Author Archives: Mathias Mouende

Non le chef de Minkan qui a fait savoir que le don du chef de l’Etat ne l’intéresse pas n’a pas été destitué

Des articles et posts ont inondé la toile le samedi 22 mai 2020 indiquant que le chef du village Minkan, dans la région du Sud du Cameroun, a été destitué par un sous-préfet.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est: NON

D’après les nouvelles en circulation, Evina Engoto, présenté comme le chef traditionnel de Minkan, a été déposé par l’autorité administrative pour avoir émis un avis défavorable sur le don du chef de l’Etat.

Un internaute sollicite que Stopintox se penche sur ce sujet.

Les articles qui relaient cette information font ainsi référence à la vidéo qui a fait le tour de la toile il y a une semaine. « Un sous-préfet humilie et finalement destitue un chef traditionnel », rapportent plusieurs sites internet camerounais.

Alertée par un internaute, l’équipe de Stopintox s’est penchée sur le sujet et a constaté que plusieurs éléments dès le départ n’étaient pas avérés.

Les articles parlent d’un sous-préfet. Ce n’est pas exact car le don du chef de l’Etat pour lutter contre la Covid-19 avait été restitué le 14 mai 2020 à l’esplanade de la sous-préfecture d’Ebolowa 1er par le préfet du département de la Mvila lui-même, Marie Sylyac Mvogo. Sur la vidéo on s’aperçoit bien que l’autorité administrative porte deux étoiles sur ses épaulettes. Ce qui donne une idée claire sur son grade car au Cameroun, les sous-préfets portent une étoile à l’épaulette, les préfets deux et les gouverneurs trois étoiles.

Pour en avoir la certitude, nous avons contacté Anicet Siesther Essiane, journaliste exerçant dans la région du Sud et ayant couvert cette remise de don pour le compte de son média. Il nous fait savoir que c’est le préfet lui-même qu’on aperçoit dans la vidéo et ajoute que la cérémonie a eu lieu à Ngalane, place des fêtes de l’arrondissement de Ebolowa 1er.

L’autre information erronée est celle qui fait passer Evina Engoto pour le chef de Minkan. Le chef de Minkan a depuis été identifié et il s’agit bien de Sa Majesté Bang Bang Calvin. Il est un chef traditionnel de 3ème degré. Rien à voir avec Evina Engoto, tel que publié partout sur les réseaux sociaux. Ce dernier est le représentant du parti politique le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) dans la zone. Joint au téléphone, Sosthène Médard Lipot le secrétaire national à la communication du MRC fait savoir que Evina Engoto est le secrétaire de fédération départementale du MRC dans la Mvila.

Par contre, le document qui serait à l’origine de la confusion est l’interdiction d’une manifestation de Survie Cameroun par le sous-préfet d’Ebolowa 1er. Dans cette décision administrative, le chef de terre interdit « les manifestations programmées le mercredi 20 mai 2020 dans la ville d’Ebolowa et ses environs par Monsieur EVINA ENGOTO et ses amis mandataires de l’initiative fantôme Survie Cameroun ». Le nom Evina Engoto qui apparait dans ce document a été interprété à tort comme celui du chef de Minkan.

Copie de la décision signée par le sous-préfet d’Ebolowa 1er.

Le chef de Minkan n’a pas été destitué

 « Le chef de Minkan n’a jamais été destitué, encore moins inquiété. La destitution est l’objet d’une procédure, mais pas aussi simple et rapide que vous le croyez. Du sous-préfet au préfet, du préfet au gouverneur et du gouverneur au ministère de l’Administration territoriale qui signe l’acte de destitution si destitution il y a », analyse Anicet Siesther Essiane, journaliste exerçant dans la région du Sud. Et c’est logiquement qu’il nous rappelle que le 21 mai était un jour férié et qu’aucun acte administratif ne peut avoir été pris.

Contacté par StopIntox dimanche 24 mai 2020, le sous-préfet d’Ebolowa 1er, Akondi Elvis Mbahangwen, confirme cet avis du confrère journaliste.

« C’est un fakenews. Le chef de Minkan, Sa Majesté Bang Bang Calvin, exerce ses activités dans son village sans problème. Le préfet n’a rien contre lui. Moi non plus », précise le sous-préfet d’Ebolowa 1er.

