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NON, les codes #199*3# et #150*6*7# ne permettent ni de retrouver le numéro de CNI d’une personne, ni de réinitialiser le code secret Orange Money

Les codes #199*3# et #150*6*7# permettent-ils de retrouver le numéro de Ccarte nationale d’identité d’une personne ou de réinitialiser le code secret Orange Money ?

Nous avons vérifié pour vous : la réponse est NON

Depuis quelques jours, une alerte invitant à ne plus laisser son téléphone à la portée de n’importe qui fait le tour de la messagerie et des statuts WhatsApp. Le contenu du message indique qu’à partir du code #199*3# on peut retrouver le numéro de votre CNI et réinitialiser le code secret orange money avec le #150*6*7#.

L’alerte indique « Bsr chers amis. Ne laissez plus votre téléphone à la portée de n’importe qui, si vous avez de l’argent dans votre compte Orange money. Sachez que sans votre code secret on peut transférer votre argent. »

Le « technicien informatique » « auteur de la découverte » va plus loin en rendant public les résultats de sa recherche pour donner le crédit à son récit. « En effet, en entrant le #199*3# on peut retrouver le numéro de votre CNI. Et avec le numéro de votre CNI on peut réinitialiser votre code secret avec le #150*6*7#. Un technicien informatique vient de m’informer. Faisons attention !!! »

Nous avons essayé la procédure recommandée par le « technicien informatique » pour retrouver le numéro de carte nationale d’identité (CNI).

Premier test: #199*3# 

Quand on tape le code #199*3# ok, on tombe dans le portail d’identification. La fenêtre offre 3 options. 1 : vérifiez votre identification, 2 : vérifiez l’identification d’un tiers et 3 : authentifiez votre POS. Puis il y a le 9999 : accueil et le 7777 : précédent.

Nous avons d’abord choisi de sélectionner l’option 1: Vérifiez votre identification. Ici, l’opérateur propose deux choix pour vérifier votre identification. 1: Via le numéro de téléphone ou 2: Via le numéro de pièce d’identité. Via « le numéro l’opérateur » vous donne votre nom, prénom, trois derniers numéros du document. À pièce d’identité disponible la réponse est non. Le nombre de ligne, le statut et la conformité de l’identification sont précisés.

Impossible donc à travers cette option d’avoir le numéro de CNI d’un client.

#150*6*7# ne réinitialise pas le code secret

Nous entamons avec le choix 2 : via le numéro de pièce d’identité. Ici l’opérateur demande d’entrer le numéro de votre pièce d’identité. Quand bien même on entre le numéro d’identité on retombe sur la fenêtre que celle de la première option.

Quand vous choisissez de vérifier l’identification d’un tiers, on vous informe que vous n’avez pas accès à ce service.

Le code #150*6*7# vise bien à modifier le code secret du compte orange money. Seulement, quand on entre le code on vous demande de saisir le numéro de votre CNI. Une fois ce numéro entré, l’opérateur de téléphonie mobile propose pour des raisons de sécurité d’enregistrer au préalable des réponses secrètes en contactant le 951 ou en allant sur leurs pages officielles sur les réseaux sociaux.

Impossible pour Orange Cameroun

Toute chose que confirme l’opérateur Orange Cameroun. Contacté par stopintox,  Rita Soya, responsable produit affirme que c’est un fake. « Non ce n’est pas possible », précise-t-elle.

Elle ne manque pas de preciser qu’ « il est possible pour vous client de réinitialiser votre mot de passe vous même sans avoir besoin de vous rendre dans une agence. Cela est possible sous certaines conditions dès lors que vous avez une certaine ancienneté sur le service et que vous avez préalablement enregistré vos questions/réponses secrètes connues par vous seuls. Dans ce cas vous pouvez effectivement réinitialiser votre mot de passe en self sur votre mobile. »

Elle conclut en appelant les clients à plus de vigilance «aucune opération d’identification ou de mise à jour des informations de votre compte ne se fait par appel de nos équipes. Orange Cameroun  contactera toujours via le 690009000, 690009200 ou le 690009500. Votre code secret Orange Money  est une information strictement confidentielle. »

Impossible donc de réinitialiser votre code secret juste avec le numéro de votre carte nationale d’identité.

Armelle Sitchoma

Non, cette image n’est pas celle de l’autoroute Douala-Yaoundé

Cette image abondamment relayée sur les réseaux sociaux notamment Facebook et Twitter qui prétend montrer l’évolution des travaux est-elle celle de la future autoroute devant relier les villes de Douala et Yaoundé au Cameroun ?

Nous avons vérifié pour vous : la réponse est NON

De nombreuses publications sur les réseaux sociaux indiquent que les travaux de l’autoroute Douala-Yaoundé avancent. (1, 2, 3…) Ces publications sont illustrées par l’image d’une autoroute 2×3 voies avec un tronçon complètement bitumé et une autre partie en chantier. La photo de ladite autoroute postée sur la page facebook d’un journaliste a enregistré plus de 3500 réactions, 1300 commentaires et 264 partages en l’espace de quatre jours.

une capture de la page facebook qui a utilisé la fausse image

La même image est utilisée par le site web officiel du média à capitaux publics camerounais pour illustrer un article intitulé « Office national des routes : discussion sur la maturation des projets de développement des infrastructures.» article posté sur la page facebook du même média, 650 réactions et 330 commentaires.

