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NON, l’Oms n’a pas encore validé le Covid-Organics

Après un échange téléphonique entre le président malgache Andry Rajoelina et le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (Oms) mercredi 20 mai 2020, les commentaires de certains internautes vont dans tous les sens. Certains ont conclu à la validation par le gendarme mondial de la Santé, du Covid-Organics, le remède malgache proposé contre la Covid-19.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est: NON

Sur son compte Twitter peu après l’échange téléphonique, Dr. Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur de l’Oms a fait savoir que la discussion avec le président malgache s’est articulée sur la façon de travailler ensemble sur la recherche et le développement thérapeutiques. Il relève également qu’ils ont convenu que la solidarité est la clé pour lutter contre la pandémie et assurer la sécurité du monde. Sans plus.

Sur son compte Twitter, le président Rajoelina apporte un peu plus de détails sur le contenu des échanges. Il note que l’Oms signera un accord de confidentialité sur la formulation du Covid-Organics et appuiera les processus d’observations cliniques en Afrique.

Les deux sorties en ligne ont totalisé près de 800 Retweets pour 2700 Likes et une pléthore de commentaires. A lire les interventions des uns et des autres sur les différentes plateformes des réseaux sociaux, la confusion règne dans les esprits. Des interrogations et interprétations fusent sur le contenu de cet échange et la position réelle de l’Oms.

Capture d’écran d’un compte Twitter annonçant une validation de Covid-Organics par l’Oms

Après une petite recherche avec « Andry Rajoelina » comme mot clé, la séquence de l’appel en vidéoconférence entre les deux dirigeants a été retrouvée sur la page Facebook du président malgache. L’échange téléphonique entre Tedros Adhanom Ghebreyesus et le président Rajoelina dure près de dix minutes.

D’entrée de jeu, le directeur de l’Oms a félicité le chef de l’Etat malgache pour son engagement dans le domaine de la santé, son implication dans l’éradication de la rougeole sur l’île l’année dernière notamment. Il a de suite demandé la situation de la Covid-19 à Madagascar.

« Je serai heureux de travailler avec vous de toutes les manières possibles », a indiqué Dr. Tedros.

A Rajoelina de rappeler que Madagascar a élaboré un protocole de traitement, un protocole d’observation clinique et un protocole d’essais cliniques. Le pays a ainsi d’abord utilisé le traitement associant la chloroquine à l’azithromycine. Mais des effets indésirables sur les patients traités par ce protocole et un risque potentiel de toxicité ont été relevés. Les chercheurs ont alors exploré d’autres voies et moyens pour faire face à cette pandémie. Le Covid-Organics est ainsi né.

Accord de non divulgation

«Nous avons utilisé de l’artemisia ainsi que d’autres plantes médicinales malgaches. Nous proposons actuellement un troisième protocole, un essai clinique associant deux médicaments injectables. Nous avons échangé avec des chercheurs de l’Océan indien et des chercheurs aux Etats Unis »,

a relevé Rajoelina.

Capture d’écran échange en vidéoconférence entre le Dg de l’Oms et le président malgache

Et de poursuivre qu’« en réponse à cette invitation de l’OMS, nous acceptons de proposer le Covid-Organics et l’association des deux médicaments injectables en tant que médicament candidat dans le cadre d’une solidarité trial sous réserve de l’adoption  d’un accord de non divulgation sous la formulation d’abord du Covid-Organics que nous proposons actuellement ».   

L’Oms a répondu que l’accord de non divulgation pour le Covid-Organics sera signé et gardé confidentiel. Et au directeur de l’institution de rappeler qu’il existe une unité de médecine traditionnelle à l’Oms qui peut être impliquée pour aider Madagascar qui s’en sort déjà très bien, comparé à d’autres pays.

