Author Archives: Mathias Mouende

Non, cette image présentant des squelettes humains n’a pas été prise au Cameroun

Une image en circulation depuis quelques jours sur la toile présente des restes humains en décomposition. D’après la légende, il s’agit du démantèlement d’un réseau de trafiquants d’ossements humains à Douala.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON

Une recherche inversée d’image sur TinEye renvoie à un article illustré de  plusieurs images de cadavres en état de décomposition avancée. Ledit article indique qu’il s’agit d’une inhumation de masse de cadavres non réclamés initiée par l’hôpital public d’Ota, dans l’Est de l’Etat d’Ogun au Nigeria en 2013. L’article qui se résume en une seule phrase présente essentiellement des photographies de cet évènement. Il y a au total huit images. On y découvre des corps décomposés. Une photographie montre des cadavres entassés les uns sur les autres.

Une recherche sur Google avec les mots clés en anglais «hospital Ota burial corpses Ogun State » (hôpital d’Ota inhumation de cadavres dans l’Etat d’Ogun) renvoie à un article plus explicite sur les circonstances et la date. Dans ce lien de février 2014, le directeur de l’hôpital d’Ota indique que la formation sanitaire a enregistré 150 cadavres non réclamés en 2013. En raison de l’espace insuffisant dans la morgue, les corps ont été enterrés en masse les 22 et 23 mars 2013. Le directeur explique que ces cadavres comprenaient des suspects de vols à main armée tués par la police et des victimes d’accidents.

Ce n’est pas la première fois que cette image est utilisée hors contexte. Une autre recherche inversée avec l’image de départ est faite cette fois-ci sur Google Images. Dans chacun des onglets de redirection, comme ici, ici et ici, l’image des corps décomposés réapparait. Mais les différents articles évoquent cette fois l’arrestation d’un féticheur togolais interpellé par les forces de l’ordre. Les articles indiquent que le célèbre féticheur a été pris avec 2000 corps séchés, 500 cadavres de personnes enterrées vivantes et d’innombrables squelettes. Toutes ces publications reprenant l’image factcheckée datent seulement de juillet 2020, soit sept ans après l’apparition de cette image sur internet dans l’article cité plus haut et qui situe bien la photographie en 2013.

En dessous de l’image en gros plan soumise à Stopintox pour vérification, on peut apercevoir une autre photographie en miniature dans laquelle des hommes arborent des masques de protection. Sur ce lien obtenu lors de la recherche inversée, on retrouve la vidéo dans laquelle la capture d’écran de cette image a été réalisée. Une séquence de cette vidéo est également en circulation sur WhatsApp depuis quelques jours au Cameroun et situe les faits à Douala. 

Dans l’article en ligne, la vidéo qui totalise plus de 700 vues postée en tweet embarqué provient en fait du compte @tonikusi partagée le 7 juillet 2020. Sous les commentaires en bas du post, l’un des internautes relève qu’il s’agit cette fois encore d’une image utilisée hors de son contexte. Selon l’utilisateur @IsimaOdeh,

« cette vidéo est celle d’un Kidnappeur qui s’est fait passer pour un pasteur. Il a été arrêté et cela a fait les manchettes de Une des journaux il y a plusieurs semaines », poste-t-il.

Une capture d’un article de Bbc.com en langue pidgin (une sorte d’anglais argotique) du 30 juin 2020 indique que la police de l’Etat de River au Nigeria a déterré quatre cadavres dans le domicile d’un présumé tueur en série et kidnappeur à Umuebulu Etche.

Capture d’écran article BBC News en Pidgin.

Dans sa confession, Antohony Ndubuisi, le présumé tueur, a avoué avoir kidnappé et tué plusieurs personnes dont trois étrangers, des togolais et un nigérian, peut-on lire dans l’article en question. On retrouve également en illustration de l’article la photo du présumé tueur ligoté sur une chaise en plastique. On reconnait l’accoutrement et le décor. C’est le même monsieur que l’on voit dans cette vidéo en circulation sur la toile, où il est tantôt présenté comme un riche homme d’affaires trafiquant d’ossements humains à Douala au Cameroun, tantôt comme un féticheur togolais arrêté avec dans son domicile 2000 corps séchés, 500 cadavres de personnes enterrées vivantes et d’innombrables squelettes.

Non, cette vidéo dans laquelle une jeune fille tombe dans l’eau n’a pas été prise au Cameroun

Depuis quelques jours, une vidéo virale sur la toile montre une jeune fille filmée en train de danser près d’un cours d’eau. Elle se retrouve au fond du fleuve après un faux pas. D’après les internautes, cette image a été prise à la base navale à Douala au Cameroun.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON .

