Author Archives: Mathias Mouende

Non, Prince Ange Mikody n’était pas le plus jeune député de l’Assemblée nationale

honorable Prince Ange Mikody n'était pas le plus jeune député de l'Assemblée nationale

Un article de 237actu.com annonçant le décès du député du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) de la circonscription de Boumba et Ngoko, dans la région de l’Est, le présente comme le plus jeune du parlement.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON

L’article du site d’actualité 237actu.com abondamment partagé sur la toile indique dès sa titraille que l’honorable Prince Ange Mikody, décédé le 24 mars 2021 à Yaoundé et âgé de 31 ans, est le plus jeune député de l’Assemblée nationale du Cameroun. L’article a totalisé près de 4000 clics en moins de 24 heures. Un tweet du compte @Crtv_Web à 1h45 le 25 mars qui donne aussi cette information rajoute qu’il s’agit du «plus jeune député Rdpc de la législature». Sur la toile, des internautes s’interrogent. Stopintox a été saisi.

En entrant en mots clés dans la barre de recherche Google : ”plus jeune député de l’Assemblée nationale au Cameroun”, plusieurs résultats permettent de douter de l’information relayée par 237actu.com et @Crtv_Web. Il y a cet article de Cameroon Tribune, le quotidien national public, publié en mars 2020, un mois après l’élection des députés. L’article qui rend compte des travaux de la session de plein droit fait savoir qu’elle a été présidée par « un trio de femme» dans le bureau d’âge. Au perchoir, la doyenne d’âge Laurentine Koa Mfegue (Rdpc). Elle a été assistée de deux plus jeunes membres élus : Aïcha Blanche Jacqueline Dague (Mdr) et Nafissatou Alim (Rdpc).

Nafissatou Alim, la plus jeune député

Capture d’écran de l’article publié sur le site 237actu.com

Un autre article publié sur le site internet de la Crtv, Crtv.cm, sur la même session, indique clairement que « le plus jeune député de la législature est une dame». Il s’agit de Nafissatou Alim. L’élue Rdpc de la circonscription du Mayo-Louti dans la région du Nord est entrée dans le bureau de la section Ojrdpc Mayo-Louti en 2013. Dague Aïcha, l’autre plus jeune, est député Mdr du Mayo-Kani Sud, dans la région de l’Extrême Nord. Un article plus récent daté du 11 février 2021 et  publié sur le même site fait savoir que Nafissatou Alim est âgée de 28 ans.

«Le député Prince Ange Mikody était l’un des jeunes. Mais pas le plus jeune. Je ne l’ai jamais vu assis dans le bureau d’âge pendant les plénières»,

relève l’honorable Samuel Moth, député Rdpc.

Mathias Mouendé Ngamo

Covid-19 : Pourquoi plusieurs pays ont suspendu l’utilisation du vaccin AstraZeneca

Le Danemark, la Norvège, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la France … la République démocratique du Congo (Rdc) ont suspendu totalement ou partiellement, ‘’par précaution’’, l’utilisation de ce vaccin. Toute chose  qui a suscité méfiance et interrogations chez de nombreux internautes. Alors pourquoi le vaccin a t-il été suspendu? Reste t-il efficace? Quel est l’état de l’utilisation du vaccin dans le monde?

Des cas de suspension d’utilisation du vaccin AstraZeneca s’enchainent depuis quelques jours à travers le monde. Déjà plus de quinze pays européens, asiatiques et africains ont annoncé leur décision de suspendre l’utilisation de ce vaccin anti Covid-19. Comme raison avancée, les pays évoquent des craintes liées à la formation des caillots sanguins chez les personnes vaccinées et des mesures de précaution. La première alerte vient de l’Autriche le 08 mars 2021. Le pays interrompt l’utilisation d’un lot de vaccins (ABV5300) produit par le laboratoire anglo-suédois, après le décès d’une infirmière de 49 ans qui a succombé à de «graves troubles de la coagulation» quelques jours après avoir reçu AstraZeneca.

Le Danemark monte au créneau le 11 mars 2021 et devient le premier pays à annoncer une suspension totale de l’utilisation du vaccin AstraZeneca. Dans un communiqué, l’Agence nationale de la Santé a indiqué que le pays a suspendu l’utilisation du vaccin ‘’par précaution’’ et jusqu’à nouvel ordre «après des rapports de cas graves de formation de caillots sanguins chez des personnes qui ont été vaccinées avec le vaccin Covid-19 d’AstraZeneca ».

Le pays dit avoir enregistré un décès d’une femme âgée de 60 ans ayant reçu ce vaccin du laboratoire anglo-suédois. Le ministre danois de la Santé, Magnus Heunicke, a relevé cependant qu’à l’heure actuelle, il n’est pas possible de conclure à l’existence d’un lien entre le vaccin et les caillots sanguins. Le pays précise aussi qu’il ne s’agit pas d’une renonciation au vaccin AstraZeneca, mais d’une pause dans son utilisation. La suspension va durer quatorze jours. Le pays fera savoir sa position sans doute après échéance. Le cas de décès enregistré fait actuellement l’objet d’une enquête auprès de l’Agence européenne du médicament (EMA).  

