Author Archives: Armelle Sitchoma

Non, le livre de science au programme en classe de CE1 au Cameroun ne parle pas de sexualité

Depuis le 5 octobre 2020, jour du démarrage de la rentrée scolaire au Cameroun, l’image de la page d’un livre dans lequel on décrit comment faire l’amour fait le tour des réseaux sociaux. La légende indique qu’il s’agit d’une page du livre de science au programme en classe de CE1 au Cameroun.

Nous avons vérifié pour vous, la réponse est : NON

‘’ C’est quoi, faire l’amour ?’’ Faire l’amour est un moment très intime entre deux adultes.’’ La suite du contenu de la page en circulation est vraiment réservée aux adultes. D’où les réactions déferlantes depuis la publication du contenu de cette page sur les réseaux sociaux notamment Facebook et Whatsapp. En 12 heures, le post a enregistré 472 commentaires et 166 réactions dans un groupe Facebook. La plupart des commentaires interroge si le contenu de cette page est vraiment inscrit au programme des enfants en classe de cours élémentaire 1, sachant que dans cette classe la tranche d’âge est de 6-8 ans.

la couverture du livre de Science au programme en classe de CE1 au Cameroun

Pour savoir si cette page est filmée du livre de science au programme en classe de CE1, nous avons feuilleté le livre de science au programme dans ladite classe pour cette année 2020-2021. ‘’Majors en Sciences, Sciences et Education à l’Environnement Hygiène Pratique et Education à la Santé CE1’’, voici comment s’intitule le livre de science au programme dans la classe de CE1 au Cameroun. 3 auteurs signent ce manuel, Daniel Thierry Tondji, Ndi NlandElie et Essi Rachel Irène édité par Asva Educaton.

De quoi parle le Livre?

Le livre de 72 pages traite de l’éducation à l’environnement et hygiène pratique et éducation à la santé à la 1ère séquence. La 2ième séquence ’initiation aborde les sujets sur l’agriculture et l’hygiène pratique et éducation à la santé. Le milieu physique et l’hygiène pratique et éducation à la santé caractérisent les leçons de la troisième séquence. La 4ième séquence elle, aborde le milieu technique et l’hygiène pratique et éducation à la santé. Le milieu vivant et l’hygiène pratique et éducation à la santé meuble le 5ième et 6ième séquence. Dans ledit document illustré par des bandes dessinées, à aucun moment on ne parle de la reproduction.

du Conseil national des manuels scolaires et des matériels didactiques

Une information que confirme le Pr Marcellin Vounda Etoa, le secrétaire permanent du Conseil national des manuels scolaires et des matériels didactiques. Dans un communiqué radio-presse signé le 7 octobre, il indique que ‘’le programme d’enseignement de cette matière dans cette classe porte sur l’éducation à l’environnement, l’hygiène pratique et éducation à la santé. Aucune séquence ni leçon de ce programme ne se rapporte à la sexualité ou à la reproduction humaine.’’

Non, la vidéo montrant un éléphant qui pourchasse des chiens et des humains dans une forêt n’a pas été tournée au Cameroun

Depuis le 22 juillet 2020, une vidéo montrant un éléphant en colère qui poursuit des jeunes et leurs chiens fait le tour des réseaux sociaux. Cette scène selon certains internautes a été tournée au Cameroun.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON

capture d’écran vidéo en circulation sur la toile

Stopintox a donc voulu savoir où est ce que la vidéo a été tournée et ce qui est arrivé à l’éléphant par la suite.

Cette vidéo postée et présentée par de nombreux internautes comme  ayant été prise au Cameroun est l’extrait d’une vidéo publiée sur le compte Tik Tok @mbzcity qui y a d’ailleurs lancé un challenge. La vidéo #elephantchallenge enregistre plus de 118.400 réactions et 1200 commentaires.

capture d’écran du compte tik toc qui a lancé éléphantchallenge

La tournure linguistique du français qui y est employé par les différents protagonistes et l’intonation ne collent pas à la réalité camerounaise. C’est de l’accent gabonais. « Au premier visionnage j’y vois des pisteurs pygmées gabonais » , indique une journaliste gabonaise.