« Elle peut travailler avec vous pour vous aider à affiner les protocoles et vous aidez pour que vous réussissez les essais cliniques liés à cela. Vous aider qu’ils soient aussi scientifiques que possible pour que quand les résultats sortent, ils soient acceptables à l’échelle mondiale », a expliqué le DG de l’Oms.

Dr Tedros a demandé que les scientifiques malgaches soient mis en relation avec ceux de l’Oms pour qu’ils commencent à travailler. Ce n’est donc qu’après toutes ces étapes que l’Oms pourra émettre des recommandations sur le Covid-Organics qui n’a jusqu’ici pas été validé, tel que le confirme la cellule de communication de Oms Cameroun.

 « L’Oms n’a pas validé le Covid-Organic et ne l’a jamais recommandé ; mais l’Oms s’est proposée d’accompagner Madagascar dans l’étude clinique afin d’avoir des preuves scientifiques sur l’efficacité de ce produit », a indiqué à Stopintox la représentation de l’Oms au Cameroun, qui invite les internautes à apprendre davantage sur le processus de l’étude clinique.

Il y a quelques semaines encore, l’Oms prévenait les dirigeants de ne pas promouvoir sans tests scientifiques le Covid-Organics comme remède contre le Coronavirus. La mise en garde avait été faite par le Dr Matshidiso Moeti, responsable de l’Oms pour l’Afrique.

OUI, l’OMS a ordonné la suspension temporaire des essais cliniques sur la chloroquine

Un message circulant sur la messagerie WathsApp lundi 25 mai 2020 et attribué à un médecin camerounais faisait savoir que L’OMS suspend les “essais cliniques” sur la Chloroquine. Stopintox a été sollicité pour savoir si le médecin était à l’origine du message et si l’information était fondée.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est OUI .

Le message signé Dr Etoa qui circule informe de ce que « L’OMS suspend les “essais cliniques” sur la Chloroquine après la publication d’une étude qui met en garde contre la possible nocivité de ce traitement sur les patients atteints du coronavirus. Retour à la case départ. ». Contacté par Stopintox, le Dr Roger Etoa confirme que le message est bien de lui.

L’Organisation mondiale de la santé a en effet annoncé qu’elle suspendait temporairement les essais cliniques sur la Chloroquine qu’elle mène avec ses partenaires dans plusieurs pays, par mesure de précaution. Ces essais cliniques lancés il y a plus de deux mois, étaient baptisés “Solidarité” et portaient notamment sur l’Hydroxychloroquine, dans le but de trouver un traitement efficace contre la Covid-19. Ces essais seront suspendus le temps que “les données” recueillies par les essais Solidarité soient examinées. Cette annonce a été faite le 25 mai lors  d’un point d’information sur le coronavirus..

A en croire Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l’OMS, cette décision fait suite à la publication d’une récente étude jugeant inefficace, voire néfaste le recours à la Chloroquine ou à ses dérivés comme l’Hydroxychloroquine contre la Covid-19. Selon cette étude parue vendredi dans la revue médicale The Lancet , la plus large réalisée à ce jour sur ces molécules, la Chloroquine et l’Hydroxychloroquine ne sont pas efficaces contre le coronavirus. Pire, elles augmentent le risque de décès et d’arythmie cardiaque.

671 Hôpitaux concernés sur les 7 continents

Les quatre chercheurs britanniques à l’origine de l’étude, ont examiné 96 032 dossiers médicaux émanant de 671 hôpitaux sur les six continents, avant de conclure que cette molécule ne permettait pas de soigner les malades du Covid-19. L’étude révèle que chez les patients ayant reçu des soins standards, le taux de mortalité est de 9,3%. Un chiffre qui grimpe à 16,4% pour les patients traités à base de chloroquine et à 23,8% pour ceux ayant reçu un traitement à base d’hydroxychloroquine et d’antibiotiques.