Suspension par précaution

A la suite du Danemark, dans la même journée, la Norvège s’aligne pour la suspension d’utilisation du vaccin AstraZeneca. Le pays évoque des mesures de ‘’précaution’’, le temps d’y voir clair.  

« Nous faisons une pause en Norvège dans la vaccination avec AstraZeneca. Nous attendons des informations pour voir s’il y a un lien entre la vaccination et ce cas de caillots sanguins »,

a indiqué Geir Bukholm, un haut responsable de l’Institut national de Santé publique, lors d’une conférence de presse.

Le Pays-Bas et l’Irlande ont annoncé trois jours plus tard, la suspension, aussi par «précaution», après que des “effets secondaires possibles” ont été rapportés au Danemark et en Norvège avec ce vaccin. Plusieurs autres pays européens ont emboîté le pas pour des suspensions totales ou partielles.

L’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne, la Suède, le Portugal, la Bulgarie, l’Islande, la Slovénie, le Luxembourg se sont rajoutés à la longue liste des pays qui ont suspendu totalement les vaccinations avec des doses provenant de ce lot livré dans 17 pays, qui comprenait un million de vaccins. Les pays tels la Lituanie, La Lettonie, l’Estonie et l’Autriche ont procédé à la suspension du lot ABV5300, considéré comme lot suspect. La Roumanie quand à elle a procédé à la suspension du lot ABV2856.

En Asie, la Thaïlande a reporté le début de sa campagne vaccinale. La République démocratique du Congo, en Afrique, lui a emboité le pas. Lundi 15 mars, la France, par la voix de son président Emmanuel Macron, a elle aussi décidé de « suspendre par précaution » l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca contre le Covid-19, en attendant un avis de l’Agence européenne des médicaments.

L’Oms recommande de poursuivre « pour le moment »

En réaction à toutes ces suspension à travers le monde, AstraZeneca a assuré qu’après examen de toutes les données sur plus de 17 millions de personnes vaccinées dans l’Union européenne et au Royaume-Uni, son vaccin n’a apporté aucune preuve d’un risque accru d’embolie pulmonaire, thrombose veineuse profonde (TVP) ou de thrombocytopénie dans aucun groupe d’âge, de genre, de lot ou de pays particulier.

Lors d’une réunion extraordinaire jeudi 18 mars 2021, le comité de sécurité de l’Agence européenne du médicament a statué quant aux informations recueillies et a jugé le vaccin d’AstraZeneca “sûr et efficace’’.

L’Organisation mondiale de la Santé (Oms) pour sa part recommande de poursuivre « pour le moment » la vaccination avec AstraZeneca. « Pour le moment, l’OMS estime que la balance risques/bénéfices penche en faveur du vaccin AstraZeneca et recommande que les vaccinations se poursuivent », a indiqué mercredi 17 mars 2021 un communiqué de l’agence onusienne. Le document fait savoir que les experts de  l’Oms, dont l’avis est très attendu, continuent d’évaluer les données concernant les problèmes de santé rencontrés par quelques personnes vaccinées avec ce produit.

Mathias Mouendé Ngamo

Non, le Cameroun n’a pas présenté la moitié des effectifs des candidats africains en Médecine au Cames 2020

Dans l’émission «Canal Presse» sur la télévision Canal 2 international, le politologue Aboya Manasse a déclaré que le Cameroun représentait à lui seul la moitié des candidats de toute l’Afrique à ce 20e concours d’agrégation.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON

Dans l’émission Canal Presse du 08 novembre 2020, le Prof Aboya Manasse, un des panélistes, a été interrogé sur le regard qu’il portait en tant que politologue sur le renouveau, 38 ans après. L’enseignant d’université a indiqué d’entrée de jeu qu’ «On parle d’un projet de société qui correspond à l’accession du président Paul Biya au pouvoir le 06 novembre 1982 ».

Dans son argumentaire, il a relevé plus loin que le Cameroun est une grande puissance en matière d’enseignement supérieur. Dès la 49ème minute de l’émission consultable sur la page Youtube de Canal 2 international (plus de 37 000 vues en date du 17 novembre 2020), le politologue a ainsi déclaré que :

«Le concours d’agrégation qui est en train de se passer en Médecine au Congo Brazzaville, le Cameroun à lui seul a la moitié des candidats de toute l’Afrique. C’est un exploit ».

Cette déclaration qui n’est pas exacte a tout de suite provoqué l’indignation de certains internautes. Dans un tweet le 14 novembre, un médecin a posté le segment de la vidéo de l’émission en question en s’interrogeant : « Mais qu’est-ce que c’est faux ! Qui est ce menteur ? ». Ce segment de vidéo qui reprend la déclaration du politologue camerounais a enregistré plus de 1000 vues en trois jours. Dans les commentaires, les uns et les autres ont exprimé leur surprise à l’écoute de ces statistiques.

18 camerounais sur 287 candidats de 13 pays africains

Extrait du document Pdf sur le Palmarès du concours Cames 2020.