La vidéo postée sur un compte Twitter sous forme interrogative le 07 juillet 2020 a enregistré plus de 7000 vues en 72 h, 165 retweets et 82 commentaires. D’après le message qui accompagne cette vidéo de 09 secondes, il s’agirait d’une étudiante qui s’est rendue à la base navale de Douala avec des amies. « Jusqu’à présent, le corps est introuvable », relève le post.

Capture d’écran du post en circulation depuis quelques jours sur la toile.

Après avoir réalisé des captures d’écran sur ladite vidéo, Stopintox a procédé à une recherche d’images inversée sur Tineye. Le résultat renvoie à plusieurs posts sur le réseau social Twitter avec la même vidéo mais publiée il y a deux ans, soit le 23 mars 2018. On peut le voir ici, ici et ici

A chaque légende au-dessus de la vidéo qui a comptabilisé des milliers de vues et de nombreuses interactions, le mot Ivosho revient. « Beware of Ivosho !!! Dont just vosho guys!!! », lit-t-on au-dessus d’une des publications. Traduction approximative en français : « faites attention à l’Ivosho. Ne faites pas le Vosho les gars».

Le mot clé « Ivosho » rentré dans le moteur de recherche Google redirige vers plusieurs liens qui présentent ce concept comme une danse populaire sud-africaine. On apprendra d’ailleurs que ladite danse peut tout aussi être appelée Vosho. Le danseur qui l’exécute doit effectuer des mouvements de corps dans lesquels il tend une jambe et se rabaisse à chaque fois en prenant appui sur ses genoux.

En remontant les commentaires sous les posts des publications y relatives sur Twitter, Stopintox a également découvert une capture d’écran postée par un internaute sud-africain, qui indique que la jeune fille s’en est tirée. L’image présente celle-ci qui remonte sur le rivage. Les vêtements et le décor identiques à ceux de la vidéo peuvent attester de l’authenticité de cette information. Le corps de la jeune fille ne serait donc pas introuvable, tel qu’indiqué dans les messages en circulation sur la toile depuis quelques jours.

Sur une autre capture d’écran de téléphone partagée sur Twitter et montrant la jeune fille sortie des eaux, on peut également observer dans le coin supérieur gauche du mobile, le sigle de l’opérateur de téléphonie mobile du pays: MTN SA. Il s’agit de l’entreprise Mobile Telecommunication Network, South Africa (Mtn Afrique du Sud). Une indication pour établir que le lieu de tournage de la vidéo est l’Afrique du Sud.

Contacté par Stopintox, Uluyanda Gama, un internaute sud-africain qui a partagé une des images montrant la fille sortant des eaux a indiqué que

« ça s’est passé effectivement en Afrique du Sud. Très probablement dans la province du Kwazulu Natal, si on s’en tient à l’accent des filles dans la vidéo ».

L’internaute qui réside en Afrique du Sud relève que les filles dans la vidéo s’expriment en zulu. Il s’agit de la langue officielle d’Afrique du Sud.

NON, la page «Ernest Obama Officiel » n’est pas celle de l’ex-DG de Vision 4

Depuis quelques jours, la Page «Ernest Obama Officiel » publie des messages attribués au journaliste éponyme, ex-collaborateur de la chaîne de télévision privée Vision 4. S’agit-il réellement de sa Page Facebook ?

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON

Les publications relayées sur cette Page Facebook sont partagées abondamment par plusieurs internautes. Des hommes de médias aussi. C’est le cas dans ce tweet de la journaliste Mimi Mefo qui rapporte un post publié sur ce compte, qui a enregistré 330 commentaires et 35 partages.

La dernière publication en date du 26 juin 2020 ( à 20h) sur cette page est un lien vidéo qui redirige vers Youtube. La séquence intitulée : « la vidéo du retour d’Ernest Obama à son domicile » a enregistré 224 commentaires et 146 partages. Plusieurs autres posts de ce compte attribués à Ernest Obama font état de ses déboires depuis quelques jours avec le promoteur de Vision 4, Amougou Belinga. Dans le fil d’actualité, on retrouve des photos du Pdg avec des messages comme : «Merci pour tout papa » ; « mon père » ; « On pardonne».

Capture d’écran du tweet de Mimi Mefo relayant un post de cette Page Fake.

On y retrouve aussi des rendez-vous médias sans grande précision du canal de diffusion, ni le programme concerné. Juste l’heure. Des images et revues de presse sur l’affaire qui a emmené le journaliste à être présenté chez le procureur Général près de la Cour d’Appel du Centre y sont également visibles.

Mais à l’observation, plusieurs indices permettent de douter de l’authenticité de ce compte attribué au journaliste Ernest Obama. Premièrement, il faut remarquer que la création de ce compte est récente. La première publication date du 18 juin 2020. Une date qui coïncide avec celle de l’interpellation de l’ex-directeur général de Vision 4 Tv.