Revenant sur la cérémonie de remise de dons du président de la République, point de départ de la vidéo virale, il note que le seau remis au chef de Minkan était une entité à titre symbolique dans le package à lui destiné.  « Le préfet a choisi une entité. Le chef a accepté le don. Il a d’abord hésité, parce qu’aux précédents récipiendaires, le préfet a remis des seaux avec robinets. Le préfet a fait des observations en blaguant. Il n’a pas l’intention de le faire. Nous sommes un Etat de droit et chacun a la liberté d’expression. Le chef est en place et on le soutient. C’est un chef courageux. Il n’a pas peur d’exprimer ses sentiments », explique Akondi Elvis Mbahangwen.

Rencontre entre le préfet et le chef de Minkan ce 25 mai

L’autorité administrative fait savoir d’ailleurs qu’avec toute cette agitation sur la toile, le chef de Minkan a été appelé à rencontrer le préfet du département de la Mvila à Ebolowa ce lundi 25 mai 2020. « C’est pour le rassurer. Avec tout ce qui se passe sur les réseaux sociaux, le chef peut prendre peur », relève le chef de terre.

NON, Monseigneur Samuel Kléda n’a pas dévoilé la composition de son remède contre le Coronavirus

Un message abondamment partagé sur les réseaux sociaux, Facebook, Twitter et WhatsApp notamment indique que l’archevêque métropolitain a livré la recette de sa potion contre le Covid-19.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est: NON

Le post viral ayant obtenu 12 000 Partages et plus de 1 500 commentaires

La publication sur un compte Facebook a enregistré plus de 12 000 partages et généré près de 2000 commentaires en moins de 24 heures. Le post mis en ligne le dimanche 03 mai 2020 cite entre autres ingrédients qui rentreraient dans cette potion tant recherchée : les racines de papaye, la citronnelle, le citron ou encore l’ail. Une photo de l’archevêque est associée à ladite publication.  Mais il n’en est rien.

Après ce post devenu viral sur Facebook et dans différents groupes WhatsApp, un premier démenti a été enregistré sur la toile. Lazare Kolyang, en service à l’archevêché de Douala, a indiqué dans une publication tard dans la nuit de dimanche, que Mgr Samuel Kléda dément formellement cette information faisant état du mélange fait à base de produits naturels qui rentreraient dans la composition de son traitement. « Je l’ai si bien rappelé lors du point de presse que j’ai eu avec les journalistes. Il n’est pas question de donner une quelconque recette au public. Il ne faut pas que les populations s’empoisonnent », peut on lire dans le post de Lazare Kolyang rapportant les propos de l’Archevêque.

Démenti publié tard dans la nuit de dimanche

Rendu à l’archevêché de Douala le lundi 04 mai 2020 autour de 11 h pour recueillir une déclaration de Mgr Samuel Kléda sur le sujet, le vigile en faction à la guérite a indiqué à Stopintox que « l’archevêque a dit qu’il ne parle plus à la presse », apprend-on. Une décision, dit-on, intervenue après son dernier point de presse avec les médias le 29 avril.

Une autre démarche engagée simultanément auprès de confrères journalistes a permis d’avoir une issue favorable confirmant le démenti cité plus haut. C’est Patrick Christian Ndobo en service à la chaine de télévision privée Canal 2 International qui nous ouvre une brèche. Le journaliste a pu joindre Mgr Samuel Kléda par messagerie pour solliciter « un démenti sur les nouvelles diffusées dans les réseaux sociaux au sujet de votre solution ». A cette requête du journaliste, l’archevêque a répondu : « Vous pouvez le faire pour le bien des personnes malades ». Mgr Samuel Kléda permet donc ainsi à Stopintox, de relayer son démenti par le truchement de notre confrère.

Non, l’ancien président centrafricain François Bozizé ne s’est pas mis à genoux devant l’actuel président Faustin-Archange Touadera

Une image en circulation sur la toile semble présenter l’ancien président centrafricain François Bozizé à genoux, devant l’actuel président Faustin-Archange Touadera.

L’équipe de Stopintox a vérifié pour vous. La réponse est: NON

La photo en question a été partagée à plusieurs reprises dans des fora WhatsApp et sur des pages Facebook.

