Category Archives: Société

Non, cette image présentant des squelettes humains n’a pas été prise au Cameroun

Une image en circulation depuis quelques jours sur la toile présente des restes humains en décomposition. D’après la légende, il s’agit du démantèlement d’un réseau de trafiquants d’ossements humains à Douala.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON

Une recherche inversée d’image sur TinEye renvoie à un article illustré de  plusieurs images de cadavres en état de décomposition avancée. Ledit article indique qu’il s’agit d’une inhumation de masse de cadavres non réclamés initiée par l’hôpital public d’Ota, dans l’Est de l’Etat d’Ogun au Nigeria en 2013. L’article qui se résume en une seule phrase présente essentiellement des photographies de cet évènement. Il y a au total huit images. On y découvre des corps décomposés. Une photographie montre des cadavres entassés les uns sur les autres.

Une recherche sur Google avec les mots clés en anglais «hospital Ota burial corpses Ogun State » (hôpital d’Ota inhumation de cadavres dans l’Etat d’Ogun) renvoie à un article plus explicite sur les circonstances et la date. Dans ce lien de février 2014, le directeur de l’hôpital d’Ota indique que la formation sanitaire a enregistré 150 cadavres non réclamés en 2013. En raison de l’espace insuffisant dans la morgue, les corps ont été enterrés en masse les 22 et 23 mars 2013. Le directeur explique que ces cadavres comprenaient des suspects de vols à main armée tués par la police et des victimes d’accidents.

Ce n’est pas la première fois que cette image est utilisée hors contexte. Une autre recherche inversée avec l’image de départ est faite cette fois-ci sur Google Images. Dans chacun des onglets de redirection, comme ici, ici et ici, l’image des corps décomposés réapparait. Mais les différents articles évoquent cette fois l’arrestation d’un féticheur togolais interpellé par les forces de l’ordre. Les articles indiquent que le célèbre féticheur a été pris avec 2000 corps séchés, 500 cadavres de personnes enterrées vivantes et d’innombrables squelettes. Toutes ces publications reprenant l’image factcheckée datent seulement de juillet 2020, soit sept ans après l’apparition de cette image sur internet dans l’article cité plus haut et qui situe bien la photographie en 2013.

En dessous de l’image en gros plan soumise à Stopintox pour vérification, on peut apercevoir une autre photographie en miniature dans laquelle des hommes arborent des masques de protection. Sur ce lien obtenu lors de la recherche inversée, on retrouve la vidéo dans laquelle la capture d’écran de cette image a été réalisée. Une séquence de cette vidéo est également en circulation sur WhatsApp depuis quelques jours au Cameroun et situe les faits à Douala. 

Dans l’article en ligne, la vidéo qui totalise plus de 700 vues postée en tweet embarqué provient en fait du compte @tonikusi partagée le 7 juillet 2020. Sous les commentaires en bas du post, l’un des internautes relève qu’il s’agit cette fois encore d’une image utilisée hors de son contexte. Selon l’utilisateur @IsimaOdeh,

« cette vidéo est celle d’un Kidnappeur qui s’est fait passer pour un pasteur. Il a été arrêté et cela a fait les manchettes de Une des journaux il y a plusieurs semaines », poste-t-il.

Une capture d’un article de Bbc.com en langue pidgin (une sorte d’anglais argotique) du 30 juin 2020 indique que la police de l’Etat de River au Nigeria a déterré quatre cadavres dans le domicile d’un présumé tueur en série et kidnappeur à Umuebulu Etche.

Capture d’écran article BBC News en Pidgin.

Dans sa confession, Antohony Ndubuisi, le présumé tueur, a avoué avoir kidnappé et tué plusieurs personnes dont trois étrangers, des togolais et un nigérian, peut-on lire dans l’article en question. On retrouve également en illustration de l’article la photo du présumé tueur ligoté sur une chaise en plastique. On reconnait l’accoutrement et le décor. C’est le même monsieur que l’on voit dans cette vidéo en circulation sur la toile, où il est tantôt présenté comme un riche homme d’affaires trafiquant d’ossements humains à Douala au Cameroun, tantôt comme un féticheur togolais arrêté avec dans son domicile 2000 corps séchés, 500 cadavres de personnes enterrées vivantes et d’innombrables squelettes.

