Author Archives: Armelle Sitchoma

NON, les codes #199*3# et #150*6*7# ne permettent ni de retrouver le numéro de CNI d’une personne, ni de réinitialiser le code secret Orange Money

Les codes #199*3# et #150*6*7# permettent-ils de retrouver le numéro de Ccarte nationale d’identité d’une personne ou de réinitialiser le code secret Orange Money ?

Nous avons vérifié pour vous : la réponse est NON

Depuis quelques jours, une alerte invitant à ne plus laisser son téléphone à la portée de n’importe qui fait le tour de la messagerie et des statuts WhatsApp. Le contenu du message indique qu’à partir du code #199*3# on peut retrouver le numéro de votre CNI et réinitialiser le code secret orange money avec le #150*6*7#.

L’alerte indique « Bsr chers amis. Ne laissez plus votre téléphone à la portée de n’importe qui, si vous avez de l’argent dans votre compte Orange money. Sachez que sans votre code secret on peut transférer votre argent. »

Le « technicien informatique » « auteur de la découverte » va plus loin en rendant public les résultats de sa recherche pour donner le crédit à son récit. « En effet, en entrant le #199*3# on peut retrouver le numéro de votre CNI. Et avec le numéro de votre CNI on peut réinitialiser votre code secret avec le #150*6*7#. Un technicien informatique vient de m’informer. Faisons attention !!! »

Nous avons essayé la procédure recommandée par le « technicien informatique » pour retrouver le numéro de carte nationale d’identité (CNI).

Premier test: #199*3# 

Quand on tape le code #199*3# ok, on tombe dans le portail d’identification. La fenêtre offre 3 options. 1 : vérifiez votre identification, 2 : vérifiez l’identification d’un tiers et 3 : authentifiez votre POS. Puis il y a le 9999 : accueil et le 7777 : précédent.

Nous avons d’abord choisi de sélectionner l’option 1: Vérifiez votre identification. Ici, l’opérateur propose deux choix pour vérifier votre identification. 1: Via le numéro de téléphone ou 2: Via le numéro de pièce d’identité. Via « le numéro l’opérateur » vous donne votre nom, prénom, trois derniers numéros du document. À pièce d’identité disponible la réponse est non. Le nombre de ligne, le statut et la conformité de l’identification sont précisés.

Impossible donc à travers cette option d’avoir le numéro de CNI d’un client.

#150*6*7# ne réinitialise pas le code secret

Nous entamons avec le choix 2 : via le numéro de pièce d’identité. Ici l’opérateur demande d’entrer le numéro de votre pièce d’identité. Quand bien même on entre le numéro d’identité on retombe sur la fenêtre que celle de la première option.

Quand vous choisissez de vérifier l’identification d’un tiers, on vous informe que vous n’avez pas accès à ce service.

Le code #150*6*7# vise bien à modifier le code secret du compte orange money. Seulement, quand on entre le code on vous demande de saisir le numéro de votre CNI. Une fois ce numéro entré, l’opérateur de téléphonie mobile propose pour des raisons de sécurité d’enregistrer au préalable des réponses secrètes en contactant le 951 ou en allant sur leurs pages officielles sur les réseaux sociaux.

Impossible pour Orange Cameroun

Toute chose que confirme l’opérateur Orange Cameroun. Contacté par stopintox,  Rita Soya, responsable produit affirme que c’est un fake. « Non ce n’est pas possible », précise-t-elle.

Elle ne manque pas de preciser qu’ « il est possible pour vous client de réinitialiser votre mot de passe vous même sans avoir besoin de vous rendre dans une agence. Cela est possible sous certaines conditions dès lors que vous avez une certaine ancienneté sur le service et que vous avez préalablement enregistré vos questions/réponses secrètes connues par vous seuls. Dans ce cas vous pouvez effectivement réinitialiser votre mot de passe en self sur votre mobile. »

Elle conclut en appelant les clients à plus de vigilance «aucune opération d’identification ou de mise à jour des informations de votre compte ne se fait par appel de nos équipes. Orange Cameroun  contactera toujours via le 690009000, 690009200 ou le 690009500. Votre code secret Orange Money  est une information strictement confidentielle. »

Impossible donc de réinitialiser votre code secret juste avec le numéro de votre carte nationale d’identité.

Armelle Sitchoma

Non, cette image n’est pas celle de l’autoroute Douala-Yaoundé

Cette image abondamment relayée sur les réseaux sociaux notamment Facebook et Twitter qui prétend montrer l’évolution des travaux est-elle celle de la future autoroute devant relier les villes de Douala et Yaoundé au Cameroun ?