Il s’agit en fait d’un photomontage. Ghislain Tsendzié Ngoa et Christian Nzokou se sont penchés sur cette photo qui a fait le tour de la messagerie WhatsApp. D’après nos deux consultants en graphisme, la photo est de très mauvaise qualité. Les pixels ayant été volontairement affaiblis pour masquer au maximum les imperfections du montage. Aussi, le mode chromatique est également utilisé pour masquer davantage les traces du montage.

Deux photos originales ont été utilisées pour réaliser cette supercherie.

Une petite recherche d’image inversée sur Google et on retrouve parmi les résultats les photos ayant servi au montage. La première image, à gauche, présente les deux protagonistes en tête à tête. Par rapport à la photo du montage, nos consultants font remarquer qu’il existe une entière similarité de positions du Président Touadera. «En visualisant le plan de la chemise sur la table, on remarque plus nettement dans l’image un détourage grossier autour de la chemise en question. Les pixels sont moins nets que sur la photo officielle », observe notamment Ghislain Tsendzié Ngoa.

L’article dans lequel est insérée cette première photo ayant servi au montage a été posté il y a deux jours, le 22 janvier 2020. A travers les lignes, l’on apprend qu’il s’agit d’une réunion en tête à tête entre Bozizé et Touadera. Président entre 2003 et 2013, Bozizé avait quitté le pays en 2013 après un coup d’Etat des rebelles Séléka. Il est retourné en République centrafricaine en décembre 2019, après 6 ans d’exil à Kampala, en Ouganda.

Une autre recherche sur « François Bozizé » sur Google permet de repérer la deuxième photo ayant servi au montage celle à droite.

L’image illustre une visite de l’ex-président centrafricain en Chine en compagnie du président du pays hôte, Hu Jintao le 10 septembre 2009. D’après nos experts, cette image est clairement la photo utilisée pour mettre Bozizé en profil sur la photo truquée tout en utilisant son pied découpé pour le mettre en position à genou. On remarque les mêmes reflets de lumière sur ses chaussures.

Si plusieurs internautes sont tombés dans le panneau devant ce photomontage, c’est peut-être aussi parce qu’ils se souviennent que lors d’un meeting à son retour au pays, Bozizé avait demandé pardon pour « tout ce qui est arrivé au pays »

Non, le Pdg du Groupe Bocom n’a pas obtenu l’exclusivité d’exploitation des minerais au Cameroun

Des posts en circulation sur WhatsApp depuis quelques jours indiquent qu’une convention signée avec le ministre des Mines, de l’Industrie et du développement technologique accorde à Dieudonné Bougne l’exclusivité d’exploitation des minerais sur le sol camerounais.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON

Yaoundé, le 14 novembre 2019. Le ministre des Mines et Dieudonné Bougne lors de la signature de la convention.

Une convention a bien été signée entre les deux parties jeudi 14 novembre 2019 à Yaoundé. Contrairement au message en circulation sur les réseaux sociaux, elle n’octroie pas l’exclusivité de l’exploitation des minerais. Elle concerne plutôt l’exploitation minière du fer d’Akom II, dans la région du Sud. Cet acte entre le ministre des Mines, Gabriel Dodo Ndoke, mandant de l’Etat et la société anonyme de droit camerounais G-Stones Resources S.a, représentée par Dieudonné Bougne, Pdg du groupe Bocom, prévoit l’exploitation sur près de 40 ans de la mine sur 3 kilomètres. G-Stones Resources S.a prévoit de produire 2 millions de tonnes de concentré de fer par an et de générer 3500 emplois directs. Le montant global des investissements s’élève à 1,5 milliard de dollars (environ 900 milliards de F. CFA).

Le groupe Bocom qui apporte ces précisions fait savoir que pour aboutir à ce projet d’exploitation, G-Stone Resources S.a a collaboré avec des experts canadiens. Les travaux ont été menés pendant plus de 8 ans et consignés suivant la norme canadienne NI 43-101. Ils ont permis de mettre en évidence une réserve de fer certifiée de 160 millions de tonnes titrant en moyenne à 35% Fe. Aussi, les concentrés de fer produits seront pour leur majorité transformés localement au sein du complexe sidérurgique que la société doit construire non loin de la mine. Sur les 500 000 tonnes de billettes à produire par an au début du projet, 150 000 tonnes seront commercialisées et 350 000 tonnes transformées en fer à béton.