Non, le deuxième gendarme victime d’agression à l’agence de voyage Finexs n’est pas mort

Depuis dimanche 26 juillet 2020, la nouvelle selon laquelle le deuxième gendarme qui était entre la vie et la mort suite aux événements tragiques qui se sont déroulés à l’agence de voyage Finexs à Douala est décédé.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON

Le post avec pour titre ‘’100 FCFA News’’ fait sur N’zui Manto Officiel, une page Facebook qui comptabilise plus de 8.834 personnes abonnées a enregistré 792 réactions, 840 commentaires et 959 partages en trois jours.

Plusieurs tweets parmi lesquels celui-ci ‘’ meurtre à finexs, le deuxième gendarme est décédé’’ attribuant l’information à la chaine de télévision STV ont également été viraux sur le réseau social Twitter et sur WhatsApp.

Dans la journée du lundi 27 juillet, le chef de Division de la communication au ministère de la Défense a publié une capture de la page Facebook qui a véhiculé la nouvelle avec un cachet portant la mention « fake news ministère de la défense. »

Contacté par stopintox, un personnel soignant au sein de l’hôpital de la garnison militaire de Douala, où le gendarme major Aubin Youle Yatcho est sous soin depuis la nuit du 22 juillet 2020, (jour de l’agression) est péremptoire : « Il n’est pas mort». Nous allons également apprendre que le gendarme ne reçoit pas de visite et sa chambre est gardé 24h/24.

Rendu à la brigade des recherches de Douala 1er, située au sein de la Légion de gendarmerie du Littoral à Bonanjo, le commandant de la brigade de recherches, Oscar Bakoa, qui dirige l’enquête sur l’agression et le meurtre d’un des deux gendarmes, est rassurant. « Il est en vie et gloire à Dieu, il va bien », précise ce dernier.

Finexs scellé, les assasins aux arrêts

Pour rappel, dans la nuit du 22 au 23 juillet 2020, une altercation éclate entre deux gendarmes et les employés de l’agence de voyage Finexs à Douala. Le personnel de l’agence réclame 100 Fcfa à ces derniers, frais représentant l’utilisation des toilettes par l’un des gendarmes. Faute de monnaie, une violence verbale va éclater entre ces derniers pour se transformer en violence physique. Dans la rixe, un des agresseurs va frapper l’un des gendarmes avec une latte et le maréchal des logis Armel Joseph Liem Pime va rendre l’âme sur place. Son corps est gardé à la morgue de l’hôpital de la garnison. Son collègue d’infortune Aubin Youle Yatcho aura plus de chance. Il est interné au sein du même hôpital militaire à Bonanjo.

Sur la page facebook de la Gendarmerie nationale du Cameroun, on peut lire que les deux gendarmes « en service à la Direction Technique et Logistique de la Gendarmerie Nationale, se trouvaient à Douala pour des raisons professionnelles, de retour d’une mission commandée.»

Selon le commandant de brigade de recherches de Douala 1er, l’enquête suit son cours. L’agence de voyage Finexs est scellée pour 8 jours à compter du 25 juillet par un arrêté du préfet du département du Wouri. Une mesure conservatoire en attendant la décision du ministre des Transports. Plusieurs employés de la compagnie sont en détention et celui qui a donné le coup mortel a déjà été mis aux arrêts. 

Non, cette vidéo dans laquelle une jeune fille tombe dans l’eau n’a pas été prise au Cameroun

Depuis quelques jours, une vidéo virale sur la toile montre une jeune fille filmée en train de danser près d’un cours d’eau. Elle se retrouve au fond du fleuve après un faux pas. D’après les internautes, cette image a été prise à la base navale à Douala au Cameroun.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON .

La vidéo postée sur un compte Twitter sous forme interrogative le 07 juillet 2020 a enregistré plus de 7000 vues en 72 h, 165 retweets et 82 commentaires. D’après le message qui accompagne cette vidéo de 09 secondes, il s’agirait d’une étudiante qui s’est rendue à la base navale de Douala avec des amies. « Jusqu’à présent, le corps est introuvable », relève le post.

Capture d’écran du post en circulation depuis quelques jours sur la toile.