L’article qui a enregistré plus de 4471 vues sur le site  revient sur la tenue de 23ième session du Conseil national de la route. À l’intérieur, le journaliste indique que « Le Premier ministre a regretté que d’autres projets comme les autoroutes Yaoundé – Douala et Yaoundé – Nsimalen, et le tronçon Nsangmelima – Ouesso entre autres souffrent encore d’une mauvaise maturation et d’autres goulots d’étranglement qui ont ralenti leur exécution. »

Sur twitter, un internaute va jusqu’à expliquer que « Elle ressemble à une belle route moderne qui mettra Yaoundé à 2 heures de Douala…» Répondant ainsi à la question « à quoi ressemble l’autoroute Douala-Yaoundé ? » qu’il s’est lui-même posé au préalable.

capture d’écran du tweet utilisant la même image pour parler de l’autoroute Douala-Yaoundé

La cellule de communication du maitre d’ouvrage dément

Si la réponse à sa question est vraie, la photo utilisée pour illustrer son propos et représenter l’autoroute Douala-Yaoundé est fausse.

Approchée, la cellule de communication du ministère des travaux publics indique que cette image n’a rien à voir avec le projet de l’autoroute Douala-Yaoundé 196 km dont la première phase longue de 60 km, débuté 13 octobre 2014 est en cours de finition.

« La phase 1 encore en Travaux du moins sur les 20 km restant, le Profil en travers ne ressemble pas à l’illustration utilisée par le média l’ayant utilisé. Car la première phase présente un profil de 2×2 voies extensibles à 3 voies vers l’intérieur en fonction de l’augmentation du trafic. La troisième voie attendant l’extension n’est pas revêtue en bitume tel que présenté par l’illustration utilisée. », Précise la cellule de communication.

En effet, la première phase longue de 60km que nous avons pu visiter le 18 août 2020 est un 2X2 voies extensible à 2X3 voies sur une largeur de 33,50 mètres. De chaque côté, qu’on vienne de Douala ou de Yaoundé, la chaussée de 7,50m de largeur chacune a 2 voies et une bande d’arrêt d’urgence de 3m. Le terre-plein central de 10,5m en forme de V n’est pas bitumé. C’est l’espace où passera la 3ième voie de l’autoroute. Elle est droite, pas de montée, pas de descente ni aucune pente.

La photo d’une autoroute en construction en Afrique du Sud en 2013

Une recherche d’image inversée avec Google Images révèle que cette même photo a déjà été utilisée par le passé. Le 17 août 2017, le site Afrique la tribune illustrait un article avec la même photo. Le crédit photo est accordé à l’agence de presse anglaise Reuters sans donner le nom de l’auteur ni plus.

Plusieurs sites de divers pays reprennent également la même photo comme illustration des infrastructures dans leur pays. C’est le cas de la Zambie, le Nigéria.

Une recherche de la même image avec l’outil Yandex fait apparaître plusieurs articles avec cette photo, dont une publication sur le site de Reuters titrée : les grands projets de construction de l’Afrique du Sud bloquent.

capture des résultats de l’outil Yandex

une photo de Rogan Ward de Reuters

 L’article publié le mardi 12 février 2013 à 09h27 GMT est signé Agnieszka Flak et Xola Potelwa et monté par Ed Cropley et Anna Willard. Il fait référence aux problèmes auxquels l’Afrique du Sud est confrontée pour tenter de déployer un plan d’infrastructure de plusieurs milliards de dollars.

Le papier est illustré par l’image de cette autoroute que nous recherchons et porte la légende « la construction se poursuit sur une nouvelle route en cours de construction, qui rejoindra la zone industrielle de Pinetown au nord de Durban et l’aéroport de la ville, le 11 février 2013. Reuters/Rogan Ward.

Quand on entre les mots clés « photo autoroute Afrique du Sud Reuters/ Rogan Ward », on tombe sur plusieurs articles parmi lesquels, un qui indique que Rogan Ward est photographe pour l’agence de presse.

Un autre lien de la recherche conduit à Alamy, une banque de photo de plus de 420 agences d’image et de plus de 1000 photographes. Dans la catégorie Pinetown Afrique du Sud, on retrouve la même photo. Les détails, à savoir : le contributeur, l’ID de l’image, la dimension, la date de prise de vue, le photographe et bien d’autres choses qu’il faut savoir sur une photo s’y trouvent.

Cette photo n’a donc aucun lien avec l’autoroute Douala-Yaoundé encore moins le Cameroun. 

Armelle Sitchoma 

Non, il n’y a pas eu 19 morts lors de la tuerie de Kumba

Dans un tweet, une internaute ayant pris part à une marche organisée à Kumba à l’occasion du deuil national le 31 octobre 2020 indique qu’il y a 19 enfants morts et non plus 7.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON

Dans le tweet posté à 17h11 samedi 31 octobre 2020, l’internaute indique que : « Nous avons beaucoup marché et sommes arrivés au Kumba District Hospital et c’est là que nous apprenons que ce n’est plus juste 7 enfants mais 19 enfants qui sont morts lors du #Kumbamassacre L’ambulance était là car des femmes s’évanouissaient de douleur. #EndAnglophoneCrisis ».