Nous avons vérifié pour vous : la réponse est NON

De nombreuses publications sur les réseaux sociaux indiquent que les travaux de l’autoroute Douala-Yaoundé avancent. (1, 2, 3…) Ces publications sont illustrées par l’image d’une autoroute 2×3 voies avec un tronçon complètement bitumé et une autre partie en chantier. La photo de ladite autoroute postée sur la page facebook d’un journaliste a enregistré plus de 3500 réactions, 1300 commentaires et 264 partages en l’espace de quatre jours.

une capture de la page facebook qui a utilisé la fausse image

La même image est utilisée par le site web officiel du média à capitaux publics camerounais pour illustrer un article intitulé « Office national des routes : discussion sur la maturation des projets de développement des infrastructures.» article posté sur la page facebook du même média, 650 réactions et 330 commentaires.

L’article qui a enregistré plus de 4471 vues sur le site  revient sur la tenue de 23ième session du Conseil national de la route. À l’intérieur, le journaliste indique que « Le Premier ministre a regretté que d’autres projets comme les autoroutes Yaoundé – Douala et Yaoundé – Nsimalen, et le tronçon Nsangmelima – Ouesso entre autres souffrent encore d’une mauvaise maturation et d’autres goulots d’étranglement qui ont ralenti leur exécution. »

Sur twitter, un internaute va jusqu’à expliquer que « Elle ressemble à une belle route moderne qui mettra Yaoundé à 2 heures de Douala…» Répondant ainsi à la question « à quoi ressemble l’autoroute Douala-Yaoundé ? » qu’il s’est lui-même posé au préalable.

capture d’écran du tweet utilisant la même image pour parler de l’autoroute Douala-Yaoundé

La cellule de communication du maitre d’ouvrage dément

Si la réponse à sa question est vraie, la photo utilisée pour illustrer son propos et représenter l’autoroute Douala-Yaoundé est fausse.

Approchée, la cellule de communication du ministère des travaux publics indique que cette image n’a rien à voir avec le projet de l’autoroute Douala-Yaoundé 196 km dont la première phase longue de 60 km, débuté 13 octobre 2014 est en cours de finition.

« La phase 1 encore en Travaux du moins sur les 20 km restant, le Profil en travers ne ressemble pas à l’illustration utilisée par le média l’ayant utilisé. Car la première phase présente un profil de 2×2 voies extensibles à 3 voies vers l’intérieur en fonction de l’augmentation du trafic. La troisième voie attendant l’extension n’est pas revêtue en bitume tel que présenté par l’illustration utilisée. », Précise la cellule de communication.

En effet, la première phase longue de 60km que nous avons pu visiter le 18 août 2020 est un 2X2 voies extensible à 2X3 voies sur une largeur de 33,50 mètres. De chaque côté, qu’on vienne de Douala ou de Yaoundé, la chaussée de 7,50m de largeur chacune a 2 voies et une bande d’arrêt d’urgence de 3m. Le terre-plein central de 10,5m en forme de V n’est pas bitumé. C’est l’espace où passera la 3ième voie de l’autoroute. Elle est droite, pas de montée, pas de descente ni aucune pente.

La photo d’une autoroute en construction en Afrique du Sud en 2013

Une recherche d’image inversée avec Google Images révèle que cette même photo a déjà été utilisée par le passé. Le 17 août 2017, le site Afrique la tribune illustrait un article avec la même photo. Le crédit photo est accordé à l’agence de presse anglaise Reuters sans donner le nom de l’auteur ni plus.

Plusieurs sites de divers pays reprennent également la même photo comme illustration des infrastructures dans leur pays. C’est le cas de la Zambie, le Nigéria.

Une recherche de la même image avec l’outil Yandex fait apparaître plusieurs articles avec cette photo, dont une publication sur le site de Reuters titrée : les grands projets de construction de l’Afrique du Sud bloquent.

capture des résultats de l’outil Yandex

une photo de Rogan Ward de Reuters

 L’article publié le mardi 12 février 2013 à 09h27 GMT est signé Agnieszka Flak et Xola Potelwa et monté par Ed Cropley et Anna Willard. Il fait référence aux problèmes auxquels l’Afrique du Sud est confrontée pour tenter de déployer un plan d’infrastructure de plusieurs milliards de dollars.

Le papier est illustré par l’image de cette autoroute que nous recherchons et porte la légende « la construction se poursuit sur une nouvelle route en cours de construction, qui rejoindra la zone industrielle de Pinetown au nord de Durban et l’aéroport de la ville, le 11 février 2013. Reuters/Rogan Ward.

Quand on entre les mots clés « photo autoroute Afrique du Sud Reuters/ Rogan Ward », on tombe sur plusieurs articles parmi lesquels, un qui indique que Rogan Ward est photographe pour l’agence de presse.