L’onglet « A Propos » ne donne pas assez de détails sur le propriétaire de la Page. On y lit tout juste : « Bienvenue dans le journal de Ernest Obama ». Cependant en cliquant sur « Communauté », on peut remarquer que cette Page « Fake » a mobilisé très vite. En neuf jours d’existence seulement, la page a totalisé 5842 mentions « J’aime » et enregistré 6437 abonnés.

Une requête dans la barre de recherche Facebook avec les mots clés « Ernest Obama » renvoie vers des groupes de Fans club, mais aussi vers un autre compte qui apparait plus susceptible d’être le véritable compte de l’ex-Dg de Vision 4 Tv. Il est intitulé « Ernest Obama (officiel) sur la photo de couverture. Mais tout juste : Ernest Obama au-dessus des publications. Une légère similitude entre le nom sur la photo de couverture et le compte Fake.

Sur ce compte, la rubrique « A Propos » est plus fournie. Les champs Emploi et scolarité, Lieu de résidence, Anniversaire et autres détails y sont bien renseignés. Dans la liste des amis, on compte de nombreux hommes de médias et du monde de la Communication. La dernière publication dans le fil d’actualité remonte ici au 28 mai 2020 à 12h25. Il s’agit d’une photo du journaliste en séance d’interview avec le président de la République du Cameroun, Paul Biya.

« J’ai un seul compte. Celui-là n’est pas mon compte. Il faut le signaler. Mon compte c’est Ernest Obama. La dernière publication, photo avec le président de la République du Cameroun»,

a indiqué le journaliste Ernest Obama, contacté par Stopintox dans la soirée du vendredi 26 juin 2020.

Oui, la Sosucam recrute un infirmier diplômé d’Etat accoucheur

Un avis de recrutement en circulation dans les réseaux sociaux depuis quelques jours indique que la Société sucrière du Cameroun recherche un infirmier diplômé d’Etat accoucheur.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : OUI

L’appel à candidature en circulation en ligne fait savoir que le poste est à pouvoir aussi bien en interne qu’en externe. Le candidat retenu exercera dans l’entreprise Sosucam située à Mbandjock, à 100 Km de Yaoundé. Il bénéficiera d’un Contrat à durée déterminée (Cdd) et d’un rang d’agent de maîtrise.

Le document énumère les pièces à fournir à envoyer à l’adresse mail recrutement@sosucam.somdiaa.com au plus tard le 1er juillet 2020 à 17h. L’avis de recrutement est signé de Essomo André Sylvain, présenté comme le directeur des ressources humaines adjoint.

Rendu sur le site internet de Sosucam, filiale du groupe Somdiaa, ledit avis de recrutement n’est pas visible dans la sous-rubrique « Offres d’emploi ». Le dernier avis de recrutement ici publié date du 14 février 2020.

Sur le nom présenté comme celui du directeur des ressources humaines adjoint, une petite recherche sur le moteur de recherche Google avec les mots clés « Essomo André Sylvain » renvoie à deux références indicatives. La première est celle d’un compte Facebook rattaché à ce nom. On peut lire dans l’onglet « A Propos » ‘’A travaillé à Sosucam’’.

L’autre référence est un ” rapport de mission d’audit et appui à la démarche qualité” de Sosucam de 2005. Essomo André Sylvain y figure dans la liste des « Auditeurs qualité présents à la session de travail de Nkoteng »   

Document authentique

Avis de recrutement authentique en circulation sur la toile.

Même si l’avis de recrutement ne figure pas sur le site internet de cette entreprise du secteur agroalimentaire qui totalise 55 ans d’activité, il s’agit cependant d’un document authentique.  

« C’est une information. C’est une vraie offre. Tout ce qui y est dit est exact. Cette offre a d’ailleurs été publiée dans le journal Cameroon Tribune. Que les Camerounais intéressés postulent »,

a rassuré Barbara Melem, responsable de la Communication de Sosucam, jointe par Stopintox.

La responsable de la Communication confirme que Essomo André Sylvain qui signe le document daté du 18 juin 2020 en circulation sur la toile est bien le directeur des ressources humaines Adjoint de Sosucam. Elle rassure aussi que l’adresse électronique mentionnée dans cet avis est bien celle utilisée lors des recrutements.