En 24h, ce tweet a enregistré plus de 400 interactions, dont 280 Retweets et 151 Likes. Cette publication fait partie d’un ensemble d’autres tweets postés sous la forme de thread avec des images et des vidéos. L’internaute qui totalise 6000 abonnés ne cite pas la source qui a communiqué ce nouveau chiffre.

capture d’écran du tweet en date du 1er novembre 2020.

Dans un autre tweet, elle précise qu’elle s’est rendue en tant que citoyenne à Kumba avec d’autres sœurs.

Kathe Djiaha est citée parmi les femmes faisant partie de cette délégation. La journaliste en service à Équinoxe Télévision (une télévision privée basée à Douala) que nous avons contactée fait savoir que ce chiffre de 19 a été avancé par une dame qui a fait un discours devant la morgue de l’hôpital de district de Kumba.

Une vidéo en circulation

Dans la vidéo de 38 secondes que la journaliste nous fait parvenir, on peut effectivement voir une dame devant une foule en noir. Elle cite des noms. A l’appel de chaque nom, la foule fait des décomptes. Pour cette séquence de la vidéo reçue, la lecture de la liste s’ouvre sur le 7ème nom et se referme sur le 19ème nom lu.

« N’est-ce pas on nous avait dit que c’était 7 ? » ,

s’exclame en pidgin, un anglais argotique, une voix d’homme dans la vidéo.

La vidéo en circulation

Mais en prêtant une oreille attentive à la lecture, Stopintox a pu déceler des noms faisant partie de la liste des sept d’élèves tués lors du massacre du 24 octobre (Zakame Rema, Jenifer, Che.. ). Au milieu de tous ces bruits de la foule, Stopintox a également pu écouter de manière un peu audible les noms de quatre élèves figurant dans la liste des blessés après cette attaque.  Il s’agit de Mbong Blessing, Akidam Francis, Tifu Lydia Favour et Efouet Therese. Une liste des victimes disponible depuis le jour de l’attaque armée attribuée aux séparatistes.

Plusieurs personnes toujours en détresse

« C’était les noms de toutes les 19 victimes. Parmi les 19, il y avait sept établis morts confirmés et douze qui étaient blessés. L’intention, c’est pour que les gens sachent qu’il y a plusieurs qui sont toujours en détresse. Certains sont toujours gravement malades. On priait pour eux, afin qu’ils s’en sortent de la situation. Il y en a qui sont gravement en détresse parmi les 12 blessés. D’autres ont des problèmes psychologiques. Tout était bien indiqué dans le papier que lisait Esther Omam, une militante de la société civile», indique Atim Taneform, une humanitaire qui a également lu un discours ce jour-là.

Après une petite prière et quelques mots, Esther Omam a alors déroulé la liste des 19 victimes (morts et blessés). Elle a été talonnée sur l’estrade par Atim Taneform qui a été choisie ici pour délivrer le message des femmes porté par l’Ong ‘’She Build Peace’’.

«Dans le papier de Esther Omam, il y avait tout. Le type de blessure ; l’âge des enfants. C’était clairement indiqué qu’il s’agissait des noms des morts et des blessés. Il y avait tellement de bruits et d’émotions. Les gens criaient. Le préfet venait d’arriver sur les lieux»,

note Atim Taneform. Elle précise qu’elle a pris part à cette manifestation en tant qu’individu et pas au nom de son organisation.

Dans un autre tweet, l’auteure de la publication qui prête à confusion poste une photo d’elle avec Franck Foute. Elle indique avoir rencontré ce journaliste de Jeune Afrique sur le terrain à Kumba. « nous avons pu marcher côte à côte avec la douleur… C’était dur ! », écrit -t-elle.

« Il n’y a pas 19 corps à la morgue »

La liste des élèves morts et décédés communiquée à la suite de l’attaque du collège Mother Francisca International Bilingual Academy de Kumba le 24 octobre 2020. Source: Crtv.cm

Franck Foute que nous avons eu au téléphone le lendemain de la célébration du deuil national est formel. « Je peux confirmer qu’il y a sept corps à la morgue de Kumba. Pas plus. Certains blessés sont sortis. J’ai échangé avec des sources médicales et des journalistes qui étaient là lorsqu’on admettait les corps à la morgue. Il n’ y a pas dix neuf corps à la morgue», soutient le journaliste de Jeune Afrique.

En rappel, l’attaque du collège Mother Francisca International Bilingual Academy sis au quartier Fiango à Kumba, dans la région du Sud-ouest, a fait six morts sur le champs, soit cinq filles et un garçon. Une autre élève a rendu l’âme à l’hôpital. Des victimes âgées entre 9 et 12 ans. Les cadavres ont été déposés à la morgue de l’hôpital de district de Kumba. Les blessés ont été conduits à l’hôpital Mayemene Annexe de Kumba, à Buea et à Mutengene.