« Une étude foireuse faite avec le big data »

“Cette étude est très bonne parce qu’elle est absolument gigantesque (…). Ça amène une pierre angulaire au problème mais ça ne répond pas de manière extrapolable à l’ensemble de la population. Tant qu’une étude prospective randomisée ne sera pas faite, on n’aura pas vraiment la réponse”,

regrette Milou-Daniel Drici, le responsable du Centre régional de pharmacovigilance de Nice en France, interrogé samedi 23 mai par franceinfo.

Lundi 25 mai, le principal défenseur de la chloroquine, le directeur de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée-Infection, à Marseille, s’est exprimé sur YouTube pour défendre son protocole. Dénonçant “une étude foireuse faite à base de big data”. Le professeur Didier Raoult persiste et signe :

“Je ne sais pas si ailleurs l’Hydroxychloroquine tue, mais ici elle sauve des vies. (…) Ne croyez pas que je vais changer d’avis parce que des gens font du big data, fantaisie complètement délirante qui prend des données dont on ne connaît pas la qualité et qui mélange tout. La réalité est tordue [dans cette étude] d’une telle manière que ce qui est rapporté n’a plus rien à voir avec la réalité observable”,

poursuit l’infectiologue et professeur de microbiologie.

L’Hydroxychloroquine, dérivée de la Chloroquine est prescrite depuis plusieurs décennies contre le paludisme. La molécule connaît une notoriété inédite depuis que le professeur Didier Raoult a relayé une étude chinoise, affirmant que le phosphate de chloroquine montrait selon lui des signes d’efficacité chez des personnes atteintes de la Covid-19.

Si en France l’Agence du médicament “souhaite suspendre” les essais cliniques avec l’Hydroxychloroquine, au Brésil par contre, le président Jair Bolsonaro est convaincu de son efficacité, à tel point que le ministère de la Santé a recommandé son usage pour tous les patients légèrement atteints.

OUI, le président tanzanien dit avoir décelé de faux tests de Covid-19 dans le matériel de laboratoire acquis sous forme de don

La toile a été inondée il y a quelques jours de messages des internautes indiquant que des tests de Covid-19 offerts sous forme de dons en Tanzanie étaient douteux. Nous avons vérifié. La réponse est: OUI

Le Président tanzanien John Magufuli croit avoir vu clair dans le “jeu malsain” des occidentaux à propos du coronavirus. Dans un discours à la nation, John Magufuli dit avoir discrètement fait des tests sur des objets aussi divers qu’un fruit du jacquier, une papaye, ou une chèvre et qu’ils ont tous été testés positifs à la Covid-19. Trois choses qui n’ont jamais été liées au virus dans le passé. Une preuve selon lui que les résultats des tests de coronavirus sont programmés pour détecter de nouveaux cas.

Un internaute fait signe à stopintox de vérifier

 « Il est possible qu’il y ait des erreurs techniques ou que les réactifs importés aient des problèmes. Il est également probable que les techniciens soient payés pour induire en erreur. (…) L’équipement ou les personnes peuvent être compromis et parfois cela peut être du sabotage »,

avait-il déclaré dans un discours en swahili retransmis par la télévision publique TBC.

Après avoir obtenu les résultats positifs des échantillons non humains, le chef de l’Etat tanzanien a suspendu le directeur et le responsable des tests du laboratoire national de santé, au lendemain de sa déclaration. Il a aussi annoncé que la police enquêterait sur les kits de test, dont l’origine est inconnue.

Faux tests

Les faux tests décelés en Tanzanie suggèrent selon le chef de l’Etat que les chiffres publiés sur le nombre d’infections dans ce pays d’Afrique de l’Est pourraient ne pas être exacts. Le gouvernement n’a plus communiqué de résultats depuis son discours du 29 avril dernier qui reste à 480 cas pour 17 décès. John Magufuli s’étant plaint que le gouvernement n’attise la panique en publiant ces chiffres.

Les tests de détection au Coronavirus sont au cœur de nombreuses controverses ces derniers jours.