Après une première recherche avec des captures de la vidéo sur Google reverse image, nous avons obtenu plusieurs liens d’un même site. L’article posté le 2 octobre 2018 parle de l’éléphant qui a chassé les bûcherons et les chiens effrontés de leur terre au Gabon. Le texte est accompagné de plusieurs captures de la vidéo en question.

vieille vidéo de 2018

Une fois le lien de ladite vidéo introduit sur In video veritas (InVid) option youtube, un résultat maigre malgré l’utilisation des outils Yandex, Tineye et Bing qui font des recherches avec des captures sous plusieurs angles et mots clés.

Une recherche sur Youtube avec les mots clés “éléphant -attaques – hommes-Gabon” nous permet de retrouver deux comptes qui ont publié ladite vidéo. Elle apparaît sur le compte ’’ Bigade anti Bongo système’’ publié le 1 juillet 2018 et sur le site de la compagnie de tourisme « Gabon adventure Tours»

capture d’écran recherche sur youtube avec mots clés

Les mêmes mots clés utilisés sur le réseau social Facebook renseignent qu’elle est arrivée sur la toile le 1er  juillet 2018. Les pages comme « Colonel Duou fils inspiration » et « Les choses du pays- Petites histoires du Gabon»  publiaient déjà ladite video sur leur page en indiquant que la scène se passe au Gabon.

Contacté, Julian de Gabon Adventure Tours confirme que ladite vidéo a bel et bien été tournée au Gabon. S’exprimant en anglais, il indique que « cette vidéo a été tournée il y a 2 ans dans la grande zone forestière du sud-est du Gabon. Sur notre chemin, nous avons traversé une zone d’extraction d’or illégale dans la jungle profonde. C’est à ce moment qu’un jeune éléphant mâle a surpris le groupe qui se reposait près des pisteurs qui ont peut-être troublé sa paix. »

Il ajoute que par mesure de sécurité, il ne peut donner le lieu exact où cette vidéo a été prise car les braconniers rodent autour du parc national de Minkebe dans le nord du Gabon et essaient de s’en prendre aux éléphants. Avec l’Agence du parc, ils évitent donc de parler de l’emplacement des espèces.

Non, le deuxième gendarme victime d’agression à l’agence de voyage Finexs n’est pas mort

Depuis dimanche 26 juillet 2020, la nouvelle selon laquelle le deuxième gendarme qui était entre la vie et la mort suite aux événements tragiques qui se sont déroulés à l’agence de voyage Finexs à Douala est décédé.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON

Le post avec pour titre ‘’100 FCFA News’’ fait sur N’zui Manto Officiel, une page Facebook qui comptabilise plus de 8.834 personnes abonnées a enregistré 792 réactions, 840 commentaires et 959 partages en trois jours.

Plusieurs tweets parmi lesquels celui-ci ‘’ meurtre à finexs, le deuxième gendarme est décédé’’ attribuant l’information à la chaine de télévision STV ont également été viraux sur le réseau social Twitter et sur WhatsApp.

Dans la journée du lundi 27 juillet, le chef de Division de la communication au ministère de la Défense a publié une capture de la page Facebook qui a véhiculé la nouvelle avec un cachet portant la mention « fake news ministère de la défense. »

Contacté par stopintox, un personnel soignant au sein de l’hôpital de la garnison militaire de Douala, où le gendarme major Aubin Youle Yatcho est sous soin depuis la nuit du 22 juillet 2020, (jour de l’agression) est péremptoire : « Il n’est pas mort». Nous allons également apprendre que le gendarme ne reçoit pas de visite et sa chambre est gardé 24h/24.

Rendu à la brigade des recherches de Douala 1er, située au sein de la Légion de gendarmerie du Littoral à Bonanjo, le commandant de la brigade de recherches, Oscar Bakoa, qui dirige l’enquête sur l’agression et le meurtre d’un des deux gendarmes, est rassurant. « Il est en vie et gloire à Dieu, il va bien », précise ce dernier.

Finexs scellé, les assasins aux arrêts

Pour rappel, dans la nuit du 22 au 23 juillet 2020, une altercation éclate entre deux gendarmes et les employés de l’agence de voyage Finexs à Douala. Le personnel de l’agence réclame 100 Fcfa à ces derniers, frais représentant l’utilisation des toilettes par l’un des gendarmes. Faute de monnaie, une violence verbale va éclater entre ces derniers pour se transformer en violence physique. Dans la rixe, un des agresseurs va frapper l’un des gendarmes avec une latte et le maréchal des logis Armel Joseph Liem Pime va rendre l’âme sur place. Son corps est gardé à la morgue de l’hôpital de la garnison. Son collègue d’infortune Aubin Youle Yatcho aura plus de chance. Il est interné au sein du même hôpital militaire à Bonanjo.

