Fact-checking : Voici les étapes pour mener à bien sa vérification

Le 27 septembre dernier, un Webinaire sur comment faire du le fack-checking et le valoriser sur les réseaux sociaux s’est tenu dans le but d’édifier notamment sur les procédures de vérification de l’information. Astuces et modes de financement possible.

L’échange a été organisé par Les Surligneurs France et Belgique spécialisé dans le « Legal Checking »  et Datagora, un média français visant à lutter contre la désinformation sur les statistiques sous la modération d’Annie Payep-Nlepe, fondatrice de Stopintox, média camerounais de lutte contre les fake news.

Visuel du webinaire organisé le 27 septembre 2022 sur « comment faire du factcheking et le valoriser sur les réseaux sociaux »

Les organisateurs sont partis du constat que la propagation des fausses nouvelles est de plus en plus récurrente et les personnes engagées contre ce fléau ne savent pas toujours comment faire pour valoriser leurs vérifications en ligne. Il était aussi question d’édifier sur la procédure et la déontologie du fack-checking.

La vigilance de mise

Le process du fact-checking ne diffère pas de celui des médias. Il se fait juste avec plus de vigilance.  <<Le point de la vigilance quand on fait du fack-checking c’est laisser la possibilité aux lecteurs de pouvoir vous écrire et dire qu’ils ne sont pas en accord avec ce que vous avez écrit ou que vous vous êtes trompés et vous avez l’obligation de leur répondre>> précise Vincent Couronne Directeur de publication et formateur de les Surligneurs

Cela oblige le média ou le journaliste de faire une correction si besoin et restituer la vraie information et de l’annoncer aux lecteurs. <<Chez nous les Surligneurs nous avons fait en sorte qu’en bas de chaque article il ait une adresse ou un formulaire que les lecteurs peuvent utiliser pour nous écrire >> renchérit Vincent Couronne.

Hormis ce point de vigilance, le reste de la procédure comprend :

– La détection de l’objet à vérifier ( propos, infos et autres)

– Les discussions avec les membres de l’équipe

– La rédaction de l’article

– La relecture par un expert si possible (en fonction du sujet) et par le directeur de rédaction

– Le contact de la personne dont le propos a été vérifié Enter en contact avec la personne Factchekée est une des obligations déontologique du factcheckeur. C’est la méthode TORF expliquée par Vincent Couronne comprend la transparence, l’objectivité, la réplicabilité et la fiabilité

– La relecture

– la publication

Capture écran présentation webinaire

A ces étapes il faut prévoir les remarques des lecteurs et des modifications en cas de besoin avec republication et partage sur les plateformes du média. Dans l’article, le lecteur doit pouvoir constater la correction.

A côté de cette procédure à respecter il a aussi été question de savoir choisir son format en fonction de ses objectifs ou des plateformes visées. Les contenus peuvent être visuels, vidéos, ou audio. Toujours bien les choisir pour donner un bel écho à sa vérification. Plusieurs formats existent pour faire du fack-checking à savoir : l’infographie, le fack-check, les podcasts… Mais, le plus classique c’est le fact-check. C’est un article qui vérifie les propos d’une personnalité ou un post sur les réseaux sociaux. Ils ont des insignes qui montrent si l’information est vraie ou fausse.

Donner de la visibilité à ses vérifications

L’autre aspect de la discussion a porté sur comment valoriser ce travail de vérification sur les réseaux sociaux de manière à leur donner de la portée.

Là-dessus, Timothée Gidoin co fondateur de Data Gora donne deux conseils majeurs. Tisser des partenariats avec les influenceurs et médias ayant une forte visibilité et adapter les formats aux plateformes utilisées. Il fait savoir qu’on pourra ainsi adapter l’article écrit en quelque chose de plus imagé/illustré. << Nous faisons travailler des graphistes spécialisés dans l’animation avec nos journalistes. Ils mettent des effets dynamiques qui permettent normalement de faire en sorte que le rendu soit réussi >> précise t-il.

Comment financer son média de factcheking ?

Le modèle de financement du fack-checking n’est pas encore stable d’après les échanges. Il y’a deux cas de figures. Des fack-checkeurs qui sont une rubrique d’un média déjà existant et des médias de fack-checking spécialisés dans la lutte contre la désinformation. << c’est difficile pour un media qui fait uniquement du fack-checking de vivre seulement sur l’abonnement. La plupart du temps ça ne fonctionne pas>>.  Confie Vincent Couronne.

Les intervenants ont toutefois partagé quelques tuyaux. Comme il s’agit d’une activité d’un intérêt particulier depuis quelques années, il existe des financements ciblés comme l’OIF, la Commission européenne (DG Connect, Regio, Connecting Europe Facility…) mais aussi des initiatives privées : comme European Media and Information Fund, Google News Initiative, Meta, Tik Tok, Open Society, etc. Vincent Couronne de « Les Surligneurs » de partager une dernière astuce « Pour rester indépendant il faut éviter d’avoir un financement qui va à plus de 25% ».

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