C’est le cas à Madagascar où les résultats des tests effectués par l’institut Pasteur la semaine du 4 mai ont été contestés par le gouvernement qui a diligenté une enquête. Le gouvernement malgache trouvait les 67 cas déclarés positifs en 24h invraisemblables. L’enquête lui donnera raison puisque dans un article le 13 mai 2020, RFI fait savoir que l’institut Pasteur reconnait des dysfonctionnements dans l’analyse des tests Covid-19 transmis aux autorités malgaches le 6 mai. On est passé de 67 cas alors déclarés positifs à 5. Dans cet article on peut lire que :

« L’institut admet aujourd’hui que des échantillons sains ont pu être accidentellement contaminées, mais sans que l’on sache à quel moment. Avant ou après leur arrivée à l’institut »

Quelques semaines avant, le journal Britannique The Telegraph, annonçait que les tests du Coronavirus au Royaume-Uni ont été retardés après que des kits se sont avérés contaminés par la Covid-19. Des composants clés commandés à l’étranger pour les tests se sont révélés contenir des traces du SARS-Cov-2.

Vous avez des doutes sur une information qui circule? Ecrivez-nous sur WhatsApp

OUI, des ressortissants camerounais en Chine disent avoir besoin d’assistance et souhaitent être évacués hors des villes touchées par le virus

Des ressortissants camerounais vivants à Hubei en Chine réclament-ils de l’aide? Des informations dont état de ce que ces camerounais ont besoin d’assistance multiforme. Nous avons vérifié pour vous. La réponse est OUI.

Le samedi 1er février 2020, la présidente de l’association des camerounais de Chine signe une note faisant le point sur la situation des camerounais vivant dans ce pays frappé par une épidémie de CoronaVirus. Dans ce communiqué Kodi Masso fait savoir qu’aucun camerounais à sa connaissance n’est en situation de détresse en Chine hormis trois étudiants de la ville de Yichang. mis en observation/quarantaine.

Après avoir ajouté qu’aucun étudiant camerounais à sa connaissance n’a demandé un rapatriement, Kodi Masso estime qu’envoyer des informations alarmantes ne peut qu’engendrer la panique au sein de la communauté et mettre peut être en danger les relations diplomatiques entre le Cameroun et leur pays d’accueil, la Chine. Elle remercie ensuite les autorités camerounaises et l’ambassade à Beijing pour leur sollicitude à l’endroit des étudiants en Chine.  

Toutes choses que ne confirment pas de nombreux étudiants camerounais contactés par Stopintox ainsi que certains délégués d’étudiants d’autres régions qui disent ne pas se reconnaitre dans ce message. Une position que partage Gildas Simo Fankam, le président Délégué des Étudiants Camerounais de Wuhan, la ville d’où est partie l’épidémie, qui au cours d’une interview accordée au site Afrik-Inform le 31 janvier 2020, affirme que les étudiants et autres ressortissants camerounais n’ont reçu aucun soutien officiel de la part des autorités camerounaises. Il implore le gouvernement camerounais à sortir de son silence pour leur apporter une aide multiforme. Il parle de la panique au sein de la communauté estudiantine à Wuhan. “Ceux qui avaient les moyens de quitter la Chine l’ont déjà fait” rappelle-t-il avant d’ajouter qu’il n’a reçu qu’un coup de fil à titre privé d’un attaché de l’ambassade alors même qu’il avait envoyé, quelques jours avant, une note officielle restée sans réponse. Aucun déploiement en termes de logistique pour leur venir en aide n’ayant été déclenché alors même que les étudiants d’autres pays reçoivent des messages de réconfort de leurs autorités tous les jours se plaint-il.

Alain Bassom, parent dont les jumeaux fréquentent la Hubei economy university va dans la même lancée. Une capture écran de son message de détresse envoyé dans un groupe Wathsapp s’est retrouvée sur la toile. Contacté par Stopintox il fait savoir qu’il se rendra à Yaoundé ce 3 février 2020 s’enquérir auprès des ministères de l’enseignement supérieur, de la santé publique et des relations extérieures du sort réservé à ses enfants et à leurs camarades.