Un tour sur le site officiel du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (Cames), en page d’accueil, dans la rubrique Actualité, un article retient vite l’attention. Il est intitulé : Agrégation de médecine. Fin du 20e Concours d’Agrégation de médecine : un taux de réussite de 81,53% et des succès mémorables en termes de leçons apprises.

L’article posté le 16 novembre 2020 souligne que le 20ème concours d’agrégation de médecine s’est achevé le 11 novembre. Qu’en termes de résultats, sur les 287 candidats présentés 234 ont été déclarés dignes de recevoir le grade de Maître de conférences agrégé du Cames dans leurs spécialités respectives.

Dans le fichier Pdf du palmarès du concours d’agrégation en médecine téléchargeable au bas de l’article, les statistiques relèvent bien que 287 candidats de treize pays africains ont été présentés dans les sept options de Médecine du concours. Sur les 287 candidats, le Cameroun n’a présenté que 18. Un chiffre bien loin de la moitié de l’effectif total.

Le Cameroun se présente d’ailleurs loin derrière des pays comme le Sénégal qui a présenté 85 candidats, le Burkina Faso 52 candidats, la Côte d’Ivoire 44 ou encore le Congo, 19 candidats. Sur les 18 Camerounais présentés au concours en provenance des université de Yaoundé 1 et de Douala, 13 ont été déclarés Admis.   

Mathias Mouendé Ngamo

Non, il n’y a pas eu 19 morts lors de la tuerie de Kumba

Dans un tweet, une internaute ayant pris part à une marche organisée à Kumba à l’occasion du deuil national le 31 octobre 2020 indique qu’il y a 19 enfants morts et non plus 7.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON

Dans le tweet posté à 17h11 samedi 31 octobre 2020, l’internaute indique que : « Nous avons beaucoup marché et sommes arrivés au Kumba District Hospital et c’est là que nous apprenons que ce n’est plus juste 7 enfants mais 19 enfants qui sont morts lors du #Kumbamassacre L’ambulance était là car des femmes s’évanouissaient de douleur. #EndAnglophoneCrisis ».

En 24h, ce tweet a enregistré plus de 400 interactions, dont 280 Retweets et 151 Likes. Cette publication fait partie d’un ensemble d’autres tweets postés sous la forme de thread avec des images et des vidéos. L’internaute qui totalise 6000 abonnés ne cite pas la source qui a communiqué ce nouveau chiffre.

capture d’écran du tweet en date du 1er novembre 2020.

Dans un autre tweet, elle précise qu’elle s’est rendue en tant que citoyenne à Kumba avec d’autres sœurs.

Kathe Djiaha est citée parmi les femmes faisant partie de cette délégation. La journaliste en service à Équinoxe Télévision (une télévision privée basée à Douala) que nous avons contactée fait savoir que ce chiffre de 19 a été avancé par une dame qui a fait un discours devant la morgue de l’hôpital de district de Kumba.

Une vidéo en circulation

Dans la vidéo de 38 secondes que la journaliste nous fait parvenir, on peut effectivement voir une dame devant une foule en noir. Elle cite des noms. A l’appel de chaque nom, la foule fait des décomptes. Pour cette séquence de la vidéo reçue, la lecture de la liste s’ouvre sur le 7ème nom et se referme sur le 19ème nom lu.

« N’est-ce pas on nous avait dit que c’était 7 ? » ,

s’exclame en pidgin, un anglais argotique, une voix d’homme dans la vidéo.

La vidéo en circulation

Mais en prêtant une oreille attentive à la lecture, Stopintox a pu déceler des noms faisant partie de la liste des sept d’élèves tués lors du massacre du 24 octobre (Zakame Rema, Jenifer, Che.. ). Au milieu de tous ces bruits de la foule, Stopintox a également pu écouter de manière un peu audible les noms de quatre élèves figurant dans la liste des blessés après cette attaque.  Il s’agit de Mbong Blessing, Akidam Francis, Tifu Lydia Favour et Efouet Therese. Une liste des victimes disponible depuis le jour de l’attaque armée attribuée aux séparatistes.

Plusieurs personnes toujours en détresse

« C’était les noms de toutes les 19 victimes. Parmi les 19, il y avait sept établis morts confirmés et douze qui étaient blessés. L’intention, c’est pour que les gens sachent qu’il y a plusieurs qui sont toujours en détresse. Certains sont toujours gravement malades. On priait pour eux, afin qu’ils s’en sortent de la situation. Il y en a qui sont gravement en détresse parmi les 12 blessés. D’autres ont des problèmes psychologiques. Tout était bien indiqué dans le papier que lisait Esther Omam, une militante de la société civile», indique Atim Taneform, une humanitaire qui a également lu un discours ce jour-là.

Après une petite prière et quelques mots, Esther Omam a alors déroulé la liste des 19 victimes (morts et blessés). Elle a été talonnée sur l’estrade par Atim Taneform qui a été choisie ici pour délivrer le message des femmes porté par l’Ong ‘’She Build Peace’’.