NON, l’Oms n’a pas encore validé le Covid-Organics

Après un échange téléphonique entre le président malgache Andry Rajoelina et le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (Oms) mercredi 20 mai 2020, les commentaires de certains internautes vont dans tous les sens. Certains ont conclu à la validation par le gendarme mondial de la Santé, du Covid-Organics, le remède malgache proposé contre la Covid-19.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est: NON

Sur son compte Twitter peu après l’échange téléphonique, Dr. Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur de l’Oms a fait savoir que la discussion avec le président malgache s’est articulée sur la façon de travailler ensemble sur la recherche et le développement thérapeutiques. Il relève également qu’ils ont convenu que la solidarité est la clé pour lutter contre la pandémie et assurer la sécurité du monde. Sans plus.

Sur son compte Twitter, le président Rajoelina apporte un peu plus de détails sur le contenu des échanges. Il note que l’Oms signera un accord de confidentialité sur la formulation du Covid-Organics et appuiera les processus d’observations cliniques en Afrique.

Les deux sorties en ligne ont totalisé près de 800 Retweets pour 2700 Likes et une pléthore de commentaires. A lire les interventions des uns et des autres sur les différentes plateformes des réseaux sociaux, la confusion règne dans les esprits. Des interrogations et interprétations fusent sur le contenu de cet échange et la position réelle de l’Oms.

Capture d’écran d’un compte Twitter annonçant une validation de Covid-Organics par l’Oms

Après une petite recherche avec « Andry Rajoelina » comme mot clé, la séquence de l’appel en vidéoconférence entre les deux dirigeants a été retrouvée sur la page Facebook du président malgache. L’échange téléphonique entre Tedros Adhanom Ghebreyesus et le président Rajoelina dure près de dix minutes.

D’entrée de jeu, le directeur de l’Oms a félicité le chef de l’Etat malgache pour son engagement dans le domaine de la santé, son implication dans l’éradication de la rougeole sur l’île l’année dernière notamment. Il a de suite demandé la situation de la Covid-19 à Madagascar.

« Je serai heureux de travailler avec vous de toutes les manières possibles », a indiqué Dr. Tedros.

A Rajoelina de rappeler que Madagascar a élaboré un protocole de traitement, un protocole d’observation clinique et un protocole d’essais cliniques. Le pays a ainsi d’abord utilisé le traitement associant la chloroquine à l’azithromycine. Mais des effets indésirables sur les patients traités par ce protocole et un risque potentiel de toxicité ont été relevés. Les chercheurs ont alors exploré d’autres voies et moyens pour faire face à cette pandémie. Le Covid-Organics est ainsi né.

Accord de non divulgation

«Nous avons utilisé de l’artemisia ainsi que d’autres plantes médicinales malgaches. Nous proposons actuellement un troisième protocole, un essai clinique associant deux médicaments injectables. Nous avons échangé avec des chercheurs de l’Océan indien et des chercheurs aux Etats Unis »,

a relevé Rajoelina.

Capture d’écran échange en vidéoconférence entre le Dg de l’Oms et le président malgache

Et de poursuivre qu’« en réponse à cette invitation de l’OMS, nous acceptons de proposer le Covid-Organics et l’association des deux médicaments injectables en tant que médicament candidat dans le cadre d’une solidarité trial sous réserve de l’adoption  d’un accord de non divulgation sous la formulation d’abord du Covid-Organics que nous proposons actuellement ».   

L’Oms a répondu que l’accord de non divulgation pour le Covid-Organics sera signé et gardé confidentiel. Et au directeur de l’institution de rappeler qu’il existe une unité de médecine traditionnelle à l’Oms qui peut être impliquée pour aider Madagascar qui s’en sort déjà très bien, comparé à d’autres pays.

« Elle peut travailler avec vous pour vous aider à affiner les protocoles et vous aidez pour que vous réussissez les essais cliniques liés à cela. Vous aider qu’ils soient aussi scientifiques que possible pour que quand les résultats sortent, ils soient acceptables à l’échelle mondiale », a expliqué le DG de l’Oms.

Dr Tedros a demandé que les scientifiques malgaches soient mis en relation avec ceux de l’Oms pour qu’ils commencent à travailler. Ce n’est donc qu’après toutes ces étapes que l’Oms pourra émettre des recommandations sur le Covid-Organics qui n’a jusqu’ici pas été validé, tel que le confirme la cellule de communication de Oms Cameroun.

 « L’Oms n’a pas validé le Covid-Organic et ne l’a jamais recommandé ; mais l’Oms s’est proposée d’accompagner Madagascar dans l’étude clinique afin d’avoir des preuves scientifiques sur l’efficacité de ce produit », a indiqué à Stopintox la représentation de l’Oms au Cameroun, qui invite les internautes à apprendre davantage sur le processus de l’étude clinique.

Il y a quelques semaines encore, l’Oms prévenait les dirigeants de ne pas promouvoir sans tests scientifiques le Covid-Organics comme remède contre le Coronavirus. La mise en garde avait été faite par le Dr Matshidiso Moeti, responsable de l’Oms pour l’Afrique.