Sur la page facebook de la Gendarmerie nationale du Cameroun, on peut lire que les deux gendarmes « en service à la Direction Technique et Logistique de la Gendarmerie Nationale, se trouvaient à Douala pour des raisons professionnelles, de retour d’une mission commandée.»

Selon le commandant de brigade de recherches de Douala 1er, l’enquête suit son cours. L’agence de voyage Finexs est scellée pour 8 jours à compter du 25 juillet par un arrêté du préfet du département du Wouri. Une mesure conservatoire en attendant la décision du ministre des Transports. Plusieurs employés de la compagnie sont en détention et celui qui a donné le coup mortel a déjà été mis aux arrêts. 

NON l’alerte sur l’arnaque dans les banques n’est pas du ministère des Finances du Cameroun, MAIS le phénomène est réel

Une capture d’écran de la page Facebook « MINFI » accompagnée du message « Alerte du Ministère des Finances sur la montée du phénomène de l’arnaque électronique dans les banques » fait le tour des réseaux sociaux notamment la messagerie WhatsApp. Cette alerte est-elle réellement du ministère des Finances du Cameroun ?

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est: NON

Ladite page enregistre 9389 likes et compte 10121 personnes abonnées. Elle est spécialisée finance et poste régulièrement des sujets sur l’activité du ministre des finances et ses collaborateurs.

Le post en question avec pour titre : « L’arnaque électronique est entrée dans les banques » a enregistré 372 réactions, 106 commentaires et 1467 partages en 7 jours. 

capture de la page Facebook qui usurpe le ministère des finances

En réalité, cette page dénommée « MINFI » n’est pas celle du ministère des Finances du Cameroun. Approché avec l’image qui circule sur facebook et whatsapp jusqu’à présent, Yve Assala, le chef de division de la communication et des relations publiques au ministère des Finances, indique que cette page n’est pas celle du ministère des Finances. Il ajoute que l’administration travaille sur son portail qui sera bientôt en ligne.

Si ladite page utilise l’armoirie du Cameroun comme photo de profil et l’image de la façade du ministère des finances comme photo de couverture, la section « à propos » indique qu’il s’agit d’un site web informatique et internet et non la page du ministère des Finances.

La banque ne demande jamais le code pin du client

L’alerte n’est certes pas du ministère des finances, mais il est important de rappeler que le message véhicule un problème réel et récurent. L’arnaque électronique dans les banques existe depuis plusieurs années. Quand on rentre les mots clés « Arnaque banque Cameroun » sur le moteur de recherche Google, une multiplicité des articles renseignent sur la gravité du phénomène.

En 2016, le site internet actucameroun.com relatait les déboires de certains clients de la Bicec Cameroun, victimes de l’arnaque à la carte.  « Cameroun – BICEC: Des clients victimes d’arnaque à la carte bancaire »

Face à la montée de ce phénomène, plusieurs banques ont mis sur pied une assurance carte en cas de perte ou de piraterie bancaire. Cet article du site internet du quotidien gouvernemental cameroon-tribune.cm datant de 2019 explique comment assurer et protéger sa carte face à l’arnaque à la carte dans les banques.

Pour mieux comprendre le mode opératoire des arnaqueurs, nous avons contacté Valdes Nzalli, Expert en Sécurité des Systèmes d’information. Il explique que

« cette arnaque s’appuie sur la crédulité du client bancaire qui se dit que sûrement si quelqu’un a autant de détails sur son compte c’est que c’est forcément sa banque. Ce qui est une erreur grossière car un agent véreux travaillant par exemple à l’informatique dans la banque peut avoir accès à toutes ces informations et les passer à un complice pour monter l’arnaque. Très souvent c’est le personnel de l’informatique qui a tous ces accès leur permettant de voir ton compte, le solde, les derniers mouvements et autres.»

D’après l’expert, pour se prémunir, les banques ont un ensemble de mesures de contrôle pour limiter qui a accès à quoi, mais toutes les banques n’ont pas les moyens ou la connaissance pour les implémenter.

Pour lui, la meilleure protection reste au niveau du client. Aucune banque ne va jamais demander le code pin d’un client.