Superficie précise

Le groupe Bocom ne saurait avoir l’exclusivité d’exploitation des minerais au Cameroun. Le chapitre 3 du Code minier camerounais intitulé « Des principes et des instruments de développement du secteur minier » en son Article 5 Alinéa 1 stipule que : « les substances minérales contenues dans le sol et le sous‐sol du territoire de la République du Cameroun, ses eaux territoriales et son plateau continental sont la propriété de l’Etat qui y exerce des droits souverains». L’Etat accorde des permis d’exploitation qui confèrent au titulaire l’exclusivité des activités sur le terrain objet du permis pour l’exploitation et toutes autres opérations liées à son activité et de disposer uniquement des minerais, objet dudit permis. Une multitude de permis a déjà été délivrée au Cameroun à différents opérateurs.

Au ministère des Mines, on rappelle également que selon la législation, un permis de recherche est d’abord octroyé pour des recherches sur un minerai précis, sur une superficie précise.

«Si le titulaire du permis de recherche ne trouve pas de minerais sur la superficie concernée, il renégocie s’il veut poursuivre les recherches ailleurs. S’il en trouve, il entame la procédure pour l’obtention d’un permis d’exploitation sur le minerai trouvé dans cette superficie précise»,

détaille Linus Ottoko, le responsable de la communication au ministère des Mines, de l’Industrie et du développement technologique.

Non ce cercueil en verre annoncé comme connecté n’est pas celui de Mugabe

Peu après le décès de Robert Mugabe, des images ont circulé sur la toile, présentant un cercueil en verre connecté comme étant celui de l’ex-président zimbabwéen.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est; NON

Peu après le décès de Robert Mugabe, des images d’un cercueil en verre ont abondamment circulé sur la toile avec un post affirmant qu’il coûte 17 milliards de dollar et qu’il est informatisé de manière à ce qu’après son enterrement, les membres de la famille du disparu puissent surveiller ses restes via leurs téléphones portables.

La publication a généré de centaine de commentaires au bas de certains posts en circulation depuis une semaine. Le message est accompagné de trois images superposées. Une première photo de plus grande envergure présente le cercueil de couleur blanche recouvert par le drapeau zimbabwéen.

Cercueil du général Murozvi

Pour cette première illustration, une recherche rapide sur TinEye nous renvoie à une vidéo et un article publiés en 2017. Il s’agit en fait d’une image prise à Harare lors des funérailles du général de brigade zimbabwéen James Murozvi. Des obsèques auxquelles avait pris part Robert Mugabe de son vivant. Encore en poste à ce moment-là, Robert Mugabe avait rendu un vibrant hommage à ce «combattant pour la libération du Zimbabwé», élevé au rang de «héros national» à titre posthume.

Les deux autres images juxtaposées au bas de la première illustration présentent un cercueil, dont l’intérieur du couvert est équipé d’un écran d’ordinateur connecté. Une page Facebook est d’ailleurs ouverte sur l’écran. Des accessoires informatiques tels une souris et des écouteurs sont «connectés» au cercueil.

D’après le message en circulation sur la toile, «(…) les installations qu’il (le cercueil) contient protégeront sa dépouille de la décomposition pendant les dix prochaines années…»

Une image en circulation depuis plus de 9 ans

Une recherche inversée sur Google image et une autre sur TinEye révèlent que cette image a été utilisée à 469 reprises sur plusieurs sites internet. Certaines publications datant de 2010, soit neuf ans avant le décès de Robert Mugabe, décédé le 6 septembre 2019. Ce cercueil est présenté sur certaines plateformes web comme une blague de designers. On retrouve d’ailleurs sur les mêmes sites des cercueils « designés » en forme de cellulaires, de voitures ou de maisons. 

Aussi, selon le Fake News en circulation, le cercueil a été fabriqué par London Casket. Un tour sur le site internet (onglet Product) de ce concessionnaire de cercueils permet de constater que le modèle brandi sur les réseaux sociaux n’y figure pas. 

Pour finir, le cercueil de l’ex-président Robert Mugabe n’est pas de couleur blanche.