Non, le Port autonome de Douala ne recrute pas 135 gestionnaires de logistique et transport

Un avis de recrutement en circulation sur la toile indique que le directeur du Port autonome de Douala (Pad) a annoncé l’ouverture d’un recrutement de 135 gestionnaires chefs et gestionnaires adjoints à la Régie du terminal à conteneurs du port de Douala-Bonabéri.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON

Les documents en circulation portent en en-tête les logos du Port autonome de Douala (Pad) et de la Régie du terminal à conteneurs (Rtc). L’annonce indique que le Pad recherche pour les postes ciblés 85 candidats de niveau baccalauréat et 50 autres de niveau Bts. Des conditions à remplir pour être retenus et rejoindre l’équipe du Pad sont énumérées. Le 22 juin 2020 à 15h est noté comme la date limite du dépôt des dossiers.

Rendu sur le site internet du Port autonome de Douala le 17 juin, le dernier article publié dans la rubrique « Actualité » annonce un recrutement, mais il s’agit ici du recrutement de sept pilotes. Dans le communiqué y relatif signé le 23 avril 2020, Cyrus Ngo’o, le directeur général du Pad « porte à la connaissance du public concerné que la date limite de dépôt de dossiers relatifs au recrutement de sept (07) pilotes est reportée au 30 juin 2020 à 15h30 ».

Le document indique à la fin que ledit appel à candidature peut être consulté sur le site internet www.pad.cm.  Aucun article ou document sur ce site ne fait état d’un recrutement de 135 gestionnaires de logistique et transport.

Sur la page Facebook du Pad aussi, aucun post au sujet d’un quelconque recrutement n’y figure. La dernière actualité publiée à 15h08 le 16 juin 2020 est relative au projet de sécurisation de l’espace portuaire à travers la vidéo surveillance et la construction de la barrière périmétrique en cours.

Sur un précédent post la veille 15 juin, on retrouve les deux documents en circulation sur les réseaux sociaux. Ils sont marqués en rouge de l’inscription « Fake ». Le message qui accompagne cette photo est « Attention : Arnaque ». Sans plus. 

La Rtc jouit d’une autorité administrative et financière

Jointe par Stopintox, la direction de la communication du Port autonome de Douala a indiqué qu’il s’agit de faux documents.

« Il n’y a pas d’appel à candidature. Ce document est un Fake », a indiqué Raoul Simplice Minlo, le directeur de la Communication du Pad.

Il relève plusieurs incohérences dans cette annonce. « Le Port autonome a ses caractères propres. La Rtc a ses caractères. Le Pad a son logo à part, la Rtc le sien. Ils ne se mélangent pas », fait-il savoir. Sur le document « fake », les logos des deux entreprises sont juxtaposés.

Sur un document de la Rtc disponible sur la page Facebook du Pad, on remarque justement que le logo du Pad n’est pas associé à celui de la Rtc. Le document n’est d’ailleurs pas signé de Cyrus Ngo’o, mais plutôt de Faustin Dingana. Il est le directeur délégué de la Rtc. Il a été nommé le 11 décembre 2019 par décision du directeur du Pad. Bien que placée sous l’autorité du Dg du Pad, cette régie jouit d’une autorité administrative et financière.  

Des adresses mail Fake

Autre alerte sur le document « Fake », les adresses électroniques ne sont ni celles du Pad ni celles de la Rtc. Le document fake affiche l’adresse rtc.pad@my.com, une sorte de mauvaise compilation des deux entités Pad et Rtc. Mais dans la réalité, l’adresse e-mail de la Rtc qui se présente sous la forme d’une adresse coorporate est rtc@rtcdouala.cm. Adresse consultable sur le pied de page de ce document officiel.

Un document officiel de la Rtc tirée de la Page Facebook du Pad.

La petite enveloppe qui représente l’onglet « Courriel » en haut de page du site internet du Pad renseigne que l’adresse électronique de cette société est pad@pad.cm.

A l’observation, les documents Fake ont emprunté des éléments de bas de page des documents officiels de la Rtc, en modifiant les adresses électroniques, les numéros de téléphone et de fax.

On ne paie pas pour des recrutements

Pour finir, un autre fait à relever. Il est demandé aux postulants de verser une somme de 21 500 F. Cfa. Mais le directeur de la Communication rassure qu’il n’est pas demandé de l’argent au candidats lors des  recrutements.

« Le Port autonome de Douala ou la Rtc ne demande pas d’argent pour les recrutements », a-t-il martelé.

Il annonce qu’un communiqué sera rédigé et mis en ligne pour alerter les usagers sur ce « Fake » en circulation.