«Dans le papier de Esther Omam, il y avait tout. Le type de blessure ; l’âge des enfants. C’était clairement indiqué qu’il s’agissait des noms des morts et des blessés. Il y avait tellement de bruits et d’émotions. Les gens criaient. Le préfet venait d’arriver sur les lieux»,

note Atim Taneform. Elle précise qu’elle a pris part à cette manifestation en tant qu’individu et pas au nom de son organisation.

Dans un autre tweet, l’auteure de la publication qui prête à confusion poste une photo d’elle avec Franck Foute. Elle indique avoir rencontré ce journaliste de Jeune Afrique sur le terrain à Kumba. « nous avons pu marcher côte à côte avec la douleur… C’était dur ! », écrit -t-elle.

« Il n’y a pas 19 corps à la morgue »

La liste des élèves morts et décédés communiquée à la suite de l’attaque du collège Mother Francisca International Bilingual Academy de Kumba le 24 octobre 2020. Source: Crtv.cm

Franck Foute que nous avons eu au téléphone le lendemain de la célébration du deuil national est formel. « Je peux confirmer qu’il y a sept corps à la morgue de Kumba. Pas plus. Certains blessés sont sortis. J’ai échangé avec des sources médicales et des journalistes qui étaient là lorsqu’on admettait les corps à la morgue. Il n’ y a pas dix neuf corps à la morgue», soutient le journaliste de Jeune Afrique.

En rappel, l’attaque du collège Mother Francisca International Bilingual Academy sis au quartier Fiango à Kumba, dans la région du Sud-ouest, a fait six morts sur le champs, soit cinq filles et un garçon. Une autre élève a rendu l’âme à l’hôpital. Des victimes âgées entre 9 et 12 ans. Les cadavres ont été déposés à la morgue de l’hôpital de district de Kumba. Les blessés ont été conduits à l’hôpital Mayemene Annexe de Kumba, à Buea et à Mutengene.

Mathias Mouendé Ngamo

Non, cette image présentant des squelettes humains n’a pas été prise au Cameroun

Une image en circulation depuis quelques jours sur la toile présente des restes humains en décomposition. D’après la légende, il s’agit du démantèlement d’un réseau de trafiquants d’ossements humains à Douala.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON

Une recherche inversée d’image sur TinEye renvoie à un article illustré de  plusieurs images de cadavres en état de décomposition avancée. Ledit article indique qu’il s’agit d’une inhumation de masse de cadavres non réclamés initiée par l’hôpital public d’Ota, dans l’Est de l’Etat d’Ogun au Nigeria en 2013. L’article qui se résume en une seule phrase présente essentiellement des photographies de cet évènement. Il y a au total huit images. On y découvre des corps décomposés. Une photographie montre des cadavres entassés les uns sur les autres.

Une recherche sur Google avec les mots clés en anglais «hospital Ota burial corpses Ogun State » (hôpital d’Ota inhumation de cadavres dans l’Etat d’Ogun) renvoie à un article plus explicite sur les circonstances et la date. Dans ce lien de février 2014, le directeur de l’hôpital d’Ota indique que la formation sanitaire a enregistré 150 cadavres non réclamés en 2013. En raison de l’espace insuffisant dans la morgue, les corps ont été enterrés en masse les 22 et 23 mars 2013. Le directeur explique que ces cadavres comprenaient des suspects de vols à main armée tués par la police et des victimes d’accidents.

Ce n’est pas la première fois que cette image est utilisée hors contexte. Une autre recherche inversée avec l’image de départ est faite cette fois-ci sur Google Images. Dans chacun des onglets de redirection, comme ici, ici et ici, l’image des corps décomposés réapparait. Mais les différents articles évoquent cette fois l’arrestation d’un féticheur togolais interpellé par les forces de l’ordre. Les articles indiquent que le célèbre féticheur a été pris avec 2000 corps séchés, 500 cadavres de personnes enterrées vivantes et d’innombrables squelettes. Toutes ces publications reprenant l’image factcheckée datent seulement de juillet 2020, soit sept ans après l’apparition de cette image sur internet dans l’article cité plus haut et qui situe bien la photographie en 2013.

En dessous de l’image en gros plan soumise à Stopintox pour vérification, on peut apercevoir une autre photographie en miniature dans laquelle des hommes arborent des masques de protection. Sur ce lien obtenu lors de la recherche inversée, on retrouve la vidéo dans laquelle la capture d’écran de cette image a été réalisée. Une séquence de cette vidéo est également en circulation sur WhatsApp depuis quelques jours au Cameroun et situe les faits à Douala. 

Dans l’article en ligne, la vidéo qui totalise plus de 700 vues postée en tweet embarqué provient en fait du compte @tonikusi partagée le 7 juillet 2020. Sous les commentaires en bas du post, l’un des internautes relève qu’il s’agit cette fois encore d’une image utilisée hors de son contexte. Selon l’utilisateur @IsimaOdeh,

« cette vidéo est celle d’un Kidnappeur qui s’est fait passer pour un pasteur. Il a été arrêté et cela a fait les manchettes de Une des journaux il y a plusieurs semaines », poste-t-il.