Un autre lien de la recherche conduit à Alamy, une banque de photo de plus de 420 agences d’image et de plus de 1000 photographes. Dans la catégorie Pinetown Afrique du Sud, on retrouve la même photo. Les détails, à savoir : le contributeur, l’ID de l’image, la dimension, la date de prise de vue, le photographe et bien d’autres choses qu’il faut savoir sur une photo s’y trouvent.

Cette photo n’a donc aucun lien avec l’autoroute Douala-Yaoundé encore moins le Cameroun. 

Armelle Sitchoma 

Non, aucune maman n’est décédée et n’a perdu 4 enfants dans la tuerie de Kumba

Dans un tweet partagé plus de 500 fois en deux jours, une internaute affirme qu’une sœur à sa voisine est décédée après avoir perdu 4 enfants dans le massacre de sept enfants dans une école à Kumba.

Nous avons vérifié pour vous, la réponse est : NON

Le tweet qui contient la désinformation dit ceci «A peine entrée à la maison j’apprends le décès de la soeur de ma voisine qui a perdu ces 04 enfants dans ce massacre ! Elle venait constamment à dla pour acheter la marchandise et rentrer vendre la bas à kumba! Elle est morte sur le champ après avoir appris la nouvelle! »

Dans un second tweet, l’auteure  ajoute que «J’ai laissé la femme là bien portante ce matin. Elle m’a taquiné ce matin.» 

capture d’écran tweet annonçant le décès de la maman ayant vue 4 enfants mourir lors du massacre de Kumba

Le post en 2 jours a enregistré 398 Retweets, 179 tweets cités, 534 likes et 63 commentaires. La capture de ce tweet fait le tour de plusieurs groupes et compte whatsapp. L’infox est repris par plusieurs médias conventionnels et en ligne.

Le président du parti politique Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) dans son message après l’attaque du collège Mother Francisca International Bilingual Academy, diffusé dans le journal télévisé d’Equinoxe Tv du 27 octobre 2020 et consultable sur leur page facebook,  indique entre la 9mins 38 secs et 9mins 55 secs que, « des informations relayés à la suite de cette tragédie font état de ce que la mère de 4 des enfants assassinés, aurait rendu l’âme après avoir été informée de cette tragédie.»

Cette édition du journal télévisé en 12heures a enregistré 1.600 réactions, 5. 300 commentaires et 515 partages.

7 élèves tués et 13 blessés

L’horrible attaque du collège Mother Francisca International Bilingual Academy sis à Bamelike street au quartier Fiango dans la ville de Kumba a fait 7 morts, des élèves âgés entre 9 et 12 ans. Comme le confirme Réné Emmanuel Sadi, le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement du Cameroun. 

«(…)En effet, un groupe de près d’une dizaine de terroristes, munis d’armes de guerre et constitués en véritable commando, a fait irruption, à bord de trois motocyclettes, dans l’enceinte du complexe scolaire privé dénommé « Mother Francisca International Bilingual Academy », et a froidement ouvert le feu sur des élèves se trouvant dans les salles de classe. Le premier bilan de cet attentat terroriste fait état de : – six (06) élèves assassinés, soit cinq (05) filles et un (01) garçon, tous âgés entre neuf (09) et douze (12) ans ; – treize (13) blessés, soit dix (10) filles et trois (03) garçons, dont sept (07) cas avérés préoccupants

les 7 élèves tués à Kumba ont un nom

monitoring des médias

Après monitoring de plusieurs journaux parlés et télévisés des médias depuis la survenue de cette attaque, nous sommes tombés sur le journal télévisé bilingue édition du 25 octobre 2020 consultable sur la page Facebook, d’Equinoxe Tv, une télévision privée avec des correspondants sur place.

Dans cette édition, le média donne la parole aux parents des victimes. Il ressort que la famille du pasteur Boniface Ngameni a perdu son fils Victory Caminbon Ngamenyi âgé de 10 ans. Che Francis ne reverra plus jamais Che Tehma Nchangnwi, 11 ans. Monsieur Kingsley Ngu ne verra plus le sourire de la petite Jenifer Anamgin, 12 ans. La famille Zakame Julius a perdu Rema Zakame 9 ans, sur son lit d’hôpital. Les parents ont échangé avec la petite avant qu’elle ne rende l’âme.

Scénario presque semblable avec la famille Ngwane. Selon le témoignage de Claude Ngwane, le papa du 7ième cas de décès, dans le même reportage, il était à la maison non loin de l’école quand il a entendu les coups de feu. «Je me suis précipité à l’école et le vigile m’a dit qu’on a tiré sur mon enfant. Quand je l’ai vu j’ai cru qu’on a tiré sur sa main. Je l’ai transporté sur la moto pour l’hôpital.  C’est là qu’on m’a dit que l’enfant a reçu une balle au ventre. » Renny Ngwane est décédé le 25 octobre à l’hôpital de Mutengene.