Celui qui affirme par ailleurs avoir lancé le hashtag #BringtBackOurChildren dit ne pas comprendre le silence assourdissant des autorités camerounaises qui ont abandonné leurs ressortissants à leur propre sort. Pas de message réconfortant officiel, pas de communication sur des mesures qui pourraient être prises ou sur des denrées à envoyer. De quoi révolter ce père d’enfants qui précise que si le rapatriement n’est pas la solution, la Chine ayant de bien meilleurs moyens pour prendre en charge des malades en cas de contamination, une évacuation hors des villes contaminées serait salutaire.

L’alerte sur la situation des camerounais à Hubei a été lancée le 29 janvier 2020 par le Dr. Pisso Nseke consultant d’affaires et ancien président, entre 2016 et 2018, de l’association des étudiants camerounais en Chine. Il décide d’adresser via son compte Facebook  une lettre ouverte au président Paul Biya pour l’informer de la situation d’environ 300 camerounais qui vivent à Hubei, la province épicentre du Coronavirus.

Lettre ouverte de Pisso Nseke sur Facebook

Contacté par Stopintox, Pisso Nseke affirme que cette lettre ouverte avait pour but d’ attirer l’attention sur la situation des camerounais dans cette zone après deux tentatives infructueuses de joindre l’ambassade du Cameroun en Chine. Le premier mail  date du 24 janvier dernier soit au lendemain de l’annonce officielle de la mise en quarantaine de la zone touchée par le virus. Le second courriel est envoyé le 27 janvier aux adresses emails de l’ambassade.

Dans les deux mails, Pisso Nseke réclame des informations sur la situation des camerounais vivants en Chine et essaie d’alerter les autorités sur la nécessité de leur apporter toute assistance possible.  Sur la question du moyen utilisé pour contacter l’ambassade, Pisso Nseke répond: « Généralement l’ambassade ne réponds pas aux appels téléphoniques. On a les emails officiels de l’ambassade et le service culturel de l’ambassade chargé des étudiants ».

Les mails resteront sans réponse. Le Dr Nseke fait savoir qu’au 1er février 2020, les camerounais n’avaient reçu aucune nouvelle des autorités camerounaises.

Pour lui, si quelques camerounais pris de panique ont émis au départ l’idée être rapatriés au Cameroun, beaucoup souhaitent désormais une évacuation hors des zones où sévit le virus tout comme l’envoi de soutien financier pouvant leur permettre de se procurer des produits de première nécessité (masques, désinfectants, vivres).

Contacté pour plus d’éclairage sur cette situation et sur ce qui est fait pour venir en aide aux camerounais de Chine, étant donné que les pages officielles de Diplomatie Cameroun sont muettes sur le sujet, la cellule de la communication du ministère des relations extérieures nous renvoie vers les sorties du ministre de la Santé Publique, le Dr Malachie Manaouda qui a notamment fait savoir sur son compte Twitter que jusqu’à la date du 1er février 2020 au soir, le ministère des relations extérieures a fait comprendre au gouvernement qu’aucun camerounais résidant en Chine n’avait sollicité un rapatriement avant d’ajouter que la communauté camerounaise de Wuhan, en majorité estudiantine, « est sous l’encadrement de notre ambassadeur ».

Tweet du Dr Manaouda répondant à un internaute

Ce 30 janvier 2020, une note officielle des autorités de la Huazhong University of Science and Technology demande aux étudiants étrangers qui vivent en Chine de se rapprocher de leurs ambassades afin qu’elles prennent attache avec les autorités chinoises pour l’organisation de leur évacuation hors des villes touchées par le Coronavirus.