Une capture d’un article de Bbc.com en langue pidgin (une sorte d’anglais argotique) du 30 juin 2020 indique que la police de l’Etat de River au Nigeria a déterré quatre cadavres dans le domicile d’un présumé tueur en série et kidnappeur à Umuebulu Etche.

Capture d’écran article BBC News en Pidgin.

Dans sa confession, Antohony Ndubuisi, le présumé tueur, a avoué avoir kidnappé et tué plusieurs personnes dont trois étrangers, des togolais et un nigérian, peut-on lire dans l’article en question. On retrouve également en illustration de l’article la photo du présumé tueur ligoté sur une chaise en plastique. On reconnait l’accoutrement et le décor. C’est le même monsieur que l’on voit dans cette vidéo en circulation sur la toile, où il est tantôt présenté comme un riche homme d’affaires trafiquant d’ossements humains à Douala au Cameroun, tantôt comme un féticheur togolais arrêté avec dans son domicile 2000 corps séchés, 500 cadavres de personnes enterrées vivantes et d’innombrables squelettes.

Non, cette vidéo dans laquelle une jeune fille tombe dans l’eau n’a pas été prise au Cameroun

Depuis quelques jours, une vidéo virale sur la toile montre une jeune fille filmée en train de danser près d’un cours d’eau. Elle se retrouve au fond du fleuve après un faux pas. D’après les internautes, cette image a été prise à la base navale à Douala au Cameroun.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON .

La vidéo postée sur un compte Twitter sous forme interrogative le 07 juillet 2020 a enregistré plus de 7000 vues en 72 h, 165 retweets et 82 commentaires. D’après le message qui accompagne cette vidéo de 09 secondes, il s’agirait d’une étudiante qui s’est rendue à la base navale de Douala avec des amies. « Jusqu’à présent, le corps est introuvable », relève le post.

Capture d’écran du post en circulation depuis quelques jours sur la toile.

Après avoir réalisé des captures d’écran sur ladite vidéo, Stopintox a procédé à une recherche d’images inversée sur Tineye. Le résultat renvoie à plusieurs posts sur le réseau social Twitter avec la même vidéo mais publiée il y a deux ans, soit le 23 mars 2018. On peut le voir ici, ici et ici

A chaque légende au-dessus de la vidéo qui a comptabilisé des milliers de vues et de nombreuses interactions, le mot Ivosho revient. « Beware of Ivosho !!! Dont just vosho guys!!! », lit-t-on au-dessus d’une des publications. Traduction approximative en français : « faites attention à l’Ivosho. Ne faites pas le Vosho les gars».

Le mot clé « Ivosho » rentré dans le moteur de recherche Google redirige vers plusieurs liens qui présentent ce concept comme une danse populaire sud-africaine. On apprendra d’ailleurs que ladite danse peut tout aussi être appelée Vosho. Le danseur qui l’exécute doit effectuer des mouvements de corps dans lesquels il tend une jambe et se rabaisse à chaque fois en prenant appui sur ses genoux.

En remontant les commentaires sous les posts des publications y relatives sur Twitter, Stopintox a également découvert une capture d’écran postée par un internaute sud-africain, qui indique que la jeune fille s’en est tirée. L’image présente celle-ci qui remonte sur le rivage. Les vêtements et le décor identiques à ceux de la vidéo peuvent attester de l’authenticité de cette information. Le corps de la jeune fille ne serait donc pas introuvable, tel qu’indiqué dans les messages en circulation sur la toile depuis quelques jours.

Sur une autre capture d’écran de téléphone partagée sur Twitter et montrant la jeune fille sortie des eaux, on peut également observer dans le coin supérieur gauche du mobile, le sigle de l’opérateur de téléphonie mobile du pays: MTN SA. Il s’agit de l’entreprise Mobile Telecommunication Network, South Africa (Mtn Afrique du Sud). Une indication pour établir que le lieu de tournage de la vidéo est l’Afrique du Sud.

Contacté par Stopintox, Uluyanda Gama, un internaute sud-africain qui a partagé une des images montrant la fille sortant des eaux a indiqué que

« ça s’est passé effectivement en Afrique du Sud. Très probablement dans la province du Kwazulu Natal, si on s’en tient à l’accent des filles dans la vidéo ».

L’internaute qui réside en Afrique du Sud relève que les filles dans la vidéo s’expriment en zulu. Il s’agit de la langue officielle d’Afrique du Sud.

NON, la page «Ernest Obama Officiel » n’est pas celle de l’ex-DG de Vision 4

Depuis quelques jours, la Page «Ernest Obama Officiel » publie des messages attribués au journaliste éponyme, ex-collaborateur de la chaîne de télévision privée Vision 4. S’agit-il réellement de sa Page Facebook ?

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON

Les publications relayées sur cette Page Facebook sont partagées abondamment par plusieurs internautes. Des hommes de médias aussi. C’est le cas dans ce tweet de la journaliste Mimi Mefo qui rapporte un post publié sur ce compte, qui a enregistré 330 commentaires et 35 partages.