Ce qui n’a pas été le cas pour Che Francis. Sa fille Che Tehma Nchangnwi, 11 ans, fait partie des victimes décédées sur place. C’est aussi le cas pour Nguemone Princesse, 12 ans, et Shenia Syndi 12 ans décédées sur place et respectivement les enfants de Nkem Joseph et Tita John.

Des familles sous le choc

Ce sont là, les familles des sept élèves tués lors de ce qui est désormais appelé le massacre de Kumba. Six filles et un garçon. Des victimes âgées entre 9 et 12 ans. Les cadavres ont été déposés à la morgue de l’hôpital de district de Kumba. Les blessés ont été conduits à l’hôpital Mayemene Annexe de Kumba et dans des hôpitaux de Buea et de Mutengene.

Dans ce reportage aucun parent de victimes du massacre de Kumba n’indique avoir perdu une conjointe à cause de ce drame. Outre des médias qui partagent cette désinformation, aucun n’indique qu’une maman est décédée après ce carnage. Contactés, les journalistes exerçants dans la ville de Kumba précisent que c’est un fake. S’ils avouent que les parents sont sous le choc, ils rassurent qu’aucun parent des victimes n’est décédé depuis la survenue de ce tragique évènement

Non, le livre de science au programme en classe de CE1 au Cameroun ne parle pas de sexualité

Depuis le 5 octobre 2020, jour du démarrage de la rentrée scolaire au Cameroun, l’image de la page d’un livre dans lequel on décrit comment faire l’amour fait le tour des réseaux sociaux. La légende indique qu’il s’agit d’une page du livre de science au programme en classe de CE1 au Cameroun.

Nous avons vérifié pour vous, la réponse est : NON

‘’ C’est quoi, faire l’amour ?’’ Faire l’amour est un moment très intime entre deux adultes.’’ La suite du contenu de la page en circulation est vraiment réservée aux adultes. D’où les réactions déferlantes depuis la publication du contenu de cette page sur les réseaux sociaux notamment Facebook et Whatsapp. En 12 heures, le post a enregistré 472 commentaires et 166 réactions dans un groupe Facebook. La plupart des commentaires interroge si le contenu de cette page est vraiment inscrit au programme des enfants en classe de cours élémentaire 1, sachant que dans cette classe la tranche d’âge est de 6-8 ans.

la couverture du livre de Science au programme en classe de CE1 au Cameroun

Pour savoir si cette page est filmée du livre de science au programme en classe de CE1, nous avons feuilleté le livre de science au programme dans ladite classe pour cette année 2020-2021. ‘’Majors en Sciences, Sciences et Education à l’Environnement Hygiène Pratique et Education à la Santé CE1’’, voici comment s’intitule le livre de science au programme dans la classe de CE1 au Cameroun. 3 auteurs signent ce manuel, Daniel Thierry Tondji, Ndi NlandElie et Essi Rachel Irène édité par Asva Educaton.

De quoi parle le Livre?

Le livre de 72 pages traite de l’éducation à l’environnement et hygiène pratique et éducation à la santé à la 1ère séquence. La 2ième séquence ’initiation aborde les sujets sur l’agriculture et l’hygiène pratique et éducation à la santé. Le milieu physique et l’hygiène pratique et éducation à la santé caractérisent les leçons de la troisième séquence. La 4ième séquence elle, aborde le milieu technique et l’hygiène pratique et éducation à la santé. Le milieu vivant et l’hygiène pratique et éducation à la santé meuble le 5ième et 6ième séquence. Dans ledit document illustré par des bandes dessinées, à aucun moment on ne parle de la reproduction.

du Conseil national des manuels scolaires et des matériels didactiques

Une information que confirme le Pr Marcellin Vounda Etoa, le secrétaire permanent du Conseil national des manuels scolaires et des matériels didactiques. Dans un communiqué radio-presse signé le 7 octobre, il indique que ‘’le programme d’enseignement de cette matière dans cette classe porte sur l’éducation à l’environnement, l’hygiène pratique et éducation à la santé. Aucune séquence ni leçon de ce programme ne se rapporte à la sexualité ou à la reproduction humaine.’’

Non, la vidéo montrant un éléphant qui pourchasse des chiens et des humains dans une forêt n’a pas été tournée au Cameroun

Depuis le 22 juillet 2020, une vidéo montrant un éléphant en colère qui poursuit des jeunes et leurs chiens fait le tour des réseaux sociaux. Cette scène selon certains internautes a été tournée au Cameroun.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON

capture d’écran vidéo en circulation sur la toile

Stopintox a donc voulu savoir où est ce que la vidéo a été tournée et ce qui est arrivé à l’éléphant par la suite.