Après avoir réalisé des captures d’écran sur ladite vidéo, Stopintox a procédé à une recherche d’images inversée sur Tineye. Le résultat renvoie à plusieurs posts sur le réseau social Twitter avec la même vidéo mais publiée il y a deux ans, soit le 23 mars 2018. On peut le voir ici, ici et ici

A chaque légende au-dessus de la vidéo qui a comptabilisé des milliers de vues et de nombreuses interactions, le mot Ivosho revient. « Beware of Ivosho !!! Dont just vosho guys!!! », lit-t-on au-dessus d’une des publications. Traduction approximative en français : « faites attention à l’Ivosho. Ne faites pas le Vosho les gars».

Le mot clé « Ivosho » rentré dans le moteur de recherche Google redirige vers plusieurs liens qui présentent ce concept comme une danse populaire sud-africaine. On apprendra d’ailleurs que ladite danse peut tout aussi être appelée Vosho. Le danseur qui l’exécute doit effectuer des mouvements de corps dans lesquels il tend une jambe et se rabaisse à chaque fois en prenant appui sur ses genoux.

En remontant les commentaires sous les posts des publications y relatives sur Twitter, Stopintox a également découvert une capture d’écran postée par un internaute sud-africain, qui indique que la jeune fille s’en est tirée. L’image présente celle-ci qui remonte sur le rivage. Les vêtements et le décor identiques à ceux de la vidéo peuvent attester de l’authenticité de cette information. Le corps de la jeune fille ne serait donc pas introuvable, tel qu’indiqué dans les messages en circulation sur la toile depuis quelques jours.

Sur une autre capture d’écran de téléphone partagée sur Twitter et montrant la jeune fille sortie des eaux, on peut également observer dans le coin supérieur gauche du mobile, le sigle de l’opérateur de téléphonie mobile du pays: MTN SA. Il s’agit de l’entreprise Mobile Telecommunication Network, South Africa (Mtn Afrique du Sud). Une indication pour établir que le lieu de tournage de la vidéo est l’Afrique du Sud.

Contacté par Stopintox, Uluyanda Gama, un internaute sud-africain qui a partagé une des images montrant la fille sortant des eaux a indiqué que

« ça s’est passé effectivement en Afrique du Sud. Très probablement dans la province du Kwazulu Natal, si on s’en tient à l’accent des filles dans la vidéo ».

L’internaute qui réside en Afrique du Sud relève que les filles dans la vidéo s’expriment en zulu. Il s’agit de la langue officielle d’Afrique du Sud.

Non le chef de Minkan qui a fait savoir que le don du chef de l’Etat ne l’intéresse pas n’a pas été destitué

Des articles et posts ont inondé la toile le samedi 22 mai 2020 indiquant que le chef du village Minkan, dans la région du Sud du Cameroun, a été destitué par un sous-préfet.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est: NON

D’après les nouvelles en circulation, Evina Engoto, présenté comme le chef traditionnel de Minkan, a été déposé par l’autorité administrative pour avoir émis un avis défavorable sur le don du chef de l’Etat.

Un internaute sollicite que Stopintox se penche sur ce sujet.

Les articles qui relaient cette information font ainsi référence à la vidéo qui a fait le tour de la toile il y a une semaine. « Un sous-préfet humilie et finalement destitue un chef traditionnel », rapportent plusieurs sites internet camerounais.

Alertée par un internaute, l’équipe de Stopintox s’est penchée sur le sujet et a constaté que plusieurs éléments dès le départ n’étaient pas avérés.

Les articles parlent d’un sous-préfet. Ce n’est pas exact car le don du chef de l’Etat pour lutter contre la Covid-19 avait été restitué le 14 mai 2020 à l’esplanade de la sous-préfecture d’Ebolowa 1er par le préfet du département de la Mvila lui-même, Marie Sylyac Mvogo. Sur la vidéo on s’aperçoit bien que l’autorité administrative porte deux étoiles sur ses épaulettes. Ce qui donne une idée claire sur son grade car au Cameroun, les sous-préfets portent une étoile à l’épaulette, les préfets deux et les gouverneurs trois étoiles.