Non le chef de Minkan qui a fait savoir que le don du chef de l’Etat ne l’intéresse pas n’a pas été destitué

Des articles et posts ont inondé la toile le samedi 22 mai 2020 indiquant que le chef du village Minkan, dans la région du Sud du Cameroun, a été destitué par un sous-préfet.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est: NON

D’après les nouvelles en circulation, Evina Engoto, présenté comme le chef traditionnel de Minkan, a été déposé par l’autorité administrative pour avoir émis un avis défavorable sur le don du chef de l’Etat.

Un internaute sollicite que Stopintox se penche sur ce sujet.

Les articles qui relaient cette information font ainsi référence à la vidéo qui a fait le tour de la toile il y a une semaine. « Un sous-préfet humilie et finalement destitue un chef traditionnel », rapportent plusieurs sites internet camerounais.

Alertée par un internaute, l’équipe de Stopintox s’est penchée sur le sujet et a constaté que plusieurs éléments dès le départ n’étaient pas avérés.

Les articles parlent d’un sous-préfet. Ce n’est pas exact car le don du chef de l’Etat pour lutter contre la Covid-19 avait été restitué le 14 mai 2020 à l’esplanade de la sous-préfecture d’Ebolowa 1er par le préfet du département de la Mvila lui-même, Marie Sylyac Mvogo. Sur la vidéo on s’aperçoit bien que l’autorité administrative porte deux étoiles sur ses épaulettes. Ce qui donne une idée claire sur son grade car au Cameroun, les sous-préfets portent une étoile à l’épaulette, les préfets deux et les gouverneurs trois étoiles.

Pour en avoir la certitude, nous avons contacté Anicet Siesther Essiane, journaliste exerçant dans la région du Sud et ayant couvert cette remise de don pour le compte de son média. Il nous fait savoir que c’est le préfet lui-même qu’on aperçoit dans la vidéo et ajoute que la cérémonie a eu lieu à Ngalane, place des fêtes de l’arrondissement de Ebolowa 1er.

L’autre information erronée est celle qui fait passer Evina Engoto pour le chef de Minkan. Le chef de Minkan a depuis été identifié et il s’agit bien de Sa Majesté Bang Bang Calvin. Il est un chef traditionnel de 3ème degré. Rien à voir avec Evina Engoto, tel que publié partout sur les réseaux sociaux. Ce dernier est le représentant du parti politique le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) dans la zone. Joint au téléphone, Sosthène Médard Lipot le secrétaire national à la communication du MRC fait savoir que Evina Engoto est le secrétaire de fédération départementale du MRC dans la Mvila.

Par contre, le document qui serait à l’origine de la confusion est l’interdiction d’une manifestation de Survie Cameroun par le sous-préfet d’Ebolowa 1er. Dans cette décision administrative, le chef de terre interdit « les manifestations programmées le mercredi 20 mai 2020 dans la ville d’Ebolowa et ses environs par Monsieur EVINA ENGOTO et ses amis mandataires de l’initiative fantôme Survie Cameroun ». Le nom Evina Engoto qui apparait dans ce document a été interprété à tort comme celui du chef de Minkan.

Copie de la décision signée par le sous-préfet d’Ebolowa 1er.

Le chef de Minkan n’a pas été destitué

 « Le chef de Minkan n’a jamais été destitué, encore moins inquiété. La destitution est l’objet d’une procédure, mais pas aussi simple et rapide que vous le croyez. Du sous-préfet au préfet, du préfet au gouverneur et du gouverneur au ministère de l’Administration territoriale qui signe l’acte de destitution si destitution il y a », analyse Anicet Siesther Essiane, journaliste exerçant dans la région du Sud. Et c’est logiquement qu’il nous rappelle que le 21 mai était un jour férié et qu’aucun acte administratif ne peut avoir été pris.

Contacté par StopIntox dimanche 24 mai 2020, le sous-préfet d’Ebolowa 1er, Akondi Elvis Mbahangwen, confirme cet avis du confrère journaliste.

« C’est un fakenews. Le chef de Minkan, Sa Majesté Bang Bang Calvin, exerce ses activités dans son village sans problème. Le préfet n’a rien contre lui. Moi non plus », précise le sous-préfet d’Ebolowa 1er.

Revenant sur la cérémonie de remise de dons du président de la République, point de départ de la vidéo virale, il note que le seau remis au chef de Minkan était une entité à titre symbolique dans le package à lui destiné.  « Le préfet a choisi une entité. Le chef a accepté le don. Il a d’abord hésité, parce qu’aux précédents récipiendaires, le préfet a remis des seaux avec robinets. Le préfet a fait des observations en blaguant. Il n’a pas l’intention de le faire. Nous sommes un Etat de droit et chacun a la liberté d’expression. Le chef est en place et on le soutient. C’est un chef courageux. Il n’a pas peur d’exprimer ses sentiments », explique Akondi Elvis Mbahangwen.