Mathias Mouendé Ngamo

Non, cette image présentant des squelettes humains n’a pas été prise au Cameroun

Une image en circulation depuis quelques jours sur la toile présente des restes humains en décomposition. D’après la légende, il s’agit du démantèlement d’un réseau de trafiquants d’ossements humains à Douala.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON

Une recherche inversée d’image sur TinEye renvoie à un article illustré de  plusieurs images de cadavres en état de décomposition avancée. Ledit article indique qu’il s’agit d’une inhumation de masse de cadavres non réclamés initiée par l’hôpital public d’Ota, dans l’Est de l’Etat d’Ogun au Nigeria en 2013. L’article qui se résume en une seule phrase présente essentiellement des photographies de cet évènement. Il y a au total huit images. On y découvre des corps décomposés. Une photographie montre des cadavres entassés les uns sur les autres.

Une recherche sur Google avec les mots clés en anglais «hospital Ota burial corpses Ogun State » (hôpital d’Ota inhumation de cadavres dans l’Etat d’Ogun) renvoie à un article plus explicite sur les circonstances et la date. Dans ce lien de février 2014, le directeur de l’hôpital d’Ota indique que la formation sanitaire a enregistré 150 cadavres non réclamés en 2013. En raison de l’espace insuffisant dans la morgue, les corps ont été enterrés en masse les 22 et 23 mars 2013. Le directeur explique que ces cadavres comprenaient des suspects de vols à main armée tués par la police et des victimes d’accidents.

Ce n’est pas la première fois que cette image est utilisée hors contexte. Une autre recherche inversée avec l’image de départ est faite cette fois-ci sur Google Images. Dans chacun des onglets de redirection, comme ici, ici et ici, l’image des corps décomposés réapparait. Mais les différents articles évoquent cette fois l’arrestation d’un féticheur togolais interpellé par les forces de l’ordre. Les articles indiquent que le célèbre féticheur a été pris avec 2000 corps séchés, 500 cadavres de personnes enterrées vivantes et d’innombrables squelettes. Toutes ces publications reprenant l’image factcheckée datent seulement de juillet 2020, soit sept ans après l’apparition de cette image sur internet dans l’article cité plus haut et qui situe bien la photographie en 2013.

En dessous de l’image en gros plan soumise à Stopintox pour vérification, on peut apercevoir une autre photographie en miniature dans laquelle des hommes arborent des masques de protection. Sur ce lien obtenu lors de la recherche inversée, on retrouve la vidéo dans laquelle la capture d’écran de cette image a été réalisée. Une séquence de cette vidéo est également en circulation sur WhatsApp depuis quelques jours au Cameroun et situe les faits à Douala. 

Dans l’article en ligne, la vidéo qui totalise plus de 700 vues postée en tweet embarqué provient en fait du compte @tonikusi partagée le 7 juillet 2020. Sous les commentaires en bas du post, l’un des internautes relève qu’il s’agit cette fois encore d’une image utilisée hors de son contexte. Selon l’utilisateur @IsimaOdeh,

« cette vidéo est celle d’un Kidnappeur qui s’est fait passer pour un pasteur. Il a été arrêté et cela a fait les manchettes de Une des journaux il y a plusieurs semaines », poste-t-il.

Une capture d’un article de Bbc.com en langue pidgin (une sorte d’anglais argotique) du 30 juin 2020 indique que la police de l’Etat de River au Nigeria a déterré quatre cadavres dans le domicile d’un présumé tueur en série et kidnappeur à Umuebulu Etche.

Capture d’écran article BBC News en Pidgin.

Dans sa confession, Antohony Ndubuisi, le présumé tueur, a avoué avoir kidnappé et tué plusieurs personnes dont trois étrangers, des togolais et un nigérian, peut-on lire dans l’article en question. On retrouve également en illustration de l’article la photo du présumé tueur ligoté sur une chaise en plastique. On reconnait l’accoutrement et le décor. C’est le même monsieur que l’on voit dans cette vidéo en circulation sur la toile, où il est tantôt présenté comme un riche homme d’affaires trafiquant d’ossements humains à Douala au Cameroun, tantôt comme un féticheur togolais arrêté avec dans son domicile 2000 corps séchés, 500 cadavres de personnes enterrées vivantes et d’innombrables squelettes.

Non, le deuxième gendarme victime d’agression à l’agence de voyage Finexs n’est pas mort

Depuis dimanche 26 juillet 2020, la nouvelle selon laquelle le deuxième gendarme qui était entre la vie et la mort suite aux événements tragiques qui se sont déroulés à l’agence de voyage Finexs à Douala est décédé.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON

Le post avec pour titre ‘’100 FCFA News’’ fait sur N’zui Manto Officiel, une page Facebook qui comptabilise plus de 8.834 personnes abonnées a enregistré 792 réactions, 840 commentaires et 959 partages en trois jours.

Plusieurs tweets parmi lesquels celui-ci ‘’ meurtre à finexs, le deuxième gendarme est décédé’’ attribuant l’information à la chaine de télévision STV ont également été viraux sur le réseau social Twitter et sur WhatsApp.