Pour en avoir la certitude, nous avons contacté Anicet Siesther Essiane, journaliste exerçant dans la région du Sud et ayant couvert cette remise de don pour le compte de son média. Il nous fait savoir que c’est le préfet lui-même qu’on aperçoit dans la vidéo et ajoute que la cérémonie a eu lieu à Ngalane, place des fêtes de l’arrondissement de Ebolowa 1er.

L’autre information erronée est celle qui fait passer Evina Engoto pour le chef de Minkan. Le chef de Minkan a depuis été identifié et il s’agit bien de Sa Majesté Bang Bang Calvin. Il est un chef traditionnel de 3ème degré. Rien à voir avec Evina Engoto, tel que publié partout sur les réseaux sociaux. Ce dernier est le représentant du parti politique le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) dans la zone. Joint au téléphone, Sosthène Médard Lipot le secrétaire national à la communication du MRC fait savoir que Evina Engoto est le secrétaire de fédération départementale du MRC dans la Mvila.

Par contre, le document qui serait à l’origine de la confusion est l’interdiction d’une manifestation de Survie Cameroun par le sous-préfet d’Ebolowa 1er. Dans cette décision administrative, le chef de terre interdit « les manifestations programmées le mercredi 20 mai 2020 dans la ville d’Ebolowa et ses environs par Monsieur EVINA ENGOTO et ses amis mandataires de l’initiative fantôme Survie Cameroun ». Le nom Evina Engoto qui apparait dans ce document a été interprété à tort comme celui du chef de Minkan.

Copie de la décision signée par le sous-préfet d’Ebolowa 1er.

Le chef de Minkan n’a pas été destitué

 « Le chef de Minkan n’a jamais été destitué, encore moins inquiété. La destitution est l’objet d’une procédure, mais pas aussi simple et rapide que vous le croyez. Du sous-préfet au préfet, du préfet au gouverneur et du gouverneur au ministère de l’Administration territoriale qui signe l’acte de destitution si destitution il y a », analyse Anicet Siesther Essiane, journaliste exerçant dans la région du Sud. Et c’est logiquement qu’il nous rappelle que le 21 mai était un jour férié et qu’aucun acte administratif ne peut avoir été pris.

Contacté par StopIntox dimanche 24 mai 2020, le sous-préfet d’Ebolowa 1er, Akondi Elvis Mbahangwen, confirme cet avis du confrère journaliste.

« C’est un fakenews. Le chef de Minkan, Sa Majesté Bang Bang Calvin, exerce ses activités dans son village sans problème. Le préfet n’a rien contre lui. Moi non plus », précise le sous-préfet d’Ebolowa 1er.

Revenant sur la cérémonie de remise de dons du président de la République, point de départ de la vidéo virale, il note que le seau remis au chef de Minkan était une entité à titre symbolique dans le package à lui destiné.  « Le préfet a choisi une entité. Le chef a accepté le don. Il a d’abord hésité, parce qu’aux précédents récipiendaires, le préfet a remis des seaux avec robinets. Le préfet a fait des observations en blaguant. Il n’a pas l’intention de le faire. Nous sommes un Etat de droit et chacun a la liberté d’expression. Le chef est en place et on le soutient. C’est un chef courageux. Il n’a pas peur d’exprimer ses sentiments », explique Akondi Elvis Mbahangwen.

Rencontre entre le préfet et le chef de Minkan ce 25 mai

L’autorité administrative fait savoir d’ailleurs qu’avec toute cette agitation sur la toile, le chef de Minkan a été appelé à rencontrer le préfet du département de la Mvila à Ebolowa ce lundi 25 mai 2020. « C’est pour le rassurer. Avec tout ce qui se passe sur les réseaux sociaux, le chef peut prendre peur », relève le chef de terre.

Oui des pylônes portant des caméras de surveillance sont implantés sur une chaussée en chantier à Bafoussam

La photo a fait le tour des médias sociaux : Twitter, Facebook et surtout la messagerie whatsApp. Chaque transfert ou post est accompagné d’interrogations sur l’emplacement «insolite» desdits pylônes.

Ces Pylônes sont-ils réellement sur la voie à Bafoussam? Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : OUI Explication.