Rencontre entre le préfet et le chef de Minkan ce 25 mai

L’autorité administrative fait savoir d’ailleurs qu’avec toute cette agitation sur la toile, le chef de Minkan a été appelé à rencontrer le préfet du département de la Mvila à Ebolowa ce lundi 25 mai 2020. « C’est pour le rassurer. Avec tout ce qui se passe sur les réseaux sociaux, le chef peut prendre peur », relève le chef de terre.

NON, Monseigneur Samuel Kléda n’a pas dévoilé la composition de son remède contre le Coronavirus

Un message abondamment partagé sur les réseaux sociaux, Facebook, Twitter et WhatsApp notamment indique que l’archevêque métropolitain a livré la recette de sa potion contre le Covid-19.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est: NON

Le post viral ayant obtenu 12 000 Partages et plus de 1 500 commentaires

La publication sur un compte Facebook a enregistré plus de 12 000 partages et généré près de 2000 commentaires en moins de 24 heures. Le post mis en ligne le dimanche 03 mai 2020 cite entre autres ingrédients qui rentreraient dans cette potion tant recherchée : les racines de papaye, la citronnelle, le citron ou encore l’ail. Une photo de l’archevêque est associée à ladite publication.  Mais il n’en est rien.

Après ce post devenu viral sur Facebook et dans différents groupes WhatsApp, un premier démenti a été enregistré sur la toile. Lazare Kolyang, en service à l’archevêché de Douala, a indiqué dans une publication tard dans la nuit de dimanche, que Mgr Samuel Kléda dément formellement cette information faisant état du mélange fait à base de produits naturels qui rentreraient dans la composition de son traitement. « Je l’ai si bien rappelé lors du point de presse que j’ai eu avec les journalistes. Il n’est pas question de donner une quelconque recette au public. Il ne faut pas que les populations s’empoisonnent », peut on lire dans le post de Lazare Kolyang rapportant les propos de l’Archevêque.

Démenti publié tard dans la nuit de dimanche

Rendu à l’archevêché de Douala le lundi 04 mai 2020 autour de 11 h pour recueillir une déclaration de Mgr Samuel Kléda sur le sujet, le vigile en faction à la guérite a indiqué à Stopintox que « l’archevêque a dit qu’il ne parle plus à la presse », apprend-on. Une décision, dit-on, intervenue après son dernier point de presse avec les médias le 29 avril.

Une autre démarche engagée simultanément auprès de confrères journalistes a permis d’avoir une issue favorable confirmant le démenti cité plus haut. C’est Patrick Christian Ndobo en service à la chaine de télévision privée Canal 2 International qui nous ouvre une brèche. Le journaliste a pu joindre Mgr Samuel Kléda par messagerie pour solliciter « un démenti sur les nouvelles diffusées dans les réseaux sociaux au sujet de votre solution ». A cette requête du journaliste, l’archevêque a répondu : « Vous pouvez le faire pour le bien des personnes malades ». Mgr Samuel Kléda permet donc ainsi à Stopintox, de relayer son démenti par le truchement de notre confrère.

Non, l’ancien président centrafricain François Bozizé ne s’est pas mis à genoux devant l’actuel président Faustin-Archange Touadera

Une image en circulation sur la toile semble présenter l’ancien président centrafricain François Bozizé à genoux, devant l’actuel président Faustin-Archange Touadera.

L’équipe de Stopintox a vérifié pour vous. La réponse est: NON

La photo en question a été partagée à plusieurs reprises dans des fora WhatsApp et sur des pages Facebook.

Il s’agit en fait d’un photomontage. Ghislain Tsendzié Ngoa et Christian Nzokou se sont penchés sur cette photo qui a fait le tour de la messagerie WhatsApp. D’après nos deux consultants en graphisme, la photo est de très mauvaise qualité. Les pixels ayant été volontairement affaiblis pour masquer au maximum les imperfections du montage. Aussi, le mode chromatique est également utilisé pour masquer davantage les traces du montage.

Deux photos originales ont été utilisées pour réaliser cette supercherie.

Une petite recherche d’image inversée sur Google et on retrouve parmi les résultats les photos ayant servi au montage. La première image, à gauche, présente les deux protagonistes en tête à tête. Par rapport à la photo du montage, nos consultants font remarquer qu’il existe une entière similarité de positions du Président Touadera. «En visualisant le plan de la chemise sur la table, on remarque plus nettement dans l’image un détourage grossier autour de la chemise en question. Les pixels sont moins nets que sur la photo officielle », observe notamment Ghislain Tsendzié Ngoa.