Le communiqué mentionne par ailleurs que selon la municipalité de Wuhan, seule l’ambassade peut initier une évacuation pour ses ressortissants. « Ce qu’une vingtaine de pays a déjà fait » rappelle Pisso Nseke qui, avec d’autres camerounais à Wuhan, ont le regard tourné vers Yaoundé.

L’équipe de Stopintox a contacté l’ambassade du Cameroun en Chine et reste en attente de réponse. L’ambassadeur de Chine au Cameroun organise par ailleurs ce lundi matin à 10h une rencontre avec les journalistes et la communauté camerounaise intéressée pour faire le point de la situation en Chine.

Non, l’ancien président centrafricain François Bozizé ne s’est pas mis à genoux devant l’actuel président Faustin-Archange Touadera

Une image en circulation sur la toile semble présenter l’ancien président centrafricain François Bozizé à genoux, devant l’actuel président Faustin-Archange Touadera.

L’équipe de Stopintox a vérifié pour vous. La réponse est: NON

La photo en question a été partagée à plusieurs reprises dans des fora WhatsApp et sur des pages Facebook.

Il s’agit en fait d’un photomontage. Ghislain Tsendzié Ngoa et Christian Nzokou se sont penchés sur cette photo qui a fait le tour de la messagerie WhatsApp. D’après nos deux consultants en graphisme, la photo est de très mauvaise qualité. Les pixels ayant été volontairement affaiblis pour masquer au maximum les imperfections du montage. Aussi, le mode chromatique est également utilisé pour masquer davantage les traces du montage.

Deux photos originales ont été utilisées pour réaliser cette supercherie.

Une petite recherche d’image inversée sur Google et on retrouve parmi les résultats les photos ayant servi au montage. La première image, à gauche, présente les deux protagonistes en tête à tête. Par rapport à la photo du montage, nos consultants font remarquer qu’il existe une entière similarité de positions du Président Touadera. «En visualisant le plan de la chemise sur la table, on remarque plus nettement dans l’image un détourage grossier autour de la chemise en question. Les pixels sont moins nets que sur la photo officielle », observe notamment Ghislain Tsendzié Ngoa.

L’article dans lequel est insérée cette première photo ayant servi au montage a été posté il y a deux jours, le 22 janvier 2020. A travers les lignes, l’on apprend qu’il s’agit d’une réunion en tête à tête entre Bozizé et Touadera. Président entre 2003 et 2013, Bozizé avait quitté le pays en 2013 après un coup d’Etat des rebelles Séléka. Il est retourné en République centrafricaine en décembre 2019, après 6 ans d’exil à Kampala, en Ouganda.

Une autre recherche sur « François Bozizé » sur Google permet de repérer la deuxième photo ayant servi au montage celle à droite.

L’image illustre une visite de l’ex-président centrafricain en Chine en compagnie du président du pays hôte, Hu Jintao le 10 septembre 2009. D’après nos experts, cette image est clairement la photo utilisée pour mettre Bozizé en profil sur la photo truquée tout en utilisant son pied découpé pour le mettre en position à genou. On remarque les mêmes reflets de lumière sur ses chaussures.

Si plusieurs internautes sont tombés dans le panneau devant ce photomontage, c’est peut-être aussi parce qu’ils se souviennent que lors d’un meeting à son retour au pays, Bozizé avait demandé pardon pour « tout ce qui est arrivé au pays »

Non ce cercueil en verre annoncé comme connecté n’est pas celui de Mugabe

Peu après le décès de Robert Mugabe, des images ont circulé sur la toile, présentant un cercueil en verre connecté comme étant celui de l’ex-président zimbabwéen.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est; NON

Peu après le décès de Robert Mugabe, des images d’un cercueil en verre ont abondamment circulé sur la toile avec un post affirmant qu’il coûte 17 milliards de dollar et qu’il est informatisé de manière à ce qu’après son enterrement, les membres de la famille du disparu puissent surveiller ses restes via leurs téléphones portables.