Non, l’enseignante bastonnée par un militaire à Bafoussam n’est pas morte

Une information en circulation sur les réseaux sociaux au Cameroun indique qu’un militaire a bastonné une enseignante à l’Ecole publique du «Garage militaire » à Bafoussam, parce que cette dernière avait puni son fils pour devoirs non faits. Après recoupage, l’information est avérée. Mais selon certains posts sur la toile, l’enseignante de Ce2 a rendu l’âme après son admission à l’hôpital régional. Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON

Les faits se sont déroulés peu avant 9h jeudi 19 septembre 2019. Louisette Teualen, enseignante en classe de Cours élémentaire deuxième année (Ce2) à l’école publique du « Garage Militaire » à Bafoussam, a été pris à partie par l’homme en tenue. Des collègues de l’enseignante rapportent que le militaire est arrivé avec sa femme. Cette dernière est restée dans la cour de l’établissement scolaire. Après avoir brutalisé le vigile en faction, le militaire s’est ensuite dirigé vers le premier niveau du bâtiment qui abrite la classe de Ce2.

«Il a frappé sa tête contre le mur»

«Il s’est adressé à la maitresse en disant :’’madame, venez’’. Puis, il l’a attrapée par les cheveux, lui a appliqué plusieurs gifles, a frappé sa tête contre le mur, puis a serré sa gorge avec ses mains. Etouffée, l’enseignante est tombée et s’est évanouie», rapporte Christiane Likound, la secrétaire générale du Syndicat national indépendant de l’Education de Base (Snieb), visiblement très remontée.

Sur la vidéo qui circule en ligne, on voit l’enseignante allongée à même le sol après l’agression. Elle suffoque. Ses collègues autour d’elle essaient d’appliquer les gestes de premier secours.

Alertée par les cris des élèves, une maitresse voisine se rapproche pour s’enquérir de la situation. Elle reçoit des coups. Anne Kadji, la directrice de l’école, interpellée à son tour sera repoussée dans les escaliers par l’homme en tenue qui prend la fuite. Elle se rend aussitôt à la gendarmerie. Mais elle est rappelée d’urgence. Louisette Teualen, l’enseignante de Ce2 violemment tabassée, a besoin d’être conduite à l’hôpital. L’infortunée est admise aux urgences de l’hôpital régional de Bafoussam.

L’époux sous le choc

Peu de temps après son admission une nouvelle en circulation sur la toile a fait état de son décès. Non, l’enseignante n’a pas rendu l’âme. «La maitresse est sortie de l’hôpital hier (vendredi) vers 18h. Elle ne se sent pas bien, mais elle parle. Je suis actuellement chez elle. Elle doit passer un scanner lundi, car sa tête a été frappée contre le mur », a indiqué la directrice de l’école, jointe par Stopintox samedi 21 septembre, à 11h01. L’époux de Louisette Teualen et deux de ses enfants, tous du corps médical, veillent sur son état en attendant le rendez-vous.

Contacté ce lundi matin, l’époux de la maîtresse a indiqué qu’elle allait « un peu bien». Il fait savoir qu’il reste très choqué par l’acte commis par le militaire.

«Qu’elle soit malade ne soit pas un problème. Je suis médecin. Je peux gérer. Mais ce qui me dépasse et me fait mal plus que la maladie, plus que tout, c’est le fait que quelqu’un aille taper sur mon épouse dans sa sale de classe, devant ses élèves. Il m’a humilié», se désole le médecin, d’une voix enrouée.

Récidiviste

A la question de savoir s’il a porté plainte, le mari de l’enseignante répond par la négative. « Je n’ai pas la force pour faire le tribunal. Mais je n’empêche pas à d’autres de le poursuivre pour défendre les autres enseignants ».

Au Snieb, on indique que le colonel du 6ème Bataillon a affirmé que le militaire indélicat a été placé en cellule. «Le syndicat a rédigé une lettre d’intervention adressée au gouverneur de la région de l’Ouest pour que des sanctions soient prises», fait savoir Christiane Likound. Qui relève que le militaire est coutumier du fait. L’année dernière, il a agressé un autre enseignant du Cours moyen deuxième année (Cm2) dans cette même école, dans les mêmes circonstances.