L’article dans lequel est insérée cette première photo ayant servi au montage a été posté il y a deux jours, le 22 janvier 2020. A travers les lignes, l’on apprend qu’il s’agit d’une réunion en tête à tête entre Bozizé et Touadera. Président entre 2003 et 2013, Bozizé avait quitté le pays en 2013 après un coup d’Etat des rebelles Séléka. Il est retourné en République centrafricaine en décembre 2019, après 6 ans d’exil à Kampala, en Ouganda.

Une autre recherche sur « François Bozizé » sur Google permet de repérer la deuxième photo ayant servi au montage celle à droite.

L’image illustre une visite de l’ex-président centrafricain en Chine en compagnie du président du pays hôte, Hu Jintao le 10 septembre 2009. D’après nos experts, cette image est clairement la photo utilisée pour mettre Bozizé en profil sur la photo truquée tout en utilisant son pied découpé pour le mettre en position à genou. On remarque les mêmes reflets de lumière sur ses chaussures.

Si plusieurs internautes sont tombés dans le panneau devant ce photomontage, c’est peut-être aussi parce qu’ils se souviennent que lors d’un meeting à son retour au pays, Bozizé avait demandé pardon pour « tout ce qui est arrivé au pays »

Non, le Pdg du Groupe Bocom n’a pas obtenu l’exclusivité d’exploitation des minerais au Cameroun

Des posts en circulation sur WhatsApp depuis quelques jours indiquent qu’une convention signée avec le ministre des Mines, de l’Industrie et du développement technologique accorde à Dieudonné Bougne l’exclusivité d’exploitation des minerais sur le sol camerounais.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON

Yaoundé, le 14 novembre 2019. Le ministre des Mines et Dieudonné Bougne lors de la signature de la convention.

Une convention a bien été signée entre les deux parties jeudi 14 novembre 2019 à Yaoundé. Contrairement au message en circulation sur les réseaux sociaux, elle n’octroie pas l’exclusivité de l’exploitation des minerais. Elle concerne plutôt l’exploitation minière du fer d’Akom II, dans la région du Sud. Cet acte entre le ministre des Mines, Gabriel Dodo Ndoke, mandant de l’Etat et la société anonyme de droit camerounais G-Stones Resources S.a, représentée par Dieudonné Bougne, Pdg du groupe Bocom, prévoit l’exploitation sur près de 40 ans de la mine sur 3 kilomètres. G-Stones Resources S.a prévoit de produire 2 millions de tonnes de concentré de fer par an et de générer 3500 emplois directs. Le montant global des investissements s’élève à 1,5 milliard de dollars (environ 900 milliards de F. CFA).

Le groupe Bocom qui apporte ces précisions fait savoir que pour aboutir à ce projet d’exploitation, G-Stone Resources S.a a collaboré avec des experts canadiens. Les travaux ont été menés pendant plus de 8 ans et consignés suivant la norme canadienne NI 43-101. Ils ont permis de mettre en évidence une réserve de fer certifiée de 160 millions de tonnes titrant en moyenne à 35% Fe. Aussi, les concentrés de fer produits seront pour leur majorité transformés localement au sein du complexe sidérurgique que la société doit construire non loin de la mine. Sur les 500 000 tonnes de billettes à produire par an au début du projet, 150 000 tonnes seront commercialisées et 350 000 tonnes transformées en fer à béton.

Superficie précise

Le groupe Bocom ne saurait avoir l’exclusivité d’exploitation des minerais au Cameroun. Le chapitre 3 du Code minier camerounais intitulé « Des principes et des instruments de développement du secteur minier » en son Article 5 Alinéa 1 stipule que : « les substances minérales contenues dans le sol et le sous‐sol du territoire de la République du Cameroun, ses eaux territoriales et son plateau continental sont la propriété de l’Etat qui y exerce des droits souverains». L’Etat accorde des permis d’exploitation qui confèrent au titulaire l’exclusivité des activités sur le terrain objet du permis pour l’exploitation et toutes autres opérations liées à son activité et de disposer uniquement des minerais, objet dudit permis. Une multitude de permis a déjà été délivrée au Cameroun à différents opérateurs.

Au ministère des Mines, on rappelle également que selon la législation, un permis de recherche est d’abord octroyé pour des recherches sur un minerai précis, sur une superficie précise.

«Si le titulaire du permis de recherche ne trouve pas de minerais sur la superficie concernée, il renégocie s’il veut poursuivre les recherches ailleurs. S’il en trouve, il entame la procédure pour l’obtention d’un permis d’exploitation sur le minerai trouvé dans cette superficie précise»,

détaille Linus Ottoko, le responsable de la communication au ministère des Mines, de l’Industrie et du développement technologique.

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