Non, cette image avec des élèves assis à même le sol dans une salle de classe en paillotte n’est pas prise au Cameroun

Quatre clichés montrant des adolescents voilés, arborant des masques identiques et assis à même le sol ou accroupis dans des classes en paillotte font le tour des réseaux sociaux. Les images partagées sur Twitter, Facebook et WhatsApp sont présentées comme prises au Cameroun.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON

Les élèves en classe d’examen de l’enseignement primaire et de l’enseignement secondaire au Cameroun ont repris le chemin des classes le 1er juin 2020. Une reprise des cours comptant pour le troisième trimestre de l’année 2019/2020, après une interruption due à la pandémie de la Covid-19.

Les photos qui circulent sur la toile avec la légende : « l’école au Cameroun en 2020. » sont bel et bien des images prises dans une école après la reprise des cours en juin 2020, sauf qu’il s’agit sur ces images d’un établissement scolaire au Niger et non au Cameroun.

Une recherche d’image inversée avec les outils Yandex et Google images renvoie sur plusieurs page Facebook. Ces pages sont celles des citoyens et hommes politiques Nigériens.

Sur la page Facebook de la nigériane Rabani Harouna par exemple, on peut lire ce post du 1er juin 2020 qui renseigne suffisamment sur le lieu où l’image a été faite: « Rentrée scolaire après le covid-19 ! En 2020 regardez la classe et les conditions d’un collège d’enseignement général ! Ici Keita Tahoua, Mr le Prim, chers ministres et autres huilés du système au nom du peuple, j’espère juste qu’en voyant ces images, vous allez penser et comparer ces enfants du peuple aux vôtres qui ont fait ou sont à Harvard, Paris, Bruxelles Tunis, casa….grâce à l’argent de ces enfants de keita que vous avez volé ! »

Nous sommes également entrés en contact avec plusieurs journalistes nigériens parmi lesquels Samira Sabou, une journaliste freelance. Celle-ci a publié ces images sur sa page qui a près de 38 000 abonnés le 1er juin 2020 à 12h16. En un jour, la publication avait déjà enregistrée 916 réactions, 227 commentaires et 243 partages.

Une école au Niger

Si elle avoue ne pas être l’auteure de la photo, elle confirme que les images sont bien celles d’une école au Niger.

« C’est un collège d’enseignement général dans le département de Keita, région de Tahoua. Je ne me souviens plus du nom…», indique Samira.

La journaliste Aminata Niandou va plus loin. Elle explique que presque toutes les écoles rurales sont dans cette situation.

« En 2018, mon ancien collège avait les classes de 6ième et 5ième sans tables. J’ai organisé un mouvement pour les trouver 400 tables bancs. »

L’outil de recherche Bing nous a permis à travers sa loupe de voir le drapeau de la république du Niger imprimé sur un cahier tenu par un des élèves assis.

Quand on rentre les mots clés « cahiers du Niger » ou « couverture de cahier au Niger » sur Google, on tombe sur les images avec les mêmes couleurs et logos.

Plusieurs pays à l’instar du Cameroun partagent cette réalité, mais les images en circulation sur la toile ne proviennent pas de l’Extrême-Nord du Cameroun. Dans le Mayo-Rey où on trouve les écoles du même type, les élèves sont généralement assis sur des briques ou des troncs d’arbres morts.

Pour être rassurés, nous avons contacté Wang Boussoum, le délégué régional des Enseignements secondaires de l’Extrême-Nord. Il précise que 

« la reprise des cours est effective ici, mais ce ne sont pas des uniformes qu’on retrouve ici. Puis, les masques achetés par les parents ne sont si homochromes. »

Non, le président Paul Biya n’a pas fait un tour de ville à Yaoundé ce 21 mai 2020

Le président de la République Paul Biya a-t-il fait le tour de ville de Yaoundé ce 21 mai 2020, perché sur un 4×4 et saluant la foule? Plusieurs publications l’ont laissé entendre. Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : NON

Une vidéo qui dure 30 secondes et dans laquelle on voit passer le cortège du président de la République du Cameroun fait le tour de la toile depuis hier jeudi 21 mai 2020. Ladite vidéo est accompagnée du commentaire « Apparition du Chef de l’Etat Paul Biya dans la ville de Yaoundé à l’instant. Perché sur un 4×4 et saluant la foule. Signé Le JAM ». Elle circule au moment où, malgré son adresse à la Nation le 19 mai, plusieurs personnes continuent de véhiculer l’intox selon lequel le président est décédé.