La dernière publication en date du 26 juin 2020 ( à 20h) sur cette page est un lien vidéo qui redirige vers Youtube. La séquence intitulée : « la vidéo du retour d’Ernest Obama à son domicile » a enregistré 224 commentaires et 146 partages. Plusieurs autres posts de ce compte attribués à Ernest Obama font état de ses déboires depuis quelques jours avec le promoteur de Vision 4, Amougou Belinga. Dans le fil d’actualité, on retrouve des photos du Pdg avec des messages comme : «Merci pour tout papa » ; « mon père » ; « On pardonne».

Capture d’écran du tweet de Mimi Mefo relayant un post de cette Page Fake.

On y retrouve aussi des rendez-vous médias sans grande précision du canal de diffusion, ni le programme concerné. Juste l’heure. Des images et revues de presse sur l’affaire qui a emmené le journaliste à être présenté chez le procureur Général près de la Cour d’Appel du Centre y sont également visibles.

Mais à l’observation, plusieurs indices permettent de douter de l’authenticité de ce compte attribué au journaliste Ernest Obama. Premièrement, il faut remarquer que la création de ce compte est récente. La première publication date du 18 juin 2020. Une date qui coïncide avec celle de l’interpellation de l’ex-directeur général de Vision 4 Tv.

L’onglet « A Propos » ne donne pas assez de détails sur le propriétaire de la Page. On y lit tout juste : « Bienvenue dans le journal de Ernest Obama ». Cependant en cliquant sur « Communauté », on peut remarquer que cette Page « Fake » a mobilisé très vite. En neuf jours d’existence seulement, la page a totalisé 5842 mentions « J’aime » et enregistré 6437 abonnés.

Une requête dans la barre de recherche Facebook avec les mots clés « Ernest Obama » renvoie vers des groupes de Fans club, mais aussi vers un autre compte qui apparait plus susceptible d’être le véritable compte de l’ex-Dg de Vision 4 Tv. Il est intitulé « Ernest Obama (officiel) sur la photo de couverture. Mais tout juste : Ernest Obama au-dessus des publications. Une légère similitude entre le nom sur la photo de couverture et le compte Fake.

Sur ce compte, la rubrique « A Propos » est plus fournie. Les champs Emploi et scolarité, Lieu de résidence, Anniversaire et autres détails y sont bien renseignés. Dans la liste des amis, on compte de nombreux hommes de médias et du monde de la Communication. La dernière publication dans le fil d’actualité remonte ici au 28 mai 2020 à 12h25. Il s’agit d’une photo du journaliste en séance d’interview avec le président de la République du Cameroun, Paul Biya.

« J’ai un seul compte. Celui-là n’est pas mon compte. Il faut le signaler. Mon compte c’est Ernest Obama. La dernière publication, photo avec le président de la République du Cameroun»,

a indiqué le journaliste Ernest Obama, contacté par Stopintox dans la soirée du vendredi 26 juin 2020.

Oui, la Sosucam recrute un infirmier diplômé d’Etat accoucheur

Un avis de recrutement en circulation dans les réseaux sociaux depuis quelques jours indique que la Société sucrière du Cameroun recherche un infirmier diplômé d’Etat accoucheur.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : OUI

L’appel à candidature en circulation en ligne fait savoir que le poste est à pouvoir aussi bien en interne qu’en externe. Le candidat retenu exercera dans l’entreprise Sosucam située à Mbandjock, à 100 Km de Yaoundé. Il bénéficiera d’un Contrat à durée déterminée (Cdd) et d’un rang d’agent de maîtrise.

Le document énumère les pièces à fournir à envoyer à l’adresse mail recrutement@sosucam.somdiaa.com au plus tard le 1er juillet 2020 à 17h. L’avis de recrutement est signé de Essomo André Sylvain, présenté comme le directeur des ressources humaines adjoint.

Rendu sur le site internet de Sosucam, filiale du groupe Somdiaa, ledit avis de recrutement n’est pas visible dans la sous-rubrique « Offres d’emploi ». Le dernier avis de recrutement ici publié date du 14 février 2020.

Sur le nom présenté comme celui du directeur des ressources humaines adjoint, une petite recherche sur le moteur de recherche Google avec les mots clés « Essomo André Sylvain » renvoie à deux références indicatives. La première est celle d’un compte Facebook rattaché à ce nom. On peut lire dans l’onglet « A Propos » ‘’A travaillé à Sosucam’’.

L’autre référence est un ” rapport de mission d’audit et appui à la démarche qualité” de Sosucam de 2005. Essomo André Sylvain y figure dans la liste des « Auditeurs qualité présents à la session de travail de Nkoteng »   

Document authentique

Avis de recrutement authentique en circulation sur la toile.

Même si l’avis de recrutement ne figure pas sur le site internet de cette entreprise du secteur agroalimentaire qui totalise 55 ans d’activité, il s’agit cependant d’un document authentique.  

« C’est une information. C’est une vraie offre. Tout ce qui y est dit est exact. Cette offre a d’ailleurs été publiée dans le journal Cameroon Tribune. Que les Camerounais intéressés postulent »,

a rassuré Barbara Melem, responsable de la Communication de Sosucam, jointe par Stopintox.