Cette traversée urbaine est en travaux. Elle est dans le bloc des travaux de réhabilitation de la route Yaoundé-Bafoussam-Babadjou plus précisément sur le lot 3, tronçon Tonga-Bafoussam-Babadjou, long de 110,242 km.

Pylônes sur la route Yaoundé-Bafoussam Babadjou

Contacté par l’équipe de stopintox, le directeur général de l’entreprise China Railway Engineering Corporation, CREC, l’entreprise chinoise qui a gagné l’appel d’offres pour les travaux de réhabilitation de cette route confirme la présence des pylônes de camera sur la chaussée. « Exactement! Sur le chantier il y a les poteaux de camera. Nous avons travaillé ainsi parce que nous avons des délais à respecter. Le chef de projet a dit qu’il ne peut pas attendre les discussions avec le sous-traitant qui a géré le projet pour le délogement de ces poteaux parce que ça va faire perdre beaucoup de temps. Nous avons choisi d’avancer. En ce moment le sous-traitant a déjà envoyé les coûts au maitre d’ouvrage et n’attend que l’ordre de service. Si celui-ci est validé, nous allons déplacer les pylônes avec le sous-traitant », précise le directeur général de CREC que traduit Tony, le traducteur de l’entreprise.

Les pylônes seront déplacés

A la question de comment cette situation a pu arriver, Elie MBA, le Délégué Régional des Travaux publics de la région de l’Ouest explique que cette traversée urbaine a les objectifs de la CAN 2021 qui lui sont assignés et donc une contrainte de temps. « Nous sommes en retard sur le mois de décembre qui avait été annoncé pour la pose de la dernière couche de grave bitume. Nous ne pouvions donc pas attendre. Si on le faisait, les objectifs de la CAN 2021 assignés au projet allaient être battus en brèche et là, on parle des engagements internationaux du gouvernement », précise le maître d’ouvrage.

Le projet qui va de l’entrée de la ville de Bafoussam pour la sortie au niveau du Camp militaire, consiste à élargir la chaussée. «Il y a des sections où on a juste une seule voie. On va élargir pour avoir des 2×2 voies. En élargissant certains ouvrages qui étaient hors emprise se retrouvent sur l’emprise. L’idéal est toujours de déplacer avant mais là nous sommes tenus par le temps », indique Elie MBA.

Zone sécurisée

La route est ouverte à la circulation mais ne comporte aucun risque. La zone avec les poteaux de camera est bien sécurisée et la signalisation bien présente. Selon le directeur général de CREC et le maître d’ouvrage, le processus pour déplacer les pylônes de camera entamé depuis juin 2019 est suffisamment avancé à ce jour. L’entreprise Huawei, sous traitant de la Délégation Générale de la Sureté Nationale qui a installé les pylônes n’attend plus que la signature de l’ordre de service pour le déplacer.

Au cours de ce travail, nous avons appris que c’est la libération des emprises qui est la cause majeure des retards observés dans la réalisation des projets. Eneo, Camwater et Camtel sont pointées du doigt.

Non, l’enseignante bastonnée par un militaire à Bafoussam n’est pas morte

Une information en circulation sur les réseaux sociaux au Cameroun indique qu’un militaire a bastonné une enseignante à l’Ecole publique du «Garage militaire » à Bafoussam, parce que cette dernière avait puni son fils pour devoirs non faits. Après recoupage, l’information est avérée. Mais selon certains posts sur la toile, l’enseignante de Ce2 a rendu l’âme après son admission à l’hôpital régional. Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON

Les faits se sont déroulés peu avant 9h jeudi 19 septembre 2019. Louisette Teualen, enseignante en classe de Cours élémentaire deuxième année (Ce2) à l’école publique du « Garage Militaire » à Bafoussam, a été pris à partie par l’homme en tenue. Des collègues de l’enseignante rapportent que le militaire est arrivé avec sa femme. Cette dernière est restée dans la cour de l’établissement scolaire. Après avoir brutalisé le vigile en faction, le militaire s’est ensuite dirigé vers le premier niveau du bâtiment qui abrite la classe de Ce2.