La page Facebook JAM, Arts et divertissement qui compte 15 899 abonnés a posté la vidéo à 17h17 le 21 mai 2020 avec la légende :

« Il est là. Le président de la république Paul Biya dans les rues de Yaoundé ce jour.

La même vidéo est publiée sur plusieurs chaines YouTube dont celle de l’humoriste Aline Christine Zomo-Bem, 19 300 d’abonnés.

Les sites d’informations Camerounweb et Camer.be ont rédigé des articles qui sont partagés et commentés.

Capture d’écran du site CamerounWeb

Interrogés, plusieurs habitants de la capitale du Cameroun indiquent qu’ils n’ont pas vu pareil dispositif  dans la ville ce jeudi 21 mai. Joël, habitant de Mballa 2 explique qu’il n’a rien vu de spécial sur l’axe de son quartier.

Les éditions des journaux parlés de 17-18h et 20h sur le poste national et le journal télévisé du 20h30 sur la Crtv, la télévision nationale, n’ont fait écho d’aucune parade du Chef de l’Etat.

Un tour sur les comptes et pages Twitter et Facebook du président de la République, seules les informations annonçant son adresse à la Nation y figurent.

Quand on regarde la vidéo de près, l’impressionnant dispositif dans la vidéo ne respecte pas certaines mesures barrières initiées pour la lutte contre la propagation du Covid-19, axe de la communication du président lors de son adresse le 19 mai 2020. Ce qui laisse ressortir qu’elle n’est pas récente.

Les foules massées de le long de la route ne respectent pas les mesures de distanciation sociale, ni celles du port du masque.

Vidéo du 7 novembre 2018

Selon plusieurs journalistes, la vidéo qui a fait le tour des réseaux sociaux le 21 mai 2020 date plutôt de 2018. Elle a été tournée après la prestation de serment du président le 6 novembre 2018.

L’introduction des mots clés « cortège du président Paul Biya à Yaoundé » sur Google permet de retrouver plusieurs articles avec photos datant du 7 novembre 2018 qui coïncident avec les éléments contenus dans cette vidéo.

Cette publication le 6 novembre 2018 sur la chaine Youtube de la télévision Canal 2 internationale retrace bien le parcours du cortège et son bain de foule et s’intitule «Cortège Du Chef de l’Etat de L’assemblée Nationale Pour Le Palais de L’Unité.»

Oui, le président de la section ojrdpc, Vina-Nord Mbe a écrit à Penda Ekoka pour demander des kits pour la lutte contre la covid-19

La lettre 0001/2020/L/OJRDPC/S-VINA-NORD-MBE signée de Bangawa Maïgari Christophe le 13 mai 2020, a fait le tour des réseaux sociaux notamment Facebook, Twitter et WhatsApp créant au passage polémique et suspicion. Est-elle fondée ? Stop intox a vérifié. La réponse est OUI

Lettre de Bangawa Maïgari Christophe à Penda Ekoka

La lettre avec pour objet demande de kit pour la lutte contre la Covid-19 dans l’arrondissement de Mbe est adressé à monsieur Penda Ekoko Christian, président de l’opération Survie Cameroon Survival initiative – SCSI basée à  Yaoundé. Elle survient au moment où les leaders de cette initiative font l’objet d’une arrestation pour avoir distribué des kits pour la lutte contre la Covid-19 avec une association qui n’est pas autorisée.

Nous avons essayé de contacter les numéros mentionnés dans la lettre. Le numéro de l’opérateur MTN Cameroun est identifié au nom d’une dame, le numéro orange quant-à lui est bien identifié au nom de Bangawa Maïgari Christophe.

Joint à ce numéro, Christophe Bangawa assume la paternité dudit document. Pour lui, le pays est en face d’une guerre et il faut mettre à contribution toutes les initiatives. Ils ne sont pas là pour défier le gouvernement mais prendre toutes les mesures pour protéger les populations qui vivent déjà dans la précarité.

Il ajoute qu’il reste constant. Il confirme avoir bel et bien adressé une lettre de démission de son poste de président OJRDPC  avant d’être rappelé au sein du parti.