La responsable de la Communication confirme que Essomo André Sylvain qui signe le document daté du 18 juin 2020 en circulation sur la toile est bien le directeur des ressources humaines Adjoint de Sosucam. Elle rassure aussi que l’adresse électronique mentionnée dans cet avis est bien celle utilisée lors des recrutements.

NON, l’Oms n’a pas encore validé le Covid-Organics

Après un échange téléphonique entre le président malgache Andry Rajoelina et le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (Oms) mercredi 20 mai 2020, les commentaires de certains internautes vont dans tous les sens. Certains ont conclu à la validation par le gendarme mondial de la Santé, du Covid-Organics, le remède malgache proposé contre la Covid-19.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est: NON

Sur son compte Twitter peu après l’échange téléphonique, Dr. Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur de l’Oms a fait savoir que la discussion avec le président malgache s’est articulée sur la façon de travailler ensemble sur la recherche et le développement thérapeutiques. Il relève également qu’ils ont convenu que la solidarité est la clé pour lutter contre la pandémie et assurer la sécurité du monde. Sans plus.

Sur son compte Twitter, le président Rajoelina apporte un peu plus de détails sur le contenu des échanges. Il note que l’Oms signera un accord de confidentialité sur la formulation du Covid-Organics et appuiera les processus d’observations cliniques en Afrique.

Les deux sorties en ligne ont totalisé près de 800 Retweets pour 2700 Likes et une pléthore de commentaires. A lire les interventions des uns et des autres sur les différentes plateformes des réseaux sociaux, la confusion règne dans les esprits. Des interrogations et interprétations fusent sur le contenu de cet échange et la position réelle de l’Oms.

Capture d’écran d’un compte Twitter annonçant une validation de Covid-Organics par l’Oms

Après une petite recherche avec « Andry Rajoelina » comme mot clé, la séquence de l’appel en vidéoconférence entre les deux dirigeants a été retrouvée sur la page Facebook du président malgache. L’échange téléphonique entre Tedros Adhanom Ghebreyesus et le président Rajoelina dure près de dix minutes.

D’entrée de jeu, le directeur de l’Oms a félicité le chef de l’Etat malgache pour son engagement dans le domaine de la santé, son implication dans l’éradication de la rougeole sur l’île l’année dernière notamment. Il a de suite demandé la situation de la Covid-19 à Madagascar.

« Je serai heureux de travailler avec vous de toutes les manières possibles », a indiqué Dr. Tedros.

A Rajoelina de rappeler que Madagascar a élaboré un protocole de traitement, un protocole d’observation clinique et un protocole d’essais cliniques. Le pays a ainsi d’abord utilisé le traitement associant la chloroquine à l’azithromycine. Mais des effets indésirables sur les patients traités par ce protocole et un risque potentiel de toxicité ont été relevés. Les chercheurs ont alors exploré d’autres voies et moyens pour faire face à cette pandémie. Le Covid-Organics est ainsi né.

Accord de non divulgation

«Nous avons utilisé de l’artemisia ainsi que d’autres plantes médicinales malgaches. Nous proposons actuellement un troisième protocole, un essai clinique associant deux médicaments injectables. Nous avons échangé avec des chercheurs de l’Océan indien et des chercheurs aux Etats Unis »,

a relevé Rajoelina.

Capture d’écran échange en vidéoconférence entre le Dg de l’Oms et le président malgache

Et de poursuivre qu’« en réponse à cette invitation de l’OMS, nous acceptons de proposer le Covid-Organics et l’association des deux médicaments injectables en tant que médicament candidat dans le cadre d’une solidarité trial sous réserve de l’adoption  d’un accord de non divulgation sous la formulation d’abord du Covid-Organics que nous proposons actuellement ».   

L’Oms a répondu que l’accord de non divulgation pour le Covid-Organics sera signé et gardé confidentiel. Et au directeur de l’institution de rappeler qu’il existe une unité de médecine traditionnelle à l’Oms qui peut être impliquée pour aider Madagascar qui s’en sort déjà très bien, comparé à d’autres pays.

« Elle peut travailler avec vous pour vous aider à affiner les protocoles et vous aidez pour que vous réussissez les essais cliniques liés à cela. Vous aider qu’ils soient aussi scientifiques que possible pour que quand les résultats sortent, ils soient acceptables à l’échelle mondiale », a expliqué le DG de l’Oms.

Dr Tedros a demandé que les scientifiques malgaches soient mis en relation avec ceux de l’Oms pour qu’ils commencent à travailler. Ce n’est donc qu’après toutes ces étapes que l’Oms pourra émettre des recommandations sur le Covid-Organics qui n’a jusqu’ici pas été validé, tel que le confirme la cellule de communication de Oms Cameroun.

 « L’Oms n’a pas validé le Covid-Organic et ne l’a jamais recommandé ; mais l’Oms s’est proposée d’accompagner Madagascar dans l’étude clinique afin d’avoir des preuves scientifiques sur l’efficacité de ce produit », a indiqué à Stopintox la représentation de l’Oms au Cameroun, qui invite les internautes à apprendre davantage sur le processus de l’étude clinique.