Non, un « pagne du dialogue national» n’est pas en vente au Cameroun

Depuis le message du président Paul Biya à la nation le 10 septembre 2019 annonçant un «grand dialogue national » pour la fin du mois en cours en vue de la résolution de la crise dite anglophone, un pagne circule sur les réseaux sociaux. Il est présenté comme le «pagne du grand dialogue national». L’est-il réellement ?

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON

Le pagne en question est apparu très vite dans plusieurs groupes WhatsApp au lendemain de la sortie du président. Il est floqué du drapeau de la République du Cameroun, du drapeau de l’Organisation des Nations Unies (Onu) et aussi du drapeau présenté comme celui de la nation imaginaire de l’Ambazonie. Le tissu est marqué de l’inscription «Pagne du dialogue national ‘’19 ». Ledit pagne serait vendu à 5000 F. Cfa. Dans des groupes WhatsApp et Facebook, certains internautes ont vite fait de demander aux siens de passer des commandes en « inbox».

Mais à bien observer le tissu présenté comme le pagne du dialogue national, certains éléments amènent à déceler qu’il s’agit d’un Fake, d’un simple montage. Le nom du concepteur de cette œuvre est d’ailleurs gravé en lettres de couleur blanche sur le côté droit, au bas de l’image. Aussi, le nom du site internet www.dialoguecmr19.org inscrit sur le bas-côté gauche ne renvoie à aucune page officielle. Il ne renvoie à rien du tout. Le site web officiel créé et consacré à cet évènement convoqué par le président de la République est www.nationaldialogue.cm

Fake

En outre, aucun pagne du genre n’est visible dans les différents points de vente de la Cotonnière industrielle du Cameroun (Cicam) dans la ville de Douala. Contacté par Stopintox, Ibrahim Pitti, le directeur commercial et marketing de Cicam, a indiqué qu’il s’agit d’un Fake. Il fait savoir que ce type de pagne aurait une dimension officielle. «Il est possible qu’un pagne soit conçu pour le grand dialogue national, mais ce qui circule actuellement dans les réseaux est un Fake. L’intention de concevoir un pagne pour cet évènement y est, mais aucun processus n’a été entamé»,  a expliqué Ibrahim Pitti.

NON, ce n’est pas le nouveau maillot de Bamboutos FC pour la saison 2019/2020

L’image circule sur les réseaux sociaux depuis quelques jours. Les internautes auteurs des différents posts y relatifs indiquent qu’il s’agit du nouveau maillot du club de football camerounais pour la saison 2019/2020.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON , le nouveau maillot n’a pas encore été présenté.

Sur les photos en circulation sur Facebook et WhatsApp depuis trois jours, le maillot présenté est de couleurs bleu et rouge (les deux couleurs officielles du club). Il est également floqué des symboles du club basé à Mbouda, dans la région de l’Ouest du Cameroun. Dans certains posts, le maillot est arboré par une personne. Sur d’autres posts, il est tenu par deux individus.

Dans une Page Facebook visiblement portée sur les questions de football, on peut lire en légende au-dessus de la photo: «Nouveau maillot de Bamboutos de Mbouda avec cravate svp pour la saison 2019/2020. Ce sont des messieurs». En commentaires, les internautes sur un fond ironique ont vite fait de s’interroger sur la présence de la petite « cravate » rayée visible sur le maillot.  

Contacté par Stopintox, Justin Lambo, le directeur général du club Bamboutos FC, a indiqué qu’il ne s’agit pas du nouveau maillot de l’équipe de football pour la saison 2019/2020.

«On n’a pas encore décidé avec quel maillot l’équipe jouera la saison prochaine. Nous sommes encore en pourparlers avec des sponsors », a indiqué le directeur général.

La cravate ?

Le dirigeant relève en outre que le maillot présenté sur la toile a été arboré par les joueurs une seule fois, lors d’un match la saison dernière. S’agissant de la petite « cravate », objet de quelques attentions, Justin Lambo indique qu’il ne s’agit pas d’un accessoire vestimentaire qui accompagne le maillot, mais il s’agit plutôt d’un dessin, d’une décoration sous la forme de cravate.

Aussi, à l’observation des différentes images en circulation sur la toile, le maillot est présenté dans une pièce fermé, avec un grand rideau derrière les mannequins qui l’arborent. Un internaute fait d’ailleurs remarqué dans un des commentaires qu’un nouveau maillot se présente en principe dans un stade et devant la presse.