«Il a frappé sa tête contre le mur»

«Il s’est adressé à la maitresse en disant :’’madame, venez’’. Puis, il l’a attrapée par les cheveux, lui a appliqué plusieurs gifles, a frappé sa tête contre le mur, puis a serré sa gorge avec ses mains. Etouffée, l’enseignante est tombée et s’est évanouie», rapporte Christiane Likound, la secrétaire générale du Syndicat national indépendant de l’Education de Base (Snieb), visiblement très remontée.

Sur la vidéo qui circule en ligne, on voit l’enseignante allongée à même le sol après l’agression. Elle suffoque. Ses collègues autour d’elle essaient d’appliquer les gestes de premier secours.

Alertée par les cris des élèves, une maitresse voisine se rapproche pour s’enquérir de la situation. Elle reçoit des coups. Anne Kadji, la directrice de l’école, interpellée à son tour sera repoussée dans les escaliers par l’homme en tenue qui prend la fuite. Elle se rend aussitôt à la gendarmerie. Mais elle est rappelée d’urgence. Louisette Teualen, l’enseignante de Ce2 violemment tabassée, a besoin d’être conduite à l’hôpital. L’infortunée est admise aux urgences de l’hôpital régional de Bafoussam.

L’époux sous le choc

Peu de temps après son admission une nouvelle en circulation sur la toile a fait état de son décès. Non, l’enseignante n’a pas rendu l’âme. «La maitresse est sortie de l’hôpital hier (vendredi) vers 18h. Elle ne se sent pas bien, mais elle parle. Je suis actuellement chez elle. Elle doit passer un scanner lundi, car sa tête a été frappée contre le mur », a indiqué la directrice de l’école, jointe par Stopintox samedi 21 septembre, à 11h01. L’époux de Louisette Teualen et deux de ses enfants, tous du corps médical, veillent sur son état en attendant le rendez-vous.

Contacté ce lundi matin, l’époux de la maîtresse a indiqué qu’elle allait « un peu bien». Il fait savoir qu’il reste très choqué par l’acte commis par le militaire.

«Qu’elle soit malade ne soit pas un problème. Je suis médecin. Je peux gérer. Mais ce qui me dépasse et me fait mal plus que la maladie, plus que tout, c’est le fait que quelqu’un aille taper sur mon épouse dans sa sale de classe, devant ses élèves. Il m’a humilié», se désole le médecin, d’une voix enrouée.

Récidiviste

A la question de savoir s’il a porté plainte, le mari de l’enseignante répond par la négative. « Je n’ai pas la force pour faire le tribunal. Mais je n’empêche pas à d’autres de le poursuivre pour défendre les autres enseignants ».

Au Snieb, on indique que le colonel du 6ème Bataillon a affirmé que le militaire indélicat a été placé en cellule. «Le syndicat a rédigé une lettre d’intervention adressée au gouverneur de la région de l’Ouest pour que des sanctions soient prises», fait savoir Christiane Likound. Qui relève que le militaire est coutumier du fait. L’année dernière, il a agressé un autre enseignant du Cours moyen deuxième année (Cm2) dans cette même école, dans les mêmes circonstances.

Non, le camion de planches qui s’est renversé au carrefour Ndokoti (Douala) n’a pas fait de mort

Une semi-remorque transportant des débités de bois s’est renversée au carrefour Ndokoti à Douala dans la mi-journée du samedi 27 juillet 2019. Aussitôt, des images et vidéos de cet accident ont circulé sur les réseaux sociaux. Les auteurs des posts ont annoncé un bilan « très lourd » avec plusieurs morts sur le carreau.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON

La semi-remorque en provenance de la zone industrielle de Bassa se rendait au Port de Douala pour décharger la cargaison à bord d’un bateau. L’incident s’est produit autour de 12h. Le véhicule immatriculé OUTR 098 AA a mal négocié le virage qui donne au tunnel. L’état de dégradation de la route n’aidant pas, la semi-remorque s’est retrouvée inclinée et la marchandise s’est déversée sur la chaussée. Mais contrairement aux posts en circulation sur les réseaux sociaux, aucune perte en vies humaines n’a été enregistrée, ni de blessées.

Les gendarmes de la brigade de recherches n°2 de Douala, arrivés sur les lieux peu après l’accident pour le constat, font savoir que les usagers de la route ont été alertés par de petits craquements avant l’incident.