Il y a quelques semaines encore, l’Oms prévenait les dirigeants de ne pas promouvoir sans tests scientifiques le Covid-Organics comme remède contre le Coronavirus. La mise en garde avait été faite par le Dr Matshidiso Moeti, responsable de l’Oms pour l’Afrique.

Non, le Port autonome de Douala ne recrute pas 135 gestionnaires de logistique et transport

Un avis de recrutement en circulation sur la toile indique que le directeur du Port autonome de Douala (Pad) a annoncé l’ouverture d’un recrutement de 135 gestionnaires chefs et gestionnaires adjoints à la Régie du terminal à conteneurs du port de Douala-Bonabéri.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON

Les documents en circulation portent en en-tête les logos du Port autonome de Douala (Pad) et de la Régie du terminal à conteneurs (Rtc). L’annonce indique que le Pad recherche pour les postes ciblés 85 candidats de niveau baccalauréat et 50 autres de niveau Bts. Des conditions à remplir pour être retenus et rejoindre l’équipe du Pad sont énumérées. Le 22 juin 2020 à 15h est noté comme la date limite du dépôt des dossiers.

Rendu sur le site internet du Port autonome de Douala le 17 juin, le dernier article publié dans la rubrique « Actualité » annonce un recrutement, mais il s’agit ici du recrutement de sept pilotes. Dans le communiqué y relatif signé le 23 avril 2020, Cyrus Ngo’o, le directeur général du Pad « porte à la connaissance du public concerné que la date limite de dépôt de dossiers relatifs au recrutement de sept (07) pilotes est reportée au 30 juin 2020 à 15h30 ».

Le document indique à la fin que ledit appel à candidature peut être consulté sur le site internet www.pad.cm.  Aucun article ou document sur ce site ne fait état d’un recrutement de 135 gestionnaires de logistique et transport.

Sur la page Facebook du Pad aussi, aucun post au sujet d’un quelconque recrutement n’y figure. La dernière actualité publiée à 15h08 le 16 juin 2020 est relative au projet de sécurisation de l’espace portuaire à travers la vidéo surveillance et la construction de la barrière périmétrique en cours.

Sur un précédent post la veille 15 juin, on retrouve les deux documents en circulation sur les réseaux sociaux. Ils sont marqués en rouge de l’inscription « Fake ». Le message qui accompagne cette photo est « Attention : Arnaque ». Sans plus. 

La Rtc jouit d’une autorité administrative et financière

Jointe par Stopintox, la direction de la communication du Port autonome de Douala a indiqué qu’il s’agit de faux documents.

« Il n’y a pas d’appel à candidature. Ce document est un Fake », a indiqué Raoul Simplice Minlo, le directeur de la Communication du Pad.

Il relève plusieurs incohérences dans cette annonce. « Le Port autonome a ses caractères propres. La Rtc a ses caractères. Le Pad a son logo à part, la Rtc le sien. Ils ne se mélangent pas », fait-il savoir. Sur le document « fake », les logos des deux entreprises sont juxtaposés.

Sur un document de la Rtc disponible sur la page Facebook du Pad, on remarque justement que le logo du Pad n’est pas associé à celui de la Rtc. Le document n’est d’ailleurs pas signé de Cyrus Ngo’o, mais plutôt de Faustin Dingana. Il est le directeur délégué de la Rtc. Il a été nommé le 11 décembre 2019 par décision du directeur du Pad. Bien que placée sous l’autorité du Dg du Pad, cette régie jouit d’une autorité administrative et financière.  

Des adresses mail Fake

Autre alerte sur le document « Fake », les adresses électroniques ne sont ni celles du Pad ni celles de la Rtc. Le document fake affiche l’adresse rtc.pad@my.com, une sorte de mauvaise compilation des deux entités Pad et Rtc. Mais dans la réalité, l’adresse e-mail de la Rtc qui se présente sous la forme d’une adresse coorporate est rtc@rtcdouala.cm. Adresse consultable sur le pied de page de ce document officiel.

Un document officiel de la Rtc tirée de la Page Facebook du Pad.

La petite enveloppe qui représente l’onglet « Courriel » en haut de page du site internet du Pad renseigne que l’adresse électronique de cette société est pad@pad.cm.

A l’observation, les documents Fake ont emprunté des éléments de bas de page des documents officiels de la Rtc, en modifiant les adresses électroniques, les numéros de téléphone et de fax.

On ne paie pas pour des recrutements

Pour finir, un autre fait à relever. Il est demandé aux postulants de verser une somme de 21 500 F. Cfa. Mais le directeur de la Communication rassure qu’il n’est pas demandé de l’argent au candidats lors des  recrutements.

« Le Port autonome de Douala ou la Rtc ne demande pas d’argent pour les recrutements », a-t-il martelé.

Il annonce qu’un communiqué sera rédigé et mis en ligne pour alerter les usagers sur ce « Fake » en circulation.

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