«Est-ce que c’est comme ça qu’on présente le nouveau maillot d’un club. Non sérieux. On invite la presse à une séance de présentation avec les joueurs du club et … dans le stade surtout», écrit Innocent Blaise Youda, un internaute.

D’après le directeur général de Bamboutos FC, le nouveau maillot pourrait être officiellement présenté dès mercredi 18 septembre 2019.   

Non, le président Paul Biya n’a pas envoyé une lettre de condoléances à la famille de Dj Arafat

Une vidéo en circulation sur les réseaux sociaux présente le président de la République du Cameroun prononçant un discours. A l’écoute des paroles émanant de la vidéo, le chef de l’Etat annonce solennellement sa lettre de condoléances à la famille de Dj Arafat. Mais est-ce réel?

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON

Sur la vidéo de 30 secondes abondamment partagée dans les groupes whatsApp, la disposition du drapeau vert-rouge-jaune à la droite du chef de l’Etat et deux microphones devant lui collent bien au décor observé lors des adresses du président de la République à la nation. Dès la septième seconde de ladite vidéo, un message est envoyé en direction de la famille de l’artiste ivoirien Dj Arafat décédé le 12 août 2019, en ces termes :

« (…) Je profite de l’occasion, cher peuple camerounais, la main sur le cœur, de vous annoncer solennellement ma lettre de condoléances à la famille de Dj Arafat. Le 5500 Volts, le 8500 Volts, le Yôrôbô, le Daishinkan».  

Même si la voix est semblable à celle du président Paul Biya, plusieurs éléments permettent de déceler qu’il s’agit en réalité d’une imitation et d’un montage. La mauvaise synchronisation entre les mouvements des lèvres et le son constitue la première alerte. La deuxième curiosité est observable au niveau du synthé qui s’affiche dès la 21ème seconde de la vidéo.

Le synthé renseigne qu’il s’agit en fait des « Vœux du chef de l’Etat à l’occasion du nouvel an ». Aussi, les indications sur les lieux et la date du discours contenues dans le synthé (Yaoundé-Cameroun 31 décembre 2016) démontrent bien que le discours a été prononcé il y a trois ans. Et à cette époque, l’artiste ivoirien Dj Arafat (de son vrai nom Ange Didier Houon) était bel et bien encore en vie.

Non le Dg de l’hôpital Général de Yaoundé n’a pas été évacué en France

Plusieurs posts en circulation depuis quelques jours sur les réseaux sociaux, Twitter notamment, indiquent que le directeur général de l’hôpital Général de Yaoundé a été évacué en France pour se faire soigner.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON

Les internautes ont vite fait de se demander pourquoi le Dg de cette formation hospitalière de référence basée dans la capitale politique du Cameroun n’a pas choisi de recevoir des soins dans l’hôpital qu’il dirige. Mais dans la réalité, Vincent de Paul Ndjientcheu n’a pas été évacué en France. Il ne souffre d’ailleurs d’aucun problème de santé que ce soit.

Dans un post sur son compte Twitter lundi 19 août 2019, le ministre de la Santé publique, Dr. Manaouda Malachie, a apporté un démenti en indiquant que «( …) le Dg de l’hôpital Général de Yaoundé est bien à son poste en ce moment et en bonne santé».

Joint par téléphone, Joseph Mbeng Boum, le Directeur de publication du magazine Echos Santé, très alerte sur l’actualité des hôpitaux et des questions de santé au Cameroun, a assuré à Stopintox que le directeur de l’hôpital Général se trouvait bien à Yaoundé.

« J’ai discuté avec lui au téléphone dimanche. Il m’a dit qu’il allait bien. Il a opéré un patient dimanche. Il a d’ailleurs honoré à notre rendez-vous ce mardi», a déclaré Joseph Mbeng Boum.

La Une du journal Mutations en circulation sur la toile est en fait une vieille édition du quotidien à capitaux privés datée du 13 avril 2016. Ladite Une mentionnait en fait en bas de page l’évacuation sanitaire du Dg de l’hôpital Général de l’époque, le Prof Elie Claude Ndam Njitoyap. Il n’est plus à la tête de l’hôpital Général de Yaoundé depuis 2018.

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