Lettre de démission adressée en février 2020

Bangawa Maïgari Christophe indique qu’il est conseiller municipal de la mairie de Mbe et c’est à ce titre qu’il sollicite 2000 caches-nez, 1000 tubes de solutions hydro alcoolique de 250 ml et 50 seaux avec robinet pour lavage des mains de la part de Survie Cameroon Survival initiative qui, pour lui, n’a été interdit ni par le président national du RDPC ni par le Secrétaire général dudit parti.

Non, la Beac ne va pas mettre en circulation les billets de 2 500 ou 25 000 FCFA

Une image montée de plusieurs billets de banque circule depuis mardi 21 janvier au soir sur les réseaux sociaux. Un message présente ces billets comme étant des nouvelles coupures que la Beac va mettre en circulation dans les 6 pays de la Cemac.

Nous avons vérifié pour vous. La réponse est: NON

Le post partagé de manière virale

Premier Hic, un léger zoom sur lesdits billets permet de lire “BANKY FOIBEN’I MADAGASIKARA”. Une recherche rapide sur Google images permet de retrouver la page “Malagasy AH Malagasy ISIKA” sur facebook. Une page qui a posté ce même montage avec d’autres images plus claires desdits billets depuis le 2 octobre 2015 pour certains et le 9 avril 2019 pour le montage qui circule en ce moment sur les réseaux sociaux au Cameroun.

Second hic, une fois analysé sur TinEye, l’outil affiche 6 résultats. Sur les 6, on peut lire que cette photo a été mise en ligne pour la première fois le 18 avril 2017 sur le site banknoteworld.com, un site qui fait la parité entre la monnaie malgache et le dollar. Le lien ebay.ie contenu dans la recherche converti et vend cette monnaie malgache en euro.

Approché avec les images qui circulent sur facebook et whatsapp jusqu’à présent, le chef de division de la communication et des relations publiques au ministère des Finances, précise que ces spécimens sont faux.

Contactée, une source à la cellule de la communication de l’institution financière indique que l’institution n’envisage pas de créer de coupure de billets de 2500 ou de 25000 FCFA comme l’indique l’image. La source d’ajouter que l’émission sur le marché des coupures avec de nouveaux montants répond à une demande précise. Il n’est nulle question de fantaisie et que pour le moment ce besoin n’a pas été exprimé en Afrique centrale. Une autre source de rappeler toutefois que « le comité ministériel de l’UMAC réuni en octobre 2019 avait donné un quitus à la BEAC pour l’émission d’une nouvelle gamme de billets. Le processus pour l’émission des nouveaux billets est long. Ce projet ne peut être qu’à son début ».

En d’autres termes, la BEAC prépare bien une nouvelle gamme de billets, mais à ce jour il n’est nullement envisagé de mettre sur le marché monétaire des coupures avec de nouvelles valeurs.

Rendu sur le site de l’institution au www.beac.int, dont les dernières informations mises en ligne datent du 21 janvier 2020, dans la rubrique “Billets et pièces” les billets valides y sont présentés. Il n’y est  fait mention nulle part de l’arrivée de nouvelles coupures.

Oui des pylônes portant des caméras de surveillance sont implantés sur une chaussée en chantier à Bafoussam

La photo a fait le tour des médias sociaux : Twitter, Facebook et surtout la messagerie whatsApp. Chaque transfert ou post est accompagné d’interrogations sur l’emplacement «insolite» desdits pylônes.

Ces Pylônes sont-ils réellement sur la voie à Bafoussam? Nous avons vérifié pour vous. La réponse est : OUI Explication.

Cette traversée urbaine est en travaux. Elle est dans le bloc des travaux de réhabilitation de la route Yaoundé-Bafoussam-Babadjou plus précisément sur le lot 3, tronçon Tonga-Bafoussam-Babadjou, long de 110,242 km.

Pylônes sur la route Yaoundé-Bafoussam Babadjou

Contacté par l’équipe de stopintox, le directeur général de l’entreprise China Railway Engineering Corporation, CREC, l’entreprise chinoise qui a gagné l’appel d’offres pour les travaux de réhabilitation de cette route confirme la présence des pylônes de camera sur la chaussée. « Exactement! Sur le chantier il y a les poteaux de camera. Nous avons travaillé ainsi parce que nous avons des délais à respecter. Le chef de projet a dit qu’il ne peut pas attendre les discussions avec le sous-traitant qui a géré le projet pour le délogement de ces poteaux parce que ça va faire perdre beaucoup de temps. Nous avons choisi d’avancer. En ce moment le sous-traitant a déjà envoyé les coûts au maitre d’ouvrage et n’attend que l’ordre de service. Si celui-ci est validé, nous allons déplacer les pylônes avec le sous-traitant », précise le directeur général de CREC que traduit Tony, le traducteur de l’entreprise.