Cette vidéo postée et présentée par de nombreux internautes comme  ayant été prise au Cameroun est l’extrait d’une vidéo publiée sur le compte Tik Tok @mbzcity qui y a d’ailleurs lancé un challenge. La vidéo #elephantchallenge enregistre plus de 118.400 réactions et 1200 commentaires.

capture d’écran du compte tik toc qui a lancé éléphantchallenge

La tournure linguistique du français qui y est employé par les différents protagonistes et l’intonation ne collent pas à la réalité camerounaise. C’est de l’accent gabonais. « Au premier visionnage j’y vois des pisteurs pygmées gabonais » , indique une journaliste gabonaise.

Après une première recherche avec des captures de la vidéo sur Google reverse image, nous avons obtenu plusieurs liens d’un même site. L’article posté le 2 octobre 2018 parle de l’éléphant qui a chassé les bûcherons et les chiens effrontés de leur terre au Gabon. Le texte est accompagné de plusieurs captures de la vidéo en question.

vieille vidéo de 2018

Une fois le lien de ladite vidéo introduit sur In video veritas (InVid) option youtube, un résultat maigre malgré l’utilisation des outils Yandex, Tineye et Bing qui font des recherches avec des captures sous plusieurs angles et mots clés.

Une recherche sur Youtube avec les mots clés “éléphant -attaques – hommes-Gabon” nous permet de retrouver deux comptes qui ont publié ladite vidéo. Elle apparaît sur le compte ’’ Bigade anti Bongo système’’ publié le 1 juillet 2018 et sur le site de la compagnie de tourisme « Gabon adventure Tours»

capture d’écran recherche sur youtube avec mots clés

Les mêmes mots clés utilisés sur le réseau social Facebook renseignent qu’elle est arrivée sur la toile le 1er  juillet 2018. Les pages comme « Colonel Duou fils inspiration » et « Les choses du pays- Petites histoires du Gabon»  publiaient déjà ladite video sur leur page en indiquant que la scène se passe au Gabon.

Contacté, Julian de Gabon Adventure Tours confirme que ladite vidéo a bel et bien été tournée au Gabon. S’exprimant en anglais, il indique que « cette vidéo a été tournée il y a 2 ans dans la grande zone forestière du sud-est du Gabon. Sur notre chemin, nous avons traversé une zone d’extraction d’or illégale dans la jungle profonde. C’est à ce moment qu’un jeune éléphant mâle a surpris le groupe qui se reposait près des pisteurs qui ont peut-être troublé sa paix. »

Il ajoute que par mesure de sécurité, il ne peut donner le lieu exact où cette vidéo a été prise car les braconniers rodent autour du parc national de Minkebe dans le nord du Gabon et essaient de s’en prendre aux éléphants. Avec l’Agence du parc, ils évitent donc de parler de l’emplacement des espèces.

Non, le deuxième gendarme victime d’agression à l’agence de voyage Finexs n’est pas mort

Depuis dimanche 26 juillet 2020, la nouvelle selon laquelle le deuxième gendarme qui était entre la vie et la mort suite aux événements tragiques qui se sont déroulés à l’agence de voyage Finexs à Douala est décédé.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON

Le post avec pour titre ‘’100 FCFA News’’ fait sur N’zui Manto Officiel, une page Facebook qui comptabilise plus de 8.834 personnes abonnées a enregistré 792 réactions, 840 commentaires et 959 partages en trois jours.

Plusieurs tweets parmi lesquels celui-ci ‘’ meurtre à finexs, le deuxième gendarme est décédé’’ attribuant l’information à la chaine de télévision STV ont également été viraux sur le réseau social Twitter et sur WhatsApp.

Dans la journée du lundi 27 juillet, le chef de Division de la communication au ministère de la Défense a publié une capture de la page Facebook qui a véhiculé la nouvelle avec un cachet portant la mention « fake news ministère de la défense. »

Contacté par stopintox, un personnel soignant au sein de l’hôpital de la garnison militaire de Douala, où le gendarme major Aubin Youle Yatcho est sous soin depuis la nuit du 22 juillet 2020, (jour de l’agression) est péremptoire : « Il n’est pas mort». Nous allons également apprendre que le gendarme ne reçoit pas de visite et sa chambre est gardé 24h/24.

Rendu à la brigade des recherches de Douala 1er, située au sein de la Légion de gendarmerie du Littoral à Bonanjo, le commandant de la brigade de recherches, Oscar Bakoa, qui dirige l’enquête sur l’agression et le meurtre d’un des deux gendarmes, est rassurant. « Il est en vie et gloire à Dieu, il va bien », précise ce dernier.