La publication a généré de centaine de commentaires au bas de certains posts en circulation depuis une semaine. Le message est accompagné de trois images superposées. Une première photo de plus grande envergure présente le cercueil de couleur blanche recouvert par le drapeau zimbabwéen.

Cercueil du général Murozvi

Pour cette première illustration, une recherche rapide sur TinEye nous renvoie à une vidéo et un article publiés en 2017. Il s’agit en fait d’une image prise à Harare lors des funérailles du général de brigade zimbabwéen James Murozvi. Des obsèques auxquelles avait pris part Robert Mugabe de son vivant. Encore en poste à ce moment-là, Robert Mugabe avait rendu un vibrant hommage à ce «combattant pour la libération du Zimbabwé», élevé au rang de «héros national» à titre posthume.

Les deux autres images juxtaposées au bas de la première illustration présentent un cercueil, dont l’intérieur du couvert est équipé d’un écran d’ordinateur connecté. Une page Facebook est d’ailleurs ouverte sur l’écran. Des accessoires informatiques tels une souris et des écouteurs sont «connectés» au cercueil.

D’après le message en circulation sur la toile, «(…) les installations qu’il (le cercueil) contient protégeront sa dépouille de la décomposition pendant les dix prochaines années…»

Une image en circulation depuis plus de 9 ans

Une recherche inversée sur Google image et une autre sur TinEye révèlent que cette image a été utilisée à 469 reprises sur plusieurs sites internet. Certaines publications datant de 2010, soit neuf ans avant le décès de Robert Mugabe, décédé le 6 septembre 2019. Ce cercueil est présenté sur certaines plateformes web comme une blague de designers. On retrouve d’ailleurs sur les mêmes sites des cercueils « designés » en forme de cellulaires, de voitures ou de maisons. 

Aussi, selon le Fake News en circulation, le cercueil a été fabriqué par London Casket. Un tour sur le site internet (onglet Product) de ce concessionnaire de cercueils permet de constater que le modèle brandi sur les réseaux sociaux n’y figure pas. 

Pour finir, le cercueil de l’ex-président Robert Mugabe n’est pas de couleur blanche.

NON, le Cameroun n’a pas été intégré dans le programme américain d’exemption de visa

Un article abondamment repris par des sites internet et sur les réseaux sociaux le 16 mai 2019 indique que le Cameroun, ainsi que neuf autres pays, ont été intégrés dans le programme américain d’exemption de visa (Visa Waiver Program). 

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est NON

La publication relève que les neuf autres pays qui viennent d’être rajoutés au programme en même temps que le Cameroun sont : l’Argentine, l’Uruguay, l’Afrique du Sud, le Kenya, la Jamaïque, Hong Kong, les Seychelles, le Malawi et la Georgie. Les ressortissants desdits pays, selon l’article, peuvent passer jusqu’à 180 jours aux Etats-Unis d’Amérique pour le tourisme ou les affaires.

Mais il n’en est rien. Un site internet administré par le département d’Etat présente dans les détails le programme d’exemption de visa et la liste des 38 pays éligibles. Le Cameroun n’y figure pas. Aucun des neufs autres pays cités par la publication n’y figure non plus. Le site précise aussi que ledit programme permet aux ressortissants des pays éligibles de voyager pour les États-Unis sans visa pour un séjour de 90 jours au plus.

Une source à l’ambassade des Etats-Unis au Cameroun, jointe par StopIntox, a indiqué qu’il s’agit d’un Fake News. La source fait savoir que la même ‘’infox’’ a été répandue en Malaisie en date du 1er mai 2019. Le ministre des affaires étrangères de la Malaisie a produit un communiqué en guise de démenti.  

Ce n’est pas la première fois que des Fake News du genre circulent sur Internet à propos du programme américain d’exemption de visa. A chaque fois, le département d’Etat fait une mise au point.

Mathias Mouendé Ngamo

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