Les pylônes seront déplacés

A la question de comment cette situation a pu arriver, Elie MBA, le Délégué Régional des Travaux publics de la région de l’Ouest explique que cette traversée urbaine a les objectifs de la CAN 2021 qui lui sont assignés et donc une contrainte de temps. « Nous sommes en retard sur le mois de décembre qui avait été annoncé pour la pose de la dernière couche de grave bitume. Nous ne pouvions donc pas attendre. Si on le faisait, les objectifs de la CAN 2021 assignés au projet allaient être battus en brèche et là, on parle des engagements internationaux du gouvernement », précise le maître d’ouvrage.

Le projet qui va de l’entrée de la ville de Bafoussam pour la sortie au niveau du Camp militaire, consiste à élargir la chaussée. «Il y a des sections où on a juste une seule voie. On va élargir pour avoir des 2×2 voies. En élargissant certains ouvrages qui étaient hors emprise se retrouvent sur l’emprise. L’idéal est toujours de déplacer avant mais là nous sommes tenus par le temps », indique Elie MBA.

Zone sécurisée

La route est ouverte à la circulation mais ne comporte aucun risque. La zone avec les poteaux de camera est bien sécurisée et la signalisation bien présente. Selon le directeur général de CREC et le maître d’ouvrage, le processus pour déplacer les pylônes de camera entamé depuis juin 2019 est suffisamment avancé à ce jour. L’entreprise Huawei, sous traitant de la Délégation Générale de la Sureté Nationale qui a installé les pylônes n’attend plus que la signature de l’ordre de service pour le déplacer.

Au cours de ce travail, nous avons appris que c’est la libération des emprises qui est la cause majeure des retards observés dans la réalisation des projets. Eneo, Camwater et Camtel sont pointées du doigt.

Oui, la présidence de la République du Cameroun a ordonné la suspension de la procédure de passation de la concession du Terminal à conteneurs du Port Autonome de Douala

La lettre porte la mention « confidentielle » pourtant elle fait le tour de la toile. Plusieurs médias ont d’ailleurs titré sur la nouvelle. Ce qui n’a pas empêché les sceptiques de traiter cette correspondance de fake. Nous avons vérifié pour vous. La réponse est OUI.

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Les sources que nous avons contacté rassurent que la lettre du Secrétaire Général de la Présidence de la République du Cameroun datée du 23 octobre 2019, est bien partie des services de la présidence de la République pour le Port Autonome de Douala.
Dans la correspondance datée du 23 octobre 2019, Ferdinand Ngoh Ngoh, le Secrétaire Général de la Présidence de la République demande de « bien vouloir suspendre les travaux de finalisation des termes du contrat de Concession, ensemble ses Annexes, avec la société Terminal Investment Limited, Adjudicataire Provisoire de la Concession des activités de rénovation, de modernisation, d’exploitation et de maintenance du Terminal à Conteneurs du Port de Douala-Bonabéri, en attendant les conclusions définitives de l’affaire société APM Terminals BV et Bollore S.A contre Port autonome de Douala, pendante au tribunal administratif du Littoral à Douala et portant sur la requête aux fins de sursis à l’exécution de la décision N° 0006219/DG/PAD du 08 janvier 2019. »
Cette décision enflamme la toile d’autant plus qu’il y a 3 mois, plus précisément le 31 juillet 2019, une lettre signée du même ministre d’Etat, Secrétaire Général demandait au même directeur général du port autonome de Douala « d’accélérer le processus de sélection du nouvel opérateur, pour l’exploitation du Terminal à conteneurs du Port Autonome de Douala ; continuer à exiger de DIT, non seulement le paiement des 24 milliards de FCFA dus au titre des pénalités de stationnement évaluées en 2016, mais également le montant collecté par DIT dans le même registre de 2016 jusqu’en 2019».

En rappel, la publication de documents confidentiels est interdite dans la législation camerounaise.

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