Finexs scellé, les assasins aux arrêts

Pour rappel, dans la nuit du 22 au 23 juillet 2020, une altercation éclate entre deux gendarmes et les employés de l’agence de voyage Finexs à Douala. Le personnel de l’agence réclame 100 Fcfa à ces derniers, frais représentant l’utilisation des toilettes par l’un des gendarmes. Faute de monnaie, une violence verbale va éclater entre ces derniers pour se transformer en violence physique. Dans la rixe, un des agresseurs va frapper l’un des gendarmes avec une latte et le maréchal des logis Armel Joseph Liem Pime va rendre l’âme sur place. Son corps est gardé à la morgue de l’hôpital de la garnison. Son collègue d’infortune Aubin Youle Yatcho aura plus de chance. Il est interné au sein du même hôpital militaire à Bonanjo.

Sur la page facebook de la Gendarmerie nationale du Cameroun, on peut lire que les deux gendarmes « en service à la Direction Technique et Logistique de la Gendarmerie Nationale, se trouvaient à Douala pour des raisons professionnelles, de retour d’une mission commandée.»

Selon le commandant de brigade de recherches de Douala 1er, l’enquête suit son cours. L’agence de voyage Finexs est scellée pour 8 jours à compter du 25 juillet par un arrêté du préfet du département du Wouri. Une mesure conservatoire en attendant la décision du ministre des Transports. Plusieurs employés de la compagnie sont en détention et celui qui a donné le coup mortel a déjà été mis aux arrêts. 

NON l’alerte sur l’arnaque dans les banques n’est pas du ministère des Finances du Cameroun, MAIS le phénomène est réel

Une capture d’écran de la page Facebook « MINFI » accompagnée du message « Alerte du Ministère des Finances sur la montée du phénomène de l’arnaque électronique dans les banques » fait le tour des réseaux sociaux notamment la messagerie WhatsApp. Cette alerte est-elle réellement du ministère des Finances du Cameroun ?

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est: NON

Ladite page enregistre 9389 likes et compte 10121 personnes abonnées. Elle est spécialisée finance et poste régulièrement des sujets sur l’activité du ministre des finances et ses collaborateurs.

Le post en question avec pour titre : « L’arnaque électronique est entrée dans les banques » a enregistré 372 réactions, 106 commentaires et 1467 partages en 7 jours. 

capture de la page Facebook qui usurpe le ministère des finances

En réalité, cette page dénommée « MINFI » n’est pas celle du ministère des Finances du Cameroun. Approché avec l’image qui circule sur facebook et whatsapp jusqu’à présent, Yve Assala, le chef de division de la communication et des relations publiques au ministère des Finances, indique que cette page n’est pas celle du ministère des Finances. Il ajoute que l’administration travaille sur son portail qui sera bientôt en ligne.

Si ladite page utilise l’armoirie du Cameroun comme photo de profil et l’image de la façade du ministère des finances comme photo de couverture, la section « à propos » indique qu’il s’agit d’un site web informatique et internet et non la page du ministère des Finances.

La banque ne demande jamais le code pin du client

L’alerte n’est certes pas du ministère des finances, mais il est important de rappeler que le message véhicule un problème réel et récurent. L’arnaque électronique dans les banques existe depuis plusieurs années. Quand on rentre les mots clés « Arnaque banque Cameroun » sur le moteur de recherche Google, une multiplicité des articles renseignent sur la gravité du phénomène.

En 2016, le site internet actucameroun.com relatait les déboires de certains clients de la Bicec Cameroun, victimes de l’arnaque à la carte.  « Cameroun – BICEC: Des clients victimes d’arnaque à la carte bancaire »

Face à la montée de ce phénomène, plusieurs banques ont mis sur pied une assurance carte en cas de perte ou de piraterie bancaire. Cet article du site internet du quotidien gouvernemental cameroon-tribune.cm datant de 2019 explique comment assurer et protéger sa carte face à l’arnaque à la carte dans les banques.

Pour mieux comprendre le mode opératoire des arnaqueurs, nous avons contacté Valdes Nzalli, Expert en Sécurité des Systèmes d’information. Il explique que

« cette arnaque s’appuie sur la crédulité du client bancaire qui se dit que sûrement si quelqu’un a autant de détails sur son compte c’est que c’est forcément sa banque. Ce qui est une erreur grossière car un agent véreux travaillant par exemple à l’informatique dans la banque peut avoir accès à toutes ces informations et les passer à un complice pour monter l’arnaque. Très souvent c’est le personnel de l’informatique qui a tous ces accès leur permettant de voir ton compte, le solde, les derniers mouvements et autres.»