Dans la journée du lundi 27 juillet, le chef de Division de la communication au ministère de la Défense a publié une capture de la page Facebook qui a véhiculé la nouvelle avec un cachet portant la mention « fake news ministère de la défense. »

Contacté par stopintox, un personnel soignant au sein de l’hôpital de la garnison militaire de Douala, où le gendarme major Aubin Youle Yatcho est sous soin depuis la nuit du 22 juillet 2020, (jour de l’agression) est péremptoire : « Il n’est pas mort». Nous allons également apprendre que le gendarme ne reçoit pas de visite et sa chambre est gardé 24h/24.

Rendu à la brigade des recherches de Douala 1er, située au sein de la Légion de gendarmerie du Littoral à Bonanjo, le commandant de la brigade de recherches, Oscar Bakoa, qui dirige l’enquête sur l’agression et le meurtre d’un des deux gendarmes, est rassurant. « Il est en vie et gloire à Dieu, il va bien », précise ce dernier.

Finexs scellé, les assasins aux arrêts

Pour rappel, dans la nuit du 22 au 23 juillet 2020, une altercation éclate entre deux gendarmes et les employés de l’agence de voyage Finexs à Douala. Le personnel de l’agence réclame 100 Fcfa à ces derniers, frais représentant l’utilisation des toilettes par l’un des gendarmes. Faute de monnaie, une violence verbale va éclater entre ces derniers pour se transformer en violence physique. Dans la rixe, un des agresseurs va frapper l’un des gendarmes avec une latte et le maréchal des logis Armel Joseph Liem Pime va rendre l’âme sur place. Son corps est gardé à la morgue de l’hôpital de la garnison. Son collègue d’infortune Aubin Youle Yatcho aura plus de chance. Il est interné au sein du même hôpital militaire à Bonanjo.

Sur la page facebook de la Gendarmerie nationale du Cameroun, on peut lire que les deux gendarmes « en service à la Direction Technique et Logistique de la Gendarmerie Nationale, se trouvaient à Douala pour des raisons professionnelles, de retour d’une mission commandée.»

Selon le commandant de brigade de recherches de Douala 1er, l’enquête suit son cours. L’agence de voyage Finexs est scellée pour 8 jours à compter du 25 juillet par un arrêté du préfet du département du Wouri. Une mesure conservatoire en attendant la décision du ministre des Transports. Plusieurs employés de la compagnie sont en détention et celui qui a donné le coup mortel a déjà été mis aux arrêts. 

Non, cette vidéo dans laquelle une jeune fille tombe dans l’eau n’a pas été prise au Cameroun

Depuis quelques jours, une vidéo virale sur la toile montre une jeune fille filmée en train de danser près d’un cours d’eau. Elle se retrouve au fond du fleuve après un faux pas. D’après les internautes, cette image a été prise à la base navale à Douala au Cameroun.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON .

La vidéo postée sur un compte Twitter sous forme interrogative le 07 juillet 2020 a enregistré plus de 7000 vues en 72 h, 165 retweets et 82 commentaires. D’après le message qui accompagne cette vidéo de 09 secondes, il s’agirait d’une étudiante qui s’est rendue à la base navale de Douala avec des amies. « Jusqu’à présent, le corps est introuvable », relève le post.

Capture d’écran du post en circulation depuis quelques jours sur la toile.

Après avoir réalisé des captures d’écran sur ladite vidéo, Stopintox a procédé à une recherche d’images inversée sur Tineye. Le résultat renvoie à plusieurs posts sur le réseau social Twitter avec la même vidéo mais publiée il y a deux ans, soit le 23 mars 2018. On peut le voir ici, ici et ici

A chaque légende au-dessus de la vidéo qui a comptabilisé des milliers de vues et de nombreuses interactions, le mot Ivosho revient. « Beware of Ivosho !!! Dont just vosho guys!!! », lit-t-on au-dessus d’une des publications. Traduction approximative en français : « faites attention à l’Ivosho. Ne faites pas le Vosho les gars».

Le mot clé « Ivosho » rentré dans le moteur de recherche Google redirige vers plusieurs liens qui présentent ce concept comme une danse populaire sud-africaine. On apprendra d’ailleurs que ladite danse peut tout aussi être appelée Vosho. Le danseur qui l’exécute doit effectuer des mouvements de corps dans lesquels il tend une jambe et se rabaisse à chaque fois en prenant appui sur ses genoux.

En remontant les commentaires sous les posts des publications y relatives sur Twitter, Stopintox a également découvert une capture d’écran postée par un internaute sud-africain, qui indique que la jeune fille s’en est tirée. L’image présente celle-ci qui remonte sur le rivage. Les vêtements et le décor identiques à ceux de la vidéo peuvent attester de l’authenticité de cette information. Le corps de la jeune fille ne serait donc pas introuvable, tel qu’indiqué dans les messages en circulation sur la toile depuis quelques jours.

Sur une autre capture d’écran de téléphone partagée sur Twitter et montrant la jeune fille sortie des eaux, on peut également observer dans le coin supérieur gauche du mobile, le sigle de l’opérateur de téléphonie mobile du pays: MTN SA. Il s’agit de l’entreprise Mobile Telecommunication Network, South Africa (Mtn Afrique du Sud). Une indication pour établir que le lieu de tournage de la vidéo est l’Afrique du Sud.

