspendu le directeur et le responsable des tests du laboratoire national de santé, au lendemain de sa déclaration. Il a aussi annoncé que la police enquêterait sur les kits de test, dont l’origine est inconnue.

Faux tests

Les faux tests décelés en Tanzanie suggèrent selon le chef de l’Etat que les chiffres publiés sur le nombre d’infections dans ce pays d’Afrique de l’Est pourraient ne pas être exacts. Le gouvernement n’a plus communiqué de résultats depuis son discours du 29 avril dernier qui reste à 480 cas pour 17 décès. John Magufuli s’étant plaint que le gouvernement n’attise la panique en publiant ces chiffres.

Les tests de détection au Coronavirus sont au cœur de nombreuses controverses ces derniers jours.

C’est le cas à Madagascar où les résultats des tests effectués par l’institut Pasteur la semaine du 4 mai ont été contestés par le gouvernement qui a diligenté une enquête. Le gouvernement malgache trouvait les 67 cas déclarés positifs en 24h invraisemblables. L’enquête lui donnera raison puisque dans un article le 13 mai 2020, RFI fait savoir que l’institut Pasteur reconnait des dysfonctionnements dans l’analyse des tests Covid-19 transmis aux autorités malgaches le 6 mai. On est passé de 67 cas alors déclarés positifs à 5. Dans cet article on peut lire que :

« L’institut admet aujourd’hui que des échantillons sains ont pu être accidentellement contaminées, mais sans que l’on sache à quel moment. Avant ou après leur arrivée à l’institut »

Quelques semaines avant, le journal Britannique The Telegraph, annonçait que les tests du Coronavirus au Royaume-Uni ont été retardés après que des kits se sont avérés contaminés par la Covid-19. Des composants clés commandés à l’étranger pour les tests se sont révélés contenir des traces du SARS-Cov-2.

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OUI, une étude récente a identifié la Covid-19 dans du sperme, mais d’autres tests sont nécessaires pour savoir si c’est une maladie sexuellement transmissible

La Covid-19 peut-elle être présente dans le sperme? La réponse est OUI. Mais il faudra attendre d’autres tests pour savoir si la maladie est sexuellement transmissible.

Le coronavirus n’a pas encore livré tous ses secrets notamment sur le mode de transmission.  En avril, une étude américano-chinoise effectuée sur 34 hommes et publiée dans la revue Fertility and Sterility faisait savoir qu’aucune trace de Covid-19 n’avait été trouvée dans le sperme.

En ce mois de mai, une autre étude affirme le contraire. Le test a été effectuée par des chercheurs de Pékin sur des échantillons de sperme prélevés aux mois de janvier et février derniers sur 38 hommes testés positifs au Covid-19 à l’hôpital de Shangqiu, dans la province du Henan, au nord-est de la Chine. Ces chercheurs affirment avoir détecté le virus dans le sperme de plusieurs personnes infectées. Ce qui remet au goût du jour la possibilité d’une transmission de la maladie par voie sexuelle.

Selon cette étude publiée le jeudi 7 mai par la revue scientifique américaine Journal of American Medical Association, 16% de ces personnes, soit six patients sur les 38 testés ont vu leur sperme testé positif au Covid-19, y compris deux malades considérés comme en rémission.

Le Coronavirus peut-elle dans ce cas être considéré comme une maladie sexuellement transmissible? Les auteurs de la recherche estiment eux même que le très faible nombre d’échantillons testés dans l’étude, limite sa portée. D’où la nécessité pour ces scientifiques de réaliser des études encore plus poussées et sur des échantillons beaucoup plus représentatifs pour mieux comprendre la durée de vie du virus dans le sperme et les conditions de sa transmission.

Selon le Los Angeles Times, aucun suivi n’a été fait par ces chercheurs sur les patients concernés par l’étude. Chose qui ne permet pas à ces derniers de savoir combien de temps le virus est resté dans le sperme, ni s’il a pu être transmis à un partenaire sexuel.

Quoi qu’il en soit, le Sars-Cov-2 n’a pour l’heure pas encore révélé tous ses secrets. Des informations issues de précédentes recherches révélaient que le virus est transmissible par des sécrétions projetées par la personne atteinte. Des traces du Covid-19 ont déjà été détectées dans la salive, l’urine ou encore les selles, et maintenant dans le sperme.

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