D’après l’expert, pour se prémunir, les banques ont un ensemble de mesures de contrôle pour limiter qui a accès à quoi, mais toutes les banques n’ont pas les moyens ou la connaissance pour les implémenter.

Pour lui, la meilleure protection reste au niveau du client. Aucune banque ne va jamais demander le code pin d’un client.

Non, cette image avec des élèves assis à même le sol dans une salle de classe en paillotte n’est pas prise au Cameroun

Quatre clichés montrant des adolescents voilés, arborant des masques identiques et assis à même le sol ou accroupis dans des classes en paillotte font le tour des réseaux sociaux. Les images partagées sur Twitter, Facebook et WhatsApp sont présentées comme prises au Cameroun.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON

Les élèves en classe d’examen de l’enseignement primaire et de l’enseignement secondaire au Cameroun ont repris le chemin des classes le 1er juin 2020. Une reprise des cours comptant pour le troisième trimestre de l’année 2019/2020, après une interruption due à la pandémie de la Covid-19.

Les photos qui circulent sur la toile avec la légende : « l’école au Cameroun en 2020. » sont bel et bien des images prises dans une école après la reprise des cours en juin 2020, sauf qu’il s’agit sur ces images d’un établissement scolaire au Niger et non au Cameroun.

Une recherche d’image inversée avec les outils Yandex et Google images renvoie sur plusieurs page Facebook. Ces pages sont celles des citoyens et hommes politiques Nigériens.

Sur la page Facebook de la nigériane Rabani Harouna par exemple, on peut lire ce post du 1er juin 2020 qui renseigne suffisamment sur le lieu où l’image a été faite: « Rentrée scolaire après le covid-19 ! En 2020 regardez la classe et les conditions d’un collège d’enseignement général ! Ici Keita Tahoua, Mr le Prim, chers ministres et autres huilés du système au nom du peuple, j’espère juste qu’en voyant ces images, vous allez penser et comparer ces enfants du peuple aux vôtres qui ont fait ou sont à Harvard, Paris, Bruxelles Tunis, casa….grâce à l’argent de ces enfants de keita que vous avez volé ! »

Nous sommes également entrés en contact avec plusieurs journalistes nigériens parmi lesquels Samira Sabou, une journaliste freelance. Celle-ci a publié ces images sur sa page qui a près de 38 000 abonnés le 1er juin 2020 à 12h16. En un jour, la publication avait déjà enregistrée 916 réactions, 227 commentaires et 243 partages.

Une école au Niger

Si elle avoue ne pas être l’auteure de la photo, elle confirme que les images sont bien celles d’une école au Niger.

« C’est un collège d’enseignement général dans le département de Keita, région de Tahoua. Je ne me souviens plus du nom…», indique Samira.

La journaliste Aminata Niandou va plus loin. Elle explique que presque toutes les écoles rurales sont dans cette situation.

« En 2018, mon ancien collège avait les classes de 6ième et 5ième sans tables. J’ai organisé un mouvement pour les trouver 400 tables bancs. »

L’outil de recherche Bing nous a permis à travers sa loupe de voir le drapeau de la république du Niger imprimé sur un cahier tenu par un des élèves assis.

Quand on rentre les mots clés « cahiers du Niger » ou « couverture de cahier au Niger » sur Google, on tombe sur les images avec les mêmes couleurs et logos.

Plusieurs pays à l’instar du Cameroun partagent cette réalité, mais les images en circulation sur la toile ne proviennent pas de l’Extrême-Nord du Cameroun. Dans le Mayo-Rey où on trouve les écoles du même type, les élèves sont généralement assis sur des briques ou des troncs d’arbres morts.

Pour être rassurés, nous avons contacté Wang Boussoum, le délégué régional des Enseignements secondaires de l’Extrême-Nord. Il précise que 

« la reprise des cours est effective ici, mais ce ne sont pas des uniformes qu’on retrouve ici. Puis, les masques achetés par les parents ne sont si homochromes. »

Non, le président Paul Biya n’a pas fait un tour de ville à Yaoundé ce 21 mai 2020

Le président de la République Paul Biya a-t-il fait le tour de ville de Yaoundé ce 21 mai 2020, perché sur un 4×4 et saluant la foule? Plusieurs publications l’ont laissé entendre. Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON

Une vidéo qui dure 30 secondes et dans laquelle on voit passer le cortège du président de la République du Cameroun fait le tour de la toile depuis hier jeudi 21 mai 2020. Ladite vidéo est accompagnée du commentaire « Apparition du Chef de l’Etat Paul Biya dans la ville de Yaoundé à l’instant. Perché sur un 4×4 et saluant la foule. Signé Le JAM ». Elle circule au moment où, malgré son adresse à la Nation le 19 mai, plusieurs personnes continuent de véhiculer l’intox selon lequel le président est décédé.