«Ce n’est pas tombé d’un trait. Il y a d’abord eu un signalement. Les gens ont eu le temps de fuir. Certains qui se sentaient coincés ont abandonné leur moto. Même les commerçantes installées en bordure de route y ont échappé. Au final, il y a eu trois motos détruites et un véhicule personnel partiellement endommagé», rapporte la gendarmerie.

Le véhicule endommagé a été parqué dans la cour de la brigade territoriale de Ndogbong, où une enquête a été ouverte. Herman Tandjo, le conducteur de la semi-remorque, soutient que l’état de la route et l’embouteillage sont les causes de cet incident. A 15h samedi, l’automobiliste s’apprêtait à recharger la marchandise sur le véhicule et poursuivre son trajet vers la destination finale, le Port de Douala.  

NON, le Commissaire du 9ème arrondissement de Douala ne s’est pas donné en spectacle tout nu devant son unité de police

Une vidéo en circulation sur les réseaux sociaux depuis le 31 mai 2019 présente un homme entièrement nu qui se donne en spectacle au dessus d’une voiture garée devant le commissariat de sécurité publique du 9ème arrondissement de Douala. S’agit-t-il du commissaire de cette unité de police tel que mentionné dans les commentaires qui accompagnent ladite vidéo?

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON

« Ça s’est passé à Deïdo ce matin. Le commissaire du 9ème arrondissement s’est mis à poil et est monté sur sa voiture. Seigneur voilà que nos autorités sont de plus en plus exposées !!! Jésus au secours !!! ».

Voici le message qui accompagne la vidéo en circulation dans des réseaux sociaux depuis vendredi 31 mai 2019. Depuis cette date-là, le téléphone du commissaire, Guilibite Jean Georges, ne cesse de crépiter. Un de ses collaborateurs indique que ladite vidéo s’est même retrouvée dans des foras de camarades de promotion de la police.

Capture d’écran Whatsapp

A l’observation, la vidéo a été effectivement prise devant le commissariat de sécurité publique du 9ème arrondissement de Douala au quartier Deido. Le lieu est facilement reconnaissable par le drapeau camerounais qui flotte à l’esplanade et la plaque qui renseigne sur la dénomination de cette unité de police.

Qui est l’exhibitionniste?

Seulement, il ne s’agit pas du commissaire de police en exhibition au dessus du véhicule immobilisé. Des policiers de cette unité de police, présents pendant le déroulement des faits vendredi matin (31 mai 2019), ont confié à StopIntox qu’il s’agissait plutôt d’un homme souffrant de troubles mentaux. Le nommé Etondè Bruno Liberté, lors d’une de ses crises, s’en est pris au véhicule de marque Rav4 appartenant à un magistrat, au lieu-dit ‘’3 boutiques’’, non loin du rond point Deido.

« Il vandalisait la voiture du magistrat. Celui-ci a trouvé bon de le conduire au commissariat, où il devait être entendu pour ‘’destruction’’.  Devant le commissariat, le monsieur est monté tout nu au dessus de la Rav4 et continuait de vandaliser le véhicule. Le chef d’unité (le commissaire) qui vivait lui aussi la scène a même été insulté par le monsieur en question. Ce sont des membres de sa famille qui sont venus expliquer qu’il souffre de problèmes mentaux depuis 1998», a confié un policier de cette unité.

Après avoir été maîtrisé, Etondè Bruno Liberté a donc été conduit à l’hôpital de district de Deïdo, puis à l’hôpital Laquintinie de Douala, où il a été placé sous soins. Un enquêteur a indiqué à Stopintox que des proches d’Etondè Bruno Liberté ont d’ailleurs pris l’engagement de revenir dans quinze jours, pour réparation des dégâts.

Le véhicule vandalisé immobilisé devant le commissariat.

Le véhicule vandalisé a été parqué devant le commissariat. Il n’appartient pas au commissaire tel que relayé sur les réseaux sociaux. Lorsqu’il n’est pas dans sa petite voiture de service, Guilibite Jean Georges se déplace à bord d’un Pick-up de couleur blanche. Il est à la tête du commissariat de sécurité publique du 9ème arrondissement de Douala depuis cinq ans.

Mathias Mouendé Ngamo

RSS
Follow by Email