Contacté par Stopintox, Uluyanda Gama, un internaute sud-africain qui a partagé une des images montrant la fille sortant des eaux a indiqué que

« ça s’est passé effectivement en Afrique du Sud. Très probablement dans la province du Kwazulu Natal, si on s’en tient à l’accent des filles dans la vidéo ».

L’internaute qui réside en Afrique du Sud relève que les filles dans la vidéo s’expriment en zulu. Il s’agit de la langue officielle d’Afrique du Sud.

Non le chef de Minkan qui a fait savoir que le don du chef de l’Etat ne l’intéresse pas n’a pas été destitué

Des articles et posts ont inondé la toile le samedi 22 mai 2020 indiquant que le chef du village Minkan, dans la région du Sud du Cameroun, a été destitué par un sous-préfet.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est: NON

D’après les nouvelles en circulation, Evina Engoto, présenté comme le chef traditionnel de Minkan, a été déposé par l’autorité administrative pour avoir émis un avis défavorable sur le don du chef de l’Etat.

Un internaute sollicite que Stopintox se penche sur ce sujet.

Les articles qui relaient cette information font ainsi référence à la vidéo qui a fait le tour de la toile il y a une semaine. « Un sous-préfet humilie et finalement destitue un chef traditionnel », rapportent plusieurs sites internet camerounais.

Alertée par un internaute, l’équipe de Stopintox s’est penchée sur le sujet et a constaté que plusieurs éléments dès le départ n’étaient pas avérés.

Les articles parlent d’un sous-préfet. Ce n’est pas exact car le don du chef de l’Etat pour lutter contre la Covid-19 avait été restitué le 14 mai 2020 à l’esplanade de la sous-préfecture d’Ebolowa 1er par le préfet du département de la Mvila lui-même, Marie Sylyac Mvogo. Sur la vidéo on s’aperçoit bien que l’autorité administrative porte deux étoiles sur ses épaulettes. Ce qui donne une idée claire sur son grade car au Cameroun, les sous-préfets portent une étoile à l’épaulette, les préfets deux et les gouverneurs trois étoiles.

Pour en avoir la certitude, nous avons contacté Anicet Siesther Essiane, journaliste exerçant dans la région du Sud et ayant couvert cette remise de don pour le compte de son média. Il nous fait savoir que c’est le préfet lui-même qu’on aperçoit dans la vidéo et ajoute que la cérémonie a eu lieu à Ngalane, place des fêtes de l’arrondissement de Ebolowa 1er.

L’autre information erronée est celle qui fait passer Evina Engoto pour le chef de Minkan. Le chef de Minkan a depuis été identifié et il s’agit bien de Sa Majesté Bang Bang Calvin. Il est un chef traditionnel de 3ème degré. Rien à voir avec Evina Engoto, tel que publié partout sur les réseaux sociaux. Ce dernier est le représentant du parti politique le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) dans la zone. Joint au téléphone, Sosthène Médard Lipot le secrétaire national à la communication du MRC fait savoir que Evina Engoto est le secrétaire de fédération départementale du MRC dans la Mvila.

Par contre, le document qui serait à l’origine de la confusion est l’interdiction d’une manifestation de Survie Cameroun par le sous-préfet d’Ebolowa 1er. Dans cette décision administrative, le chef de terre interdit « les manifestations programmées le mercredi 20 mai 2020 dans la ville d’Ebolowa et ses environs par Monsieur EVINA ENGOTO et ses amis mandataires de l’initiative fantôme Survie Cameroun ». Le nom Evina Engoto qui apparait dans ce document a été interprété à tort comme celui du chef de Minkan.

Copie de la décision signée par le sous-préfet d’Ebolowa 1er.

Le chef de Minkan n’a pas été destitué

 « Le chef de Minkan n’a jamais été destitué, encore moins inquiété. La destitution est l’objet d’une procédure, mais pas aussi simple et rapide que vous le croyez. Du sous-préfet au préfet, du préfet au gouverneur et du gouverneur au ministère de l’Administration territoriale qui signe l’acte de destitution si destitution il y a », analyse Anicet Siesther Essiane, journaliste exerçant dans la région du Sud. Et c’est logiquement qu’il nous rappelle que le 21 mai était un jour férié et qu’aucun acte administratif ne peut avoir été pris.

Contacté par StopIntox dimanche 24 mai 2020, le sous-préfet d’Ebolowa 1er, Akondi Elvis Mbahangwen, confirme cet avis du confrère journaliste.

« C’est un fakenews. Le chef de Minkan, Sa Majesté Bang Bang Calvin, exerce ses activités dans son village sans problème. Le préfet n’a rien contre lui. Moi non plus », précise le sous-préfet d’Ebolowa 1er.

Revenant sur la cérémonie de remise de dons du président de la République, point de départ de la vidéo virale, il note que le seau remis au chef de Minkan était une entité à titre symbolique dans le package à lui destiné.  « Le préfet a choisi une entité. Le chef a accepté le don. Il a d’abord hésité, parce qu’aux précédents récipiendaires, le préfet a remis des seaux avec robinets. Le préfet a fait des observations en blaguant. Il n’a pas l’intention de le faire. Nous sommes un Etat de droit et chacun a la liberté d’expression. Le chef est en place et on le soutient. C’est un chef courageux. Il n’a pas peur d’exprimer ses sentiments », explique Akondi Elvis Mbahangwen.

Rencontre entre le préfet et le chef de Minkan ce 25 mai

L’autorité administrative fait savoir d’ailleurs qu’avec toute cette agitation sur la toile, le chef de Minkan a été appelé à rencontrer le préfet du département de la Mvila à Ebolowa ce lundi 25 mai 2020. « C’est pour le rassurer. Avec tout ce qui se passe sur les réseaux sociaux, le chef peut prendre peur », relève le chef de terre.

Oui des pylônes portant des caméras de surveillance sont implantés sur une chaussée en chantier à Bafoussam

La photo a fait le tour des médias sociaux : Twitter, Facebook et surtout la messagerie whatsApp. Chaque transfert ou post est accompagné d’interrogations sur l’emplacement «insolite» desdits pylônes.

Ces Pylônes sont-ils réellement sur la voie à Bafoussam? Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : OUI Explication.

Cette traversée urbaine est en travaux. Elle est dans le bloc des travaux de réhabilitation de la route Yaoundé-Bafoussam-Babadjou plus précisément sur le lot 3, tronçon Tonga-Bafoussam-Babadjou, long de 110,242 km.

Pylônes sur la route Yaoundé-Bafoussam Babadjou

Contacté par l’équipe de stopintox, le directeur général de l’entreprise China Railway Engineering Corporation, CREC, l’entreprise chinoise qui a gagné l’appel d’offres pour les travaux de réhabilitation de cette route confirme la présence des pylônes de camera sur la chaussée. « Exactement! Sur le chantier il y a les poteaux de camera. Nous avons travaillé ainsi parce que nous avons des délais à respecter. Le chef de projet a dit qu’il ne peut pas attendre les discussions avec le sous-traitant qui a géré le projet pour le délogement de ces poteaux parce que ça va faire perdre beaucoup de temps. Nous avons choisi d’avancer. En ce moment le sous-traitant a déjà envoyé les coûts au maitre d’ouvrage et n’attend que l’ordre de service. Si celui-ci est validé, nous allons déplacer les pylônes avec le sous-traitant », précise le directeur général de CREC que traduit Tony, le traducteur de l’entreprise.

Les pylônes seront déplacés

A la question de comment cette situation a pu arriver, Elie MBA, le Délégué Régional des Travaux publics de la région de l’Ouest explique que cette traversée urbaine a les objectifs de la CAN 2021 qui lui sont assignés et donc une contrainte de temps. « Nous sommes en retard sur le mois de décembre qui avait été annoncé pour la pose de la dernière couche de grave bitume. Nous ne pouvions donc pas attendre. Si on le faisait, les objectifs de la CAN 2021 assignés au projet allaient être battus en brèche et là, on parle des engagements internationaux du gouvernement », précise le maître d’ouvrage.

Le projet qui va de l’entrée de la ville de Bafoussam pour la sortie au niveau du Camp militaire, consiste à élargir la chaussée. «Il y a des sections où on a juste une seule voie. On va élargir pour avoir des 2×2 voies. En élargissant certains ouvrages qui étaient hors emprise se retrouvent sur l’emprise. L’idéal est toujours de déplacer avant mais là nous sommes tenus par le temps », indique Elie MBA.

Zone sécurisée

La route est ouverte à la circulation mais ne comporte aucun risque. La zone avec les poteaux de camera est bien sécurisée et la signalisation bien présente. Selon le directeur général de CREC et le maître d’ouvrage, le processus pour déplacer les pylônes de camera entamé depuis juin 2019 est suffisamment avancé à ce jour. L’entreprise Huawei, sous traitant de la Délégation Générale de la Sureté Nationale qui a installé les pylônes n’attend plus que la signature de l’ordre de service pour le déplacer.

Au cours de ce travail, nous avons appris que c’est la libération des emprises qui est la cause majeure des retards observés dans la réalisation des projets. Eneo, Camwater et Camtel sont pointées du doigt.

Non, l’enseignante bastonnée par un militaire à Bafoussam n’est pas morte

Une information en circulation sur les réseaux sociaux au Cameroun indique qu’un militaire a bastonné une enseignante à l’Ecole publique du «Garage militaire » à Bafoussam, parce que cette dernière avait puni son fils pour devoirs non faits. Après recoupage, l’information est avérée. Mais selon certains posts sur la toile, l’enseignante de Ce2 a rendu l’âme après son admission à l’hôpital régional. Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON

Les faits se sont déroulés peu avant 9h jeudi 19 septembre 2019. Louisette Teualen, enseignante en classe de Cours élémentaire deuxième année (Ce2) à l’école publique du « Garage Militaire » à Bafoussam, a été pris à partie par l’homme en tenue. Des collègues de l’enseignante rapportent que le militaire est arrivé avec sa femme. Cette dernière est restée dans la cour de l’établissement scolaire. Après avoir brutalisé le vigile en faction, le militaire s’est ensuite dirigé vers le premier niveau du bâtiment qui abrite la classe de Ce2.

«Il a frappé sa tête contre le mur»

«Il s’est adressé à la maitresse en disant :’’madame, venez’’. Puis, il l’a attrapée par les cheveux, lui a appliqué plusieurs gifles, a frappé sa tête contre le mur, puis a serré sa gorge avec ses mains. Etouffée, l’enseignante est tombée et s’est évanouie», rapporte Christiane Likound, la secrétaire générale du Syndicat national indépendant de l’Education de Base (Snieb), visiblement très remontée.

Sur la vidéo qui circule en ligne, on voit l’enseignante allongée à même le sol après l’agression. Elle suffoque. Ses collègues autour d’elle essaient d’appliquer les gestes de premier secours.

Alertée par les cris des élèves, une maitresse voisine se rapproche pour s’enquérir de la situation. Elle reçoit des coups. Anne Kadji, la directrice de l’école, interpellée à son tour sera repoussée dans les escaliers par l’homme en tenue qui prend la fuite. Elle se rend aussitôt à la gendarmerie. Mais elle est rappelée d’urgence. Louisette Teualen, l’enseignante de Ce2 violemment tabassée, a besoin d’être conduite à l’hôpital. L’infortunée est admise aux urgences de l’hôpital régional de Bafoussam.

L’époux sous le choc

Peu de temps après son admission une nouvelle en circulation sur la toile a fait état de son décès. Non, l’enseignante n’a pas rendu l’âme. «La maitresse est sortie de l’hôpital hier (vendredi) vers 18h. Elle ne se sent pas bien, mais elle parle. Je suis actuellement chez elle. Elle doit passer un scanner lundi, car sa tête a été frappée contre le mur », a indiqué la directrice de l’école, jointe par Stopintox samedi 21 septembre, à 11h01. L’époux de Louisette Teualen et deux de ses enfants, tous du corps médical, veillent sur son état en attendant le rendez-vous.

Contacté ce lundi matin, l’époux de la maîtresse a indiqué qu’elle allait « un peu bien». Il fait savoir qu’il reste très choqué par l’acte commis par le militaire.

«Qu’elle soit malade ne soit pas un problème. Je suis médecin. Je peux gérer. Mais ce qui me dépasse et me fait mal plus que la maladie, plus que tout, c’est le fait que quelqu’un aille taper sur mon épouse dans sa sale de classe, devant ses élèves. Il m’a humilié», se désole le médecin, d’une voix enrouée.

Récidiviste

A la question de savoir s’il a porté plainte, le mari de l’enseignante répond par la négative. « Je n’ai pas la force pour faire le tribunal. Mais je n’empêche pas à d’autres de le poursuivre pour défendre les autres enseignants ».

Au Snieb, on indique que le colonel du 6ème Bataillon a affirmé que le militaire indélicat a été placé en cellule. «Le syndicat a rédigé une lettre d’intervention adressée au gouverneur de la région de l’Ouest pour que des sanctions soient prises», fait savoir Christiane Likound. Qui relève que le militaire est coutumier du fait. L’année dernière, il a agressé un autre enseignant du Cours moyen deuxième année (Cm2) dans cette même école, dans les mêmes circonstances.

Non, le camion de planches qui s’est renversé au carrefour Ndokoti (Douala) n’a pas fait de mort

Une semi-remorque transportant des débités de bois s’est renversée au carrefour Ndokoti à Douala dans la mi-journée du samedi 27 juillet 2019. Aussitôt, des images et vidéos de cet accident ont circulé sur les réseaux sociaux. Les auteurs des posts ont annoncé un bilan « très lourd » avec plusieurs morts sur le carreau.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON

La semi-remorque en provenance de la zone industrielle de Bassa se rendait au Port de Douala pour décharger la cargaison à bord d’un bateau. L’incident s’est produit autour de 12h. Le véhicule immatriculé OUTR 098 AA a mal négocié le virage qui donne au tunnel. L’état de dégradation de la route n’aidant pas, la semi-remorque s’est retrouvée inclinée et la marchandise s’est déversée sur la chaussée. Mais contrairement aux posts en circulation sur les réseaux sociaux, aucune perte en vies humaines n’a été enregistrée, ni de blessées.

Les gendarmes de la brigade de recherches n°2 de Douala, arrivés sur les lieux peu après l’accident pour le constat, font savoir que les usagers de la route ont été alertés par de petits craquements avant l’incident.

«Ce n’est pas tombé d’un trait. Il y a d’abord eu un signalement. Les gens ont eu le temps de fuir. Certains qui se sentaient coincés ont abandonné leur moto. Même les commerçantes installées en bordure de route y ont échappé. Au final, il y a eu trois motos détruites et un véhicule personnel partiellement endommagé», rapporte la gendarmerie.

Le véhicule endommagé a été parqué dans la cour de la brigade territoriale de Ndogbong, où une enquête a été ouverte. Herman Tandjo, le conducteur de la semi-remorque, soutient que l’état de la route et l’embouteillage sont les causes de cet incident. A 15h samedi, l’automobiliste s’apprêtait à recharger la marchandise sur le véhicule et poursuivre son trajet vers la destination finale, le Port de Douala.  

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