La page Facebook JAM, Arts et divertissement qui compte 15 899 abonnés a posté la vidéo à 17h17 le 21 mai 2020 avec la légende :

« Il est là. Le président de la république Paul Biya dans les rues de Yaoundé ce jour.

La même vidéo est publiée sur plusieurs chaines YouTube dont celle de l’humoriste Aline Christine Zomo-Bem, 19 300 d’abonnés.

Les sites d’informations Camerounweb et Camer.be ont rédigé des articles qui sont partagés et commentés.

Capture d’écran du site CamerounWeb

Interrogés, plusieurs habitants de la capitale du Cameroun indiquent qu’ils n’ont pas vu pareil dispositif  dans la ville ce jeudi 21 mai. Joël, habitant de Mballa 2 explique qu’il n’a rien vu de spécial sur l’axe de son quartier.

Les éditions des journaux parlés de 17-18h et 20h sur le poste national et le journal télévisé du 20h30 sur la Crtv, la télévision nationale, n’ont fait écho d’aucune parade du Chef de l’Etat.

Un tour sur les comptes et pages Twitter et Facebook du président de la République, seules les informations annonçant son adresse à la Nation y figurent.

Quand on regarde la vidéo de près, l’impressionnant dispositif dans la vidéo ne respecte pas certaines mesures barrières initiées pour la lutte contre la propagation du Covid-19, axe de la communication du président lors de son adresse le 19 mai 2020. Ce qui laisse ressortir qu’elle n’est pas récente.

Les foules massées de le long de la route ne respectent pas les mesures de distanciation sociale, ni celles du port du masque.

Vidéo du 7 novembre 2018

Selon plusieurs journalistes, la vidéo qui a fait le tour des réseaux sociaux le 21 mai 2020 date plutôt de 2018. Elle a été tournée après la prestation de serment du président le 6 novembre 2018.

L’introduction des mots clés « cortège du président Paul Biya à Yaoundé » sur Google permet de retrouver plusieurs articles avec photos datant du 7 novembre 2018 qui coïncident avec les éléments contenus dans cette vidéo.

Cette publication le 6 novembre 2018 sur la chaine Youtube de la télévision Canal 2 internationale retrace bien le parcours du cortège et son bain de foule et s’intitule «Cortège Du Chef de l’Etat de L’assemblée Nationale Pour Le Palais de L’Unité.»

Oui, le président de la section ojrdpc, Vina-Nord Mbe a écrit à Penda Ekoka pour demander des kits pour la lutte contre la covid-19

La lettre 0001/2020/L/OJRDPC/S-VINA-NORD-MBE signée de Bangawa Maïgari Christophe le 13 mai 2020, a fait le tour des réseaux sociaux notamment Facebook, Twitter et WhatsApp créant au passage polémique et suspicion. Est-elle fondée ? Stop intox a vérifié. La réponse est OUI

Lettre de Bangawa Maïgari Christophe à Penda Ekoka

La lettre avec pour objet demande de kit pour la lutte contre la Covid-19 dans l’arrondissement de Mbe est adressé à monsieur Penda Ekoko Christian, président de l’opération Survie Cameroon Survival initiative – SCSI basée à  Yaoundé. Elle survient au moment où les leaders de cette initiative font l’objet d’une arrestation pour avoir distribué des kits pour la lutte contre la Covid-19 avec une association qui n’est pas autorisée.

Nous avons essayé de contacter les numéros mentionnés dans la lettre. Le numéro de l’opérateur MTN Cameroun est identifié au nom d’une dame, le numéro orange quant-à lui est bien identifié au nom de Bangawa Maïgari Christophe.

Joint à ce numéro, Christophe Bangawa assume la paternité dudit document. Pour lui, le pays est en face d’une guerre et il faut mettre à contribution toutes les initiatives. Ils ne sont pas là pour défier le gouvernement mais prendre toutes les mesures pour protéger les populations qui vivent déjà dans la précarité.

Il ajoute qu’il reste constant. Il confirme avoir bel et bien adressé une lettre de démission de son poste de président OJRDPC  avant d’être rappelé au sein du parti.

Lettre de démission adressée en février 2020

Bangawa Maïgari Christophe indique qu’il est conseiller municipal de la mairie de Mbe et c’est à ce titre qu’il sollicite 2000 caches-nez, 1000 tubes de solutions hydro alcoolique de 250 ml et 50 seaux avec robinet pour lavage des mains de la part de Survie Cameroon Survival initiative qui, pour lui, n’a été interdit ni par le président national du RDPC ni par le Secrétaire